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RĂ©interroger les transitions professionnelles en Ă©ducation, en formation et dans le monde du travail Ă lâĂ©chelle des temporalitĂ©s
Numéro coordonné par :
ThérÚse Perez-Roux, Laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique éducation et formation (LIRDEF), Montpellier Université, France.
therese.perez-roux@univ-montp3.fr
GeneviĂšve Fournier, Centre de recherche et dâintervention sur lâĂ©ducation et la vie au travail (CRIEVAT, UniversitĂ© Laval, Canada.
Genevieve.Fournier@fse.ulaval.ca
Muriel Deltand, Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD), Conservatoire national des Arts et Métiers, Paris, France.
Jeanne Rey, DĂ©partement de formation Ă l’enseignement, UniversitĂ© de Fribourg, Suisse.
Argumentaire scientifique :
Sâil nâest plus Ă dĂ©montrer que les transformations politiques, Ă©conomiques et sociales amĂšnent des bouleversements au sein des organisations (milieux de travail, instituts de formation, universitĂ©s), on sait que ces derniĂšres ont Ă rĂ©pondre aux nombreuses injonctions portĂ©es par les rĂ©formes, la mise en Ćuvre de nouveaux dispositifs, etc. (Perez-Roux et Maleyrot, 2025). Ces mouvements affectent particuliĂšrement les processus de professionnalisation et les tensions entre problĂ©matiques dâuniversitarisation et dâinsertion professionnelle (Maubant, Wittorski, Maleyrot et Perez-Roux, 2025).
Dans ces conditions, une transition ne se fait jamais « hors sol » (Gonnet, Lima, Carloni, Le Gros, Matus et Tuchszirer, 2024). Elle se situe toujours dans un processus social global lâinscrivant « dans un cadre sociohistorique et organisationnel, qui lui donne sens et permet son intelligibilitĂ© » (Kaddouri, 2017, p.122) et en interaction Ă©troite avec des temporalitĂ©s plus larges, Ă la fois historique, politique, sociale, organisationnelle et culturelle (Elder, 2009 ; Fournier et Gauthier, 2022 ; Perrin-Joly et Kuhtanina, 2018; Roquet, 2010; Settersen et Gannon, 2009).
Ces derniĂšres dĂ©cennies, on remarque une tendance Ă lâindividualisation des parcours de formation. Ces derniers, plus adaptĂ©s aux contraintes et aux besoins des employeurs, peuvent requestionner le cĆur de mĂ©tier. Par ailleurs, ils sont susceptibles de fragiliser les identitĂ©s professionnelles (Hatano-Chalvidan, 2012), ou du moins de susciter des rĂ©flexions en profondeur chez lâindividu : il sâagit pour celui-ci de mieux concilier ses reprĂ©sentations de soi et ses aspirations professionnelles avec le contexte du marchĂ© du travail. Sâagissant des parcours professionnels dĂ©sormais plus individualisĂ©s, ils sont aujourdâhui ponctuĂ©s de transitions frĂ©quentes et dâĂ©vĂ©nements biographiques imprĂ©vus qui introduisent des changements, des interruptions ou des discontinuitĂ©s dans le cours habituel du temps (Elder et al., 2003; Fournier et Gauthier, 2022; Rosa, 2011; Van der Heijden et De Vos, 2015). Loin dâĂȘtre considĂ©rĂ© comme un phĂ©nomĂšne Ă©phĂ©mĂšre ou marginal, ces changements sont susceptibles de bouleverser lâindividu dans sa façon dâĂȘtre et de participer au monde. Ils comportent de nombreux enjeux identitaires (Kaddouri, 2017) et sont trĂšs souvent lâoccasion de rĂ©flexions approfondies sur le rapport au travail. Toutefois, quâil sâagisse du parcours professionnel ou de formation, lâindividu est renvoyĂ© Ă ses choix et Ă ses responsabilitĂ©s de « rĂ©ussir » et de dĂ©velopper ses capacitĂ©s. Il est invitĂ© Ă faire ou refaire ses preuves, Ă sâadapter au changement, Ă rĂ©pondre aux questions identitaires accentuĂ©es par les diffĂ©rentes temporalitĂ©s. Cette situation gĂ©nĂšre des tensions Ă plusieurs niveaux conduisant les individus Ă se situer dans des formes variĂ©es de transitions professionnelles (Balleux et Perez-Roux, 2013) que nous souhaitons interroger Ă deux niveaux : a) dans des temporalitĂ©s « courtes » durant lesquelles lâindividu doit faire face Ă un changement brutal imposĂ© par le systĂšme ou par un Ă©vĂ©nement biographique marquant imprĂ©vu et dĂ©stabilisant (Leclerc-Olive, 1997) ; b) dans des temporalitĂ©s plus longues oĂč lâindividu sâinscrit dans un processus de transformation qui fait sens pour lui ou se situe dans un entre-deux de latence non-encore statuĂ©. LâintĂ©rĂȘt porte notamment ici sur ce qui se construit progressivement dans les interstices et les espaces entre les transitions. Quels sont les effets du temps long, du temps cumulĂ©, sur la transformation des reprĂ©sentations identitaires de individus, sur les transactions favorisant leur processus dâappropriation et sur la construction de leur rapport au travail ?
Lâobjectif du numĂ©ro vise Ă rĂ©interroger ces transitions au regard des temporalitĂ©s en jeu, Ă partir de trois axes dĂ©veloppĂ©s ci-dessous.
Axe 1. Des transitions impulsées par des choix politiques et institutionnels aux effets sur les organisations et les acteurs du terrain
Ces derniĂšres annĂ©es, de nombreuses rĂ©formes ont conduit les organisations dâenseignement et de formation Ă se saisir des prescriptions de leur(s) ministĂšre(s) de tutelle et Ă les mettre en Ćuvre localement (Bezes et Palier, 2018 ; FilĂątre, 2022 ; Françoise et Perez-Roux, 2024 ; Iriart, 2006). Ce type de transition, le plus souvent contrainte, sâinscrit dans des temporalitĂ©s plurielles ; elle nĂ©cessite la prise en compte dâun ensemble dâenjeux institutionnels, professionnels et humains pour repenser lâorganisation du travail, les rĂŽles et places de chacun (Foudriat, 2013). Cet axe sâintĂ©ressera aux Ă©preuves Ă surmonter dans ces temps de transition (relativement contraintes), aux stratĂ©gies individuelles et collectives mobilisĂ©es et, plus largement, Ă la maniĂšre dont les acteurs concernĂ©s se positionnent et sâinscrivent dans un nouveau rapport au travail, plus ou moins en phase avec les orientations institutionnelles.
Axe 2. Dispositifs et acteurs Ă lâĂ©preuve des transitions et des temporalitĂ©s
Quel que soit le champ professionnel, les temporalitĂ©s constituent un Ă©lĂ©ment fondamental de lâactivitĂ© humaine (Datchary et Gaglio, 2014 ; Patarin-Jossec, 2016). Câest aussi un paramĂštre dĂ©cisif autant pour les acteurs des contextes que pour les organisations et les dispositifs en place. Ainsi progressivement, les juxtapositions et injonctions Ă se rĂ©former somment les structures de sâadapter (Roupnel-Fuentes, Heichette, Glaymann, 2023) faisant Ă©merger de nouveaux acteurs ou redimensionnant les missions et/ou rĂŽles de ceux dĂ©jĂ en place (conseillers, coordinateurs, formateurs, tuteurs, accompagnateurs, manageurs, chefs de service et autres). Ces ajustements imposĂ©s poussent Ă©galement les participants des dispositifs Ă rĂ©agir, Ă initier de nouvelles stratĂ©gies et comportements afin de « rĂ©ussir » la transition ou Ă y rĂ©sister (Soparnot, 2013) tout en restant en cohĂ©rence avec ce quâils sont (Deltand et Mokhtar, 2014). Dans ces conditions, au moins deux points de vue sont Ă considĂ©rer : celui des dĂ©cideurs Ćuvrant dans les dispositifs oĂč le temps objectif se comprend comme un systĂšme mĂ©trique rĂ©glĂ© et mesurĂ© prĂ©cisant le dĂ©but et la fin de la pĂ©riode ; celui des participants oĂč la diversitĂ© des autres temporalitĂ©s et rythmes associĂ©s les met Ă lâĂ©preuve, rendant chaque situation unique et particuliĂšre. Cet axe propose de requestionner les dispositifs Ă lâaune des temporalitĂ©s (historiques, sociales, chronologiques, etc.) en situant Ă lâavant-scĂšne les individus inscrits dans ces derniĂšres. Nous faisons lâhypothĂšse que lâinjonction Ă rĂ©pondre Ă ces transformations institutionnelles conduit les diffĂ©rents acteurs Ă restreindre, modifier ou encore Ă vivre et rĂ©soudre les tensions identitaires sous toutes les formes possibles (Deltand, 2020, 2022 ; Kaddouri, 2019).
Axe 3. Parcours, transitions et temporalitĂ©s : un processus dâappropriation, de (re) construction identitaire
Les transitions et les Ă©vĂ©nements de vie marquants, de mĂȘme que les marges de manĆuvre et les choix de lâindividu pour y faire face, doivent ĂȘtre apprĂ©hendĂ©s dans leur interaction avec les contextes proximaux et distaux dans lesquels ils prennent place, tel que le marchĂ© du travail, le systĂšme dâĂ©ducation et de formation (Elder et al., 2003; Heinz et al., 2009 ; Blustein, 2011). Ils doivent Ă©galement ĂȘtre saisis Ă lâaune des temporalitĂ©s longues qui structurent les parcours individuels, Ă la lumiĂšre de processus de transformation divers qui opĂšrent au fil du temps (ex. identitĂ© de mĂ©tier ; engagement/dĂ©sengagement au travail), dans lâarticulation complexe entre les temporalitĂ©s passĂ©es, prĂ©sentes et futures (De Vos, Van der Hejiden et Akkermans, 2018). Par ailleurs, ces transitions et Ă©vĂ©nements gagnent aussi Ă ĂȘtre resituĂ©s dans des temporalitĂ©s plus larges- historiques, sociales, organisationnelles et culturelles- qui vĂ©hiculent des normes et des rĂšgles susceptibles dâinfluencer les choix individuels, les reprĂ©sentations identitaires et le rapport au travail (Perrin-Joly et Kuhtanina, 2018 ; Roquet, 2010 ; Settersten et Gannon, 2009). Enfin, quâils sâinscrivent dans une temporalitĂ© longue ou courte, les transitions professionnelles et les Ă©vĂ©nements marquants surviennent Ă lâintĂ©rieur dâun parcours oĂč diffĂ©rentes sphĂšres de vie individuelle -travail, famille, engagement social etc.- interagissent et sâinfluencent mutuellement. Cette interfĂ©rence, souvent fluctuante, a Ă©galement des rĂ©percussions sur les besoins de lâindividu, sur son processus de construction identitaire et sur la transformation de son rapport au travail (Orly, Cocandeau, Fournier et Masdonati, 2022). Cet axe sâintĂ©resse aux liens entre les transitions professionnelles et les Ă©vĂ©nements marquants du parcours professionnel et la maniĂšre dont les individus leur donnent sens et se les approprient.
Au regard de ces trois axes, les contributions pourront : a) se situer dans un ou plusieurs niveaux (macro-meso-micro) ; b) envisager les transitions professionnelles (dĂ©sirĂ©es /contraintes) Ă partir des modes dâappropriation des acteurs confrontĂ©s aux changements, Ă des pĂ©riodes charniĂšres de leur parcours ; c) concerner un ensemble de « mĂ©tiers de lâhumain », notamment les secteurs de lâĂ©ducation, de la santĂ© et du travail social.
Bibliographie indicative :
Balleux, A., Perez-Roux, T. (2013). Transitions professionnelles. Recherche et formation, 74, 101â114.
Bezes, P., Palier, B. (2018). Le concept de trajectoire de rĂ©formes : Comment retracer le processus de transformation des institutions. Revue française de science politique, 68(6), 1083â1112.
Blustein, D. L. (2011). A relational theory of working. Journal of Vocational Behavior, 79(1), 1â17.
Datchary, C. et Gaglio, G. (2014). HĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© temporelle et activitĂ© de travail : Entre conflits et articulations. Revue dâanthropologie des connaissances, 8(1), 1â22.
Deltand, M. (2020). Modes de rĂ©solution des tensions identitaires de professionnels en formation : Le cas des reconversions vers le mĂ©tier dâenseignant. Recherches en Ă©ducation, 42, 66â80. https://journals.openedition.org/ree/1455
Deltand, M. (2022). Construction de soi dans des situations de transitions biographiques. Lecture transversale dâune problĂ©matique de recherche, UniversitĂ© de Montpellier. Habilitation Ă Diriger des Recherches.
Deltand, M. et Kaddouri, M. (2014). Les individus face Ă lâĂ©preuve des transitions biographiques. LâOrientation scolaire et professionnelle, 43(4), 413â434.
De Vos, A., Van der Heijden, B. I. J. M. et Akkermans, J. (2018). Sustainable careers: Towards a conceptual model. Journal of Vocational Behavior. Advance online publication. https://doi.org/10.1016/j.jvb.2018.06.011
Elder, G. H. (2009). Perspectives on the life course. Dans W. R. Heinz, J. Huinink et A. Weymann (dir.), The life course reader: Individuals and societies across time (pp. 91â110). Campus Verlag.
Elder, G. H., Johnson, M. K. et Crosnoe, R. (2003). The emergence and development of life course theory. Dans J. T. Mortimer et M. J. Shanahan (dir.), Handbook of the life course (p. 3â19). Springer.
FilĂątre, D. (2022). La conduite du changement dans les politiques publiques Ă©ducatives : Le cas des rĂ©formes de la formation des enseignants. Administration & Ăducation, 174(2), 31â39.
Foudriat, M. (2013). Perception du temps dans les organisations et des temporalitĂ©s dans les processus de changement. Dans M. Foudriat (Dir.) Le changement organisationnel dans les Ă©tablissements sociaux et mĂ©dico-sociaux. Perspectives thĂ©oriques croisĂ©es (p. 289â326). Presses de lâEHESP.
Fournier, G. et Gauthier, C. (2022). Parcours professionnels marquĂ©s par la mobilitĂ© : Entre prĂ©caritĂ© et durabilitĂ©, des logiques processuelles distinctes Ă cerner. Dans C. Lagabrielle et S. Croity-Belz (Dir.), Psychologie et carriĂšres (p. 241â265). De Boeck.
Françoise, C., Perez-Roux, T. (2024). Rapport Ă la rĂ©forme de la formation initiale des enseignants en INSPE : Des formateurs sous tension(s)? Phronesis, 13(3), 176â197. https://www.cairn.info/revue-phronesis-2024-3-page-176.htm
Gonnet, A., Lima, L., Carloni, P., Le Gros, L., Matus, M. et Tuchszirer, C. (Eds.). (2024). Lâaccompagnement des transitions professionnelles : Un monde en soi? Institutions, mĂ©tiers, expĂ©riences. TĂ©sĂ©o. https://doi.org/10.55778/ts911693192
Hatano-Chalvidan, M. (2012). Lâindividualisation des parcours de formation dans le champ du travail social : Entre tensions et ambivalences. Formation emploi, 119, 83â100.
Heinz, J., W. R. Huinink et A. Weymann (2009). The life course reader. Individuals and societies across time. Campus Verlag.
Iriart, P. (2006). La gouvernance de la formation professionnelle. Approches en droit communautaire et comparé. 1-76. https://shs.hal.science/halshs-00128270/file/La_gouvernance.pdf
Kaddouri, M. (2017). Une grille pour analyser les enjeux identitaires des situations de transition. Ăducation permanente, 212, 121â136.
Kaddouri, M. (2019). Reconversions professionnelles, dynamiques identitaires et rapport Ă la formation. Recherches et formation, 90, 103â115.
Leclerc-Olive, M. (1997). Le dire de lâĂ©vĂ©nement. Septentrion.
Maubant, P., Perez-Roux, T., Wittorski, R. et Maleyrot, E. (2025). Lâenseignement supĂ©rieur entre professionnalisation et universitarisation : Des intentions affichĂ©es aux injonctions managĂ©riales. Ăducation et socialisation, 75. https://doi.org/10.4000/13m0w
Olry-Louis, I., Cocandeau-Bellanger, L., Fournier, G. et Masdonati, J. (2022). Temporality: A fruitful concept for understanding, studying, and supporting people in transition. Career Development Quarterly, 70(4), 256â270. https://doi.org/10.1002/cdq.12306
Patarin-Jossec, J. (2016). La concordance des temps. Temporalités, 24. http://temporalites.revues.org/3495
Perez-Roux, T., Maleyrot, E. (2025). Ăvolutions de la formation initiale des enseignants : Entre logique managĂ©riale gestionnaire et vĂ©cu des pilotes-formateurs. Ăducation et socialisation, 75. https://doi.org/10.4000/13m18
Perrin-Joly, C., Kushtanina, V. (2018). La composition biographique : Quels effets des choix conceptuels pour saisir les temporalitĂ©s ? Recherches sociologiques et anthropologiques, 49(2), 115â134. https://doi.org/10.4000/rsa.2963
Roquet, P. (2010). TemporalitĂ©s, activitĂ©s formatives et professionnelles. Recherches qualitatives â Hors sĂ©rie, 8, 76â92. http://www.recherche-qualitative.qc.ca/Revue.html
Rosa, H. (2010). Accélération : Une critique sociale du temps. La Découverte.
Roupnel-Fuentes, M., Heichette, S., Glaymann, D. (2023). Lâinjonction Ă se former : Nouvel avatar de lâadaptation des individus au marchĂ© ? OctarĂšs.
Settersten, R. A. et Gannon, L. (2009). Structure, agency and the space between: On the challenges and contradictions of a blended view of the life course. Dans W. R. Heinz, J. Huinink et A. Weymann (dir.), The life course reader: Individuals and society across time (pp. 456â472). Campus Verlag.
Soparnot, R. (2013). Les effets des stratĂ©gies de changement organisationnel sur la rĂ©sistance des individus. Recherches en sciences de gestion, 97(4), 23â43.
Van der Heijden, B. I. J. M., De Vos, A. (2015). Sustainable careers: Introductory chapter. Dans A. De Vos et B. I. J. M. Van der Heijden (Dir.), Handbook of research on sustainable careers (p. 1â19). Edward Elgar Publishing.
Calendrier prévisionnel :
Les projets dâarticles (2/3 pages, soit 8000 signes environ comprenant les Ă©lĂ©ments de cadrage scientifique habituels) seront adressĂ©s Ă la revue Phronesis (info@revue-phronesis.com), ainsi quâaux quatre coordonnatrices de ce dossier thĂ©matique (ThĂ©rĂšse Perez Roux therese.perez-roux@univ-montp3.fr ; GeneviĂšve Fournier Genevieve.Fournier@fse.ulaval.ca; Muriel Deltand muriel.deltand@skynet.be ; Jeanne Rey jeanne.rey@unifr.ch avant le 30 mars 2026. Des textes accordant une part consĂ©quente aux dimensions thĂ©oriques et conceptuelles de la recherche exposĂ©e pourront ĂȘtre acceptĂ©s dans le cadre de la ligne Ă©ditoriale de la revue.
- Publication de lâappel Ă textes : 9 janvier 2026
- Transmission des résumés (2/3 pages) au coordonnateur : 30 mars 2026
- Retour aux auteurs sur les résumés : 30 avril 2026
- Transmission des textes par les auteurs au coordonnateur : 30 septembre 2026
- Transmission des textes aux évaluateurs : 1er octobre 2026
- Retour des évaluations : 15 décembre 2026
- Transmission des évaluations aux auteurs : 20 décembre 2026
- Transmission des textes révisés aux évaluateurs et aux coordonnatrices : 1er février 2027
- Relecture des textes par le coordonnateur et par lâĂ©quipe de la revue Phronesis : FĂ©vrier 2027
- Publication : Printemps 2027
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
RÚgles générales :
Les auteurs intéressés sont donc invités à soumettre leur résumé pour le 30 mars 2026 et le transmettre aux coordonnatrices du numéro (et simultanément à la revue Phronesis en indiquant le titre du numéro thématique et au directeur de la revue).
Philippe.Maubant@USherbrooke.ca
Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : lâune anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă indiquer :
- le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache;
- leur adresse électronique professionnelle exclusivement.
Ils doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
Pour tout message avec lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.
Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de lâAmerican Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
La longueur de l’article sera de 60 000 signes « max » (espaces compris), en excluant le titre, les rĂ©sumĂ©s en français et en anglais, les mots-clĂ©s en français et en anglais et la bibliographie.
Les textes sont présentés à interligne simple.
La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).
PRĂSENTATION DES FIGURES, SCHĂMAS ET DES TABLEAUX :
- Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă un maximum dâun par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
- Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
- Les auteurs indiquent dans le texte lâemplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă la composition de ces documents.
- LâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă la comprĂ©hension de lâargumentaire.
HIĂRARCHISATION DES TITRES :
- Trois niveaux de titre sont permis.
- Numéroter les titres et les sous-titres afin de bien en préciser la hiérarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).
FORMAT DâĂCRITURE :
- Utiliser lâitalique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres dâouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
- Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.
ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
- Ă partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; sâils sont au dĂ©but dâune phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (version francophone sans esperluette) :
https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© quâelle ne soit pas articulĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
Pratiques du dialogue philosophique et pĂ©dagogies critiques. Penser lâesprit critique et la rĂ©flexivitĂ© des professionnels de lâĂ©ducation
Numéro thématique coordonné par :
Agathe Delanoë
Haute Ecole PĂ©dagogique du canton de Vaud (Suisse), Haute Ăcole FĂ©dĂ©rale en Formation Professionnelle (Suisse), CREN, Nantes UniversitĂ©
Marion Bérard
CURAPP-ESS, Université de Picardie Jules Verne
Pénélope Dufourt
Université Paris Nanterre. (CTAD UMR 7074 CNRS) et CollÚge international de la philosophie « Pour une philosophie pluriverselle des droits humains »
Marie Coasne
Université de Tours, EES (ER 7505)
marie.khawrin@univ-tours.fr
Christophe Point
Institut de Philosophie de Grenoble, Université Grenoble-Alpes, France.
christophe.point@univ-grenoble-alpes.fr
Argumentaire scientifique :
Telle quâelle est conçue dans les travaux fondateurs de Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp, la pratique du dialogue philosophique (PDP) se prĂ©sente dâemblĂ©e comme une pĂ©dagogie ayant une portĂ©e Ă©minemment critique : elle vise le dĂ©veloppement de la pensĂ©e critique et permet de soumettre nâimporte quelles valeurs Ă la critique (Lipman, 1991, p. 267). Cette dimension critique de la pratique philosophique, profondĂ©ment ancrĂ©e dans lâhistoire de la philosophie, se trouve Ă©galement revendiquĂ©e par de nombreux acteurs et actrices de la philosophie pour/avec les enfants, qui voient en elle la possibilitĂ© de dĂ©velopper, chez les jeunes gĂ©nĂ©rations, lâintĂ©gritĂ© critique (Slusarczyk et al., 2015), lâesprit critique (Duclos, 2014) ou bien encore la pensĂ©e critique (Daniel et al., 2005).
Or, il existe un autre courant de la pĂ©dagogie qui met en avant la notion de critique : les pĂ©dagogies critiques (PC). NĂ©anmoins, ces derniĂšres et la « pensĂ©e critique » se prĂ©sentent historiquement comme deux courants distincts de la philosophie de lâĂ©ducation, et chacun se justifie dâune dĂ©finition spĂ©cifique de la notion de critique. Lâenjeu est ici de savoir si, au sein du concept mĂȘme de « critique », la dimension politique prime ou non sur sa dimension logique (comme câest le cas chez Marx, Ă lâinverse de Kant, par exemple). Pour les pĂ©dagogies critiques et leurs origines marxistes (Michael Apple, Stanley Aronowitz, Peter McLaren, etc.) la critique est dâabord politique et orientĂ©e Ă la fois vers les institutions et les dispositifs reproduisant ou encourageant des dominations, quelle que soit leur nature. En revanche, en pratique du dialogue philosophique, pour ceux et celles faisant la promotion de la « pensĂ©e critique », la critique dĂ©signe davantage le processus logique et dialogique dâargumentation et la mĂ©fiance envers toute certitude trop rapidement Ă©tablie ou peu justifiĂ©e. De plus, historiquement, les relations entre les fondateurs de la PDP que furent Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp et les artisans des PC comme Paulo Freire, bell hooks, Antonio Gramsci ou encore Henry Giroux restĂšrent tĂ©nues (Pereira, 2017, 2024). Si lâon trouve au sein de la littĂ©rature hispanophone et lusophone des rĂ©flexions sur les liens entre Lipman et Freire (Accorintini, 2002; Kohan, 2018; Para Contreras et Medin Fuenmayor, 2007), lâĂ©tat de lâart sur cette question est moins explicite dans le monde francophone.
Cette divergence entre la PC et la PDP ne nous semble pas anecdotique, mais, au contraire, elle nous pourrait rĂ©vĂ©ler une tension fondamentale du tournant « professionnel » (Maxwell et al. 2015, 2016) des mĂ©tiers de lâĂ©ducation, amorcĂ© dans les annĂ©es 1960 aux Etats-Unis. Cette tension ne sâexprime nulle part mieux que dans lâĆuvre de Donald Schön The Reflective Practitioner (1983), qui, Ă la suite de John Dewey, encourage les enseignants Ă devenir des professionnels, câest-Ă -dire Ă dĂ©velopper un rapport critique et rĂ©flexif sur leurs pratiques et leurs institutions. Comme dâautres professions libĂ©rales (mĂ©decins, ingĂ©nieurs, psychologues, etc.), les enseignants doivent dĂ©sormais apprendre Ă ĂȘtre critiques de leurs conditions de travail, mais dans le but de devenir de meilleurs travailleurs grĂące Ă cette rĂ©flexivitĂ©.
Cette divergence entre la PC et la PDP ne nous semble pas anecdotique, mais, au contraire, elle nous pourrait rĂ©vĂ©ler une tension fondamentale du tournant « professionnel » (Maxwell et al. 2015, 2016) des mĂ©tiers de lâĂ©ducation, amorcĂ© dans les annĂ©es 1960 aux Etats-Unis. Cette tension ne sâexprime nulle part mieux que dans lâĆuvre de Donald Schön The Reflective Practitioner (1983), qui, Ă la suite de John Dewey, encourage les enseignants Ă devenir des professionnels, câest-Ă -dire Ă dĂ©velopper un rapport critique et rĂ©flexif sur leurs pratiques et leurs institutions. Comme dâautres professions libĂ©rales (mĂ©decins, ingĂ©nieurs, psychologues, etc.), les enseignants doivent dĂ©sormais apprendre Ă ĂȘtre critiques de leurs conditions de travail, mais dans le but de devenir de meilleurs travailleurs grĂące Ă cette rĂ©flexivitĂ©.
Ainsi, cette tension entre la rĂ©flexivitĂ© au service de lâamĂ©lioration de lâagir professionnel, et lâesprit critique, dont les efforts peuvent remettre en question les conditions mĂȘme de cet agir, devient manifeste, et il semble quâelle vient sâincarner tout particuliĂšrement dans cette divergence entre la PC et la PDP. Câest pourquoi, en ayant en tĂȘte cette tension entre rĂ©flexivitĂ© et critique au sein des professionnels de lâĂ©ducation, nous souhaitons explorer la question suivante : quelles sont les filiations possibles entre les pratiques du dialogue philosophique et les pĂ©dagogies critiques ?
On peut en effet se demander si ces deux courants poursuivent les mĂȘmes objectifs. La remise en cause des identitĂ©s (de classe, de race ou encore de genre), des normes et des dominations par les apprenant·e·s visĂ©e par les PC est-elle, peut-elle ĂȘtre, et mĂȘme, doit-elle ĂȘtre Ă©galement visĂ©e par les PDP ? La dimension critique des PDP rejoint-elle le travail critique appelĂ© par ce courant spĂ©cifique, en particulier sur le terrain de la politique ? En un mot, les acteurs et les actrices des PC et des PDP sont-ils mus par le mĂȘme Ă©lan rĂ©volutionnaire ?
Nous lâavons dit, ce questionnement sâinscrit dans le contexte dâune professionnalisation des mĂ©tiers de lâĂ©ducation, processus complexe qui touche de nombreux pays ainsi que tous les degrĂ©s de lâenseignement, depuis la maternelle jusquâĂ lâuniversitĂ© (Maroy, 2006; Perrenoud, 1996). Ce processus a consistĂ© Ă sortir les mĂ©tiers de lâĂ©ducation de leur statut artisanal (oĂč lâon applique des techniques et des rĂšgles prĂ©-Ă©tablies) pour les doter, au moyen de la formation universitaire, de stratĂ©gies appuyĂ©es par des savoirs rationnels, une expertise de lâaction en situation et une autonomie Ă©thique reconnue (Altet 2003, p. 29). Par ce processus, lâenseignement, par exemple, devient une activitĂ© intellectuelle engageant la responsabilitĂ© individuelle de celui ou celle qui lâexerce, Ă la fois activitĂ© savante (non routiniĂšre, mĂ©canique ou rĂ©pĂ©titive) et agir pratique dont la technique sâapprend au terme dâune longue formation. De plus, lâactivitĂ© dâune profession implique lâexistence dâun groupe se dotant de sa propre organisation pour rĂ©flĂ©chir collectivement Ă ses propres normes Ă©thiques, dans le souci dâapporter un service Ă autrui de qualitĂ© au sein de la sociĂ©tĂ© (Lemosse, 1989). MĂ©decins, avocats, architectes, etc. : la liste des mĂ©tiers qui sont ainsi devenus des professions sâallonge au cours du XXe siĂšcle.
En France, ce processus est particuliĂšrement visible en 1989 lors de la crĂ©ation des IUFM offrant une formation professionnelle unique de deux ans Ă tous les nouveaux professeurs des Ă©coles (Altet, 2010). Ce processus sâest accompagnĂ© dâune inquiĂ©tude[1] de la part des acteurs Ă©ducatifs, celle dâĂȘtre peu Ă peu privĂ©s de la capacitĂ© Ă interroger de maniĂšre critique les institutions oĂč les acteurs Ă©ducatifs eux-mĂȘmes travaillent (Gayraud et al., 2011). Les enseignants seraient ainsi sommĂ©s dâĂȘtre rĂ©flexifs de leur agir, mais pas au point de devenir critiques des conditions dâexercice de leur mĂ©tier. En France, cette inquiĂ©tude de « caporalisation » sâexpliquait notamment par la crĂ©ation de ces IUFM conçus pour ĂȘtre indĂ©pendants des universitĂ©s et sous la tutelle du ministre de lâĂducation nationale. Cette inquiĂ©tude sâest nourrie du fossĂ© qui sâest peu Ă peu creusĂ©, en France tout du moins, entre les acteurs de lâĂducation nationale et ceux de lâĂ©ducation populaire, ces derniers considĂ©rant que la professionnalisation des premiers les Ă©loigne dâune libertĂ© pĂ©dagogique et dâun idĂ©al de lâĂ©ducation aux visĂ©es Ă©mancipatrices, et des pĂ©dagogies critiques les soutenant (Zanten, 2012)[2].
Cette inquiĂ©tude a ainsi contribuĂ© Ă former un certain rĂ©cit au sein des milieux Ă©ducatifs, rĂ©cit oĂč lâon oppose de maniĂšre binaire des enseignants dĂ©pourvus de sens critique envers leurs institutions et des Ă©ducateurs de structures populaires, associatives et coopĂ©ratives, prompts Ă la rĂ©volution, et critiques a priori de toute institution (Lepage, 2007). Dans un tel rĂ©cit, les pratiques, courants ou Ă©coles pĂ©dagogiques populaires (comme la pĂ©dagogie Freinet, le mouvement des Ă©coles Montessori, ou encore la philosophie pour enfants) cherchant Ă franchir ce fossĂ©, deviennent automatiquement suspects aux yeux des uns et des autres. En entrant dans le milieu scolaire, dĂ©sormais professionnalisĂ©, ne risquent-ils pas de se dĂ©voyer et de renoncer Ă leur idĂ©al dâune Ă©ducation Ă©mancipatrice et critique ?
Si lâon suit Matthew Lipman, les pratiques du dialogue philosophiques ont pourtant toute leur place Ă lâĂ©cole, prĂ©cisĂ©ment du fait de leur portĂ©e critique :
C’est la philosophie qui peut donner aux enfants l’occasion de rĂ©flĂ©chir tout haut aux valeurs qui sont les leurs ainsi qu’Ă leurs actes, leur permettant ainsi petit Ă petit de rejeter les valeurs qui ne correspondent pas Ă leurs normes et de garder les autres. Une sĂ©ance de philosophie offre l’occasion de soumettre les valeurs Ă la critique. VoilĂ probablement pourquoi on l’a exclue de l’Ă©cole primaire jusqu’Ă ce jour et pourquoi il est urgent de l’y introduire enfin. (Lipman, 1991, p. 267)
On comprend ici que le dĂ©veloppement de lâintĂ©gritĂ© critique (Slusarczyk et al., 2015), de lâesprit critique (Duclos, 2014), ou bien encore de la « raisonnabilitĂ© » (Leleux, 2008, p. 11â24) sont chevillĂ©s au corps de la PDP, et que câest lĂ que rĂ©siderait une cause de la difficultĂ© de son insertion dans les curriculums scolaires.
Nous souhaitons dĂšs lors interroger les enjeux posĂ©s aux acteurs et actrices des PDP et des PC par ce processus de professionnalisation, qui cristallise la question de leur distinction. Les objectifs critique et dâĂ©mancipation portĂ©s par ces deux courants sont-ils incompatibles avec cette professionnalisation ? La PDP est-elle plus susceptible dâĂȘtre professionnalisĂ©e que les PC, ou court-elle de la mĂȘme maniĂšre le risque de sâĂ©loigner de sa visĂ©e ? Dans cette professionnalisation, peut-elle sâinspirer des PC sans les trahir ?
Avec cet appel Ă propositions pour un dossier de la revue Phronesis, nous souhaitons explorer ces questions dans un esprit dâouverture et de curiositĂ© envers ces deux courants de pensĂ©es et de pratiques, tous les deux au croisement des domaines de la philosophie et de lâĂ©ducation. De maniĂšre non-exhaustive, nous proposons trois axes de recherche pour orienter les rĂ©flexions des propositions.
Axe 1 : Ancrage théorique et horizons conceptuels
Ce premier axe se situe au niveau des cadres thĂ©oriques et philosophiques dâoĂč ont Ă©mergĂ© les Ă©crits des PDP et de la PC. A partir des textes, concepts et notions de ces deux courants de pensĂ©es et de pratiques, il sâagit dâinterroger ici la tension entre la rĂ©flexivitĂ© et lâesprit critique qui rĂ©side au cĆur la professionnalisation de lâĂ©ducation. Entre les auteurs et leurs perspectives thĂ©oriques des PC et les PDP, la recherche porte ici sur les points de connexion ou de discordance qui se dessinent dans les pratiques et leurs horizons dâattentes, pour les professionnels de lâĂ©ducation, leurs institutions, comme pour le public concernĂ©. En partant du postulat que ces cadres thĂ©oriques et philosophiques orientent et influencent les pratiques professionnelles et pĂ©dagogiques, plusieurs questions deviennent possibles et mĂ©ritent rĂ©flexion.
Par exemple, quels sont les points de rapprochement et de divergence entre le sens que les PC donnent Ă la notion de critique et celui quâil reçoit dans les PDP ? La notion de conscientisation prĂ©sente dans les Ă©crits de bell hooks est-elle proche ou lointaine de celle qui apparaĂźt dans les travaux de Sharp ? La perspective Ă©galitaire dâĂ©mancipation mutuelle de Paulo Freire rejoint-elle ou sâĂ©loigne-t-elle de lâidĂ©al dĂ©mocratique prĂ©sent dans la « communautĂ© de recherche » de Matthew Lipman ? Que peut-on penser du « caring » promu par les professionnels de lâĂ©ducation en PDP depuis le point de vue des PC ? La contestation de lâhĂ©gĂ©monie des savoirs froids prĂ©sente dans les PC se retrouve-t-elle en PDP ?
Plus largement, les deux courants adoptent-ils la mĂȘme Ă©pistĂ©mologie de lâapprentissage ? Par exemple, si les PDP semblent sâadresser en prioritĂ© aux enfants et adolescents, cela ne semble pas ĂȘtre le cas des pĂ©dagogies critiques. Ceci entraĂźne-t-il des apprĂ©hensions diffĂ©rentes du dĂ©ploiement de la pensĂ©e critique, ou de la conscience critique ? De plus, toujours en Ă©pistĂ©mologie de lâapprentissage, les rĂ©flexions menĂ©es au sein de la PDP sur le droit des enfants Ă la parole, par exemple Ă travers la notion dâinterlocuteur valable formulĂ©e par LĂ©vine (2014) et largement reprise, rejoignent-elles celles sur lâĂ©galitĂ© adulte-enfant et la domination adulte menĂ©es au sein de et dans la suite des PC ? En outre, la posture dâimpartialitĂ© largement adoptĂ©e par les professionnels de lâĂ©ducation, dont les animateurs et animatrices des PDP est-elle incompatible avec la posture critique des PC ? Les articles appuyant ces rĂ©flexions sur une Ă©tude des liens historiques entre ces concepts dans le courant des PC et dans celui des PDP, en contexte de professionnalisation de lâĂ©ducation, seront Ă©galement les bienvenus.
Axe 2 : Formation et pédagogie : quelles attentes et quelles transformations ?
Un deuxiĂšme axe de rĂ©flexion portant sur les dispositifs de formation et les ressources pĂ©dagogiques relatifs aux PDP et PC est possible. Dans la dynamique de professionnalisation du milieu de lâĂ©ducation (Clanet, 2010), la formation des acteurs Ă©ducatifs sâest diversifiĂ©e, les « catalogues » de formation se sont Ă©toffĂ©s et des ressources pĂ©dagogiques sont devenues disponibles pour ces derniers, au moins en Europe ou en AmĂ©rique du Nord. Dans un cas comme dans lâautre, lâuniversitĂ© et les structures dâĂ©ducation populaire ont Ă©tĂ© parties prenantes de cette dynamique, mais avec des logiques et des attentes parfois diffĂ©rentes, si ce nâest lĂ aussi divergentes. Dans le cas des PDP par exemple, on pourra Ă©tudier les points communs et les diffĂ©rences existantes entre une formation offerte dans le cadre dâun parcours menant Ă un DU (DiplĂŽme universitaire) comme celui actuellement donnĂ© Ă lâUniversitĂ© de Nantes, et une autre, comme le Certificat en pratiques philosophiques proposĂ© en partenariat avec lâUniversitĂ© de LiĂšge et lâassociation PhiloCitĂ© en Belgique. Entre ces deux formations, lâopposition entre une formation universitaire neutre politiquement et une formation dâĂ©ducation populaire et militante fonctionne-t-elle ?
Dans ces deux types de formations diffĂ©rentes, quelle place est donnĂ©e aux pratiques de la PC, Ă un discours critique des institutions ou de lâhĂ©ritage mĂȘme des corpus traditionnels de la philosophie occidentale ? Si des outils issus des PC sont prĂ©sents dans ces formations Ă la PDP, sont-ils mobilisĂ©s de la mĂȘme maniĂšre que dans le contexte de leur Ă©laboration ou bien ne font-ils lâobjet que dâune transposition et dâune rĂ©appropriation ? Existe-t-il des formations similaires en ce qui concerne les PC, ou leur critique vis-Ă -vis des institutions les empĂȘche-t-elle par nature de structurer une offre de formation, contrairement aux PDP ? Ainsi, dans cet axe on se demandera quels types de lieux proposent des formations Ă la PDP et Ă la PC, que ce soit en France, au QuĂ©bec, en Belgique ou ailleurs (associations, structures militantes, DUâŠ) et ce que la nature de ces structures rĂ©vĂšle, permet ou entraĂźne leurs apprenants et apprenantes Ă tisser des liens entre PDP et PC. Comment ces espaces, quâils soient militants, associatifs ou universitaires, structurent-ils, Ă©clairent-ils ou invisibilisent-ils certaines ressources pĂ©dagogiques ? Quels sont les attendus thĂ©oriques, pratiques ou Ă©thiques de ces formations et comment orientent-elles les pratiques des personnes formĂ©es ?
En un mot, que ce soit pour les PDP ou la PC, on pourra se demander si ces formations transforment ces courants de pensées et de pratiques en dévoyant leur héritage ou au contraire si elles leur apportent de salutaires évolutions.
Axe 3 : Ătudes de cas et analyse des pratiques Ă©ducatives
Avec ce troisiĂšme axe, nous souhaitons explorer les pratiques elles-mĂȘmes dans lesquelles sâincarnent sur le terrain les PDP et la PC. Avec une grande ouverture interdisciplinaire et mĂ©thodologique, nous voulons donner une place aux travaux Ă©tudiant la maniĂšre dont les acteurs rĂ©alisent leurs activitĂ©s se rĂ©clamant de ces courants de pensĂ©es et de pratiques. Celles-ci peuvent se rĂ©aliser au sein de lâespace scolaire ou plus largement dans des tiers espaces Ă©ducatifs extĂ©rieurs Ă lâĂ©cole, quels que soit lâĂąge, les conditions sociales ou les attentes du public concernĂ©.
Ă partir dâobservations de terrain, de tĂ©moignages recueillis ou dâautres donnĂ©es issues dâautres mĂ©thodologies, nous attendons ici des contributions qui cherchent Ă rendre compte des pratiques identifiĂ©es ou reconnues comme relevant des PDP et de la PC en interrogeant prĂ©cisĂ©ment leurs points de convergence ou divergence possibles. Il sâagirait ainsi dâaborder les questionnements thĂ©oriques prĂ©cĂ©demment soulevĂ©s mais depuis, cette fois, lâanalyse des pratiques effectives elles-mĂȘmes.Il sera intĂ©ressant de revoir dans quelle mesure ces deux courants de pensĂ©e et de pratiques, au-delĂ de leurs Ă©crits thĂ©oriques, convergent ou divergent dans les pratiques pĂ©dagogiques, et si oui, sur quels points prĂ©cisĂ©ment. Nous faisons lâhypothĂšse que certaines pratiques hybrident Ă©galement la PDP et la PC et il sera Ă©clairant de voir quelle cohĂ©rence ces pratiques hybrides rĂ©vĂšlent entre elles, ainsi que leurs points de tension Ă©ventuels. Il est permis dâanticiper des diffĂ©rences en ce qui concerne la place donnĂ©e par ces pratiques Ă la parole des participants et Ă dâautres formes dâactivitĂ© de leur part, y compris corporelle ; Ă la maniĂšre dont elles les invitent Ă partager leur expĂ©rience personnelle et Ă mettre en Ćuvre des formes de rĂ©cit de soi, ou au contraire Ă privilĂ©gier un discours impersonnel, etc. Est-ce le cas dans les pratiques effectives ?
Enfin, il sera aussi possible dâĂ©tudier comment les acteurs Ă©ducatifs Ă©laborent des stratĂ©gies pour accĂ©der aux espaces Ă©ducatifs encadrĂ©s par les institutions scolaires. Ces acteurs jouent-ils de la professionnalisation de ces mĂ©tiers pour entrer plus facilement, ou au contraire, ces espaces se ferment-ils lorsque leurs pratiques sâinspirent des PDP ou de la PC ? Comment le processus de professionnalisation travaille-t-il ces deux courants de philosophie de lâĂ©ducation, dans leurs pratiques, et quelles perspectives leurs acteurs dĂ©veloppent-ils aux regards de ces transformations ?
[1] Cette inquiĂ©tude est par ailleurs ancienne, car John Dewey la formule ainsi dĂšs 1915 (Dewey, 1915) en exprimant son dĂ©saccord avec certaines politiques scolaires professionnalisantes du State Board of Education au sein de lâĂtat de lâIndiana. [2] En effet, ces derniĂšres se sont construites Ă partir dâun projet rĂ©volutionnaire oĂč lâĂ©ducation doit Ă la fois ĂȘtre une activitĂ© libre visant une Ă©mancipation pour tous et toutes, et, dans le mĂȘme temps, Ćuvrer Ă la transformation de la sociĂ©tĂ© pour promouvoir une justice en lutte (contre les inĂ©galitĂ©s de sexe, de race et de classe, pour la justice environnementale, etc.) (Darder et al., 2003).
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Calendrier prévisionnel indicatif :
Publication de lâappel Ă texte : 8 dĂ©cembre 2025
Transmission du résumé (5000 signes maximum) : 1er février 2026
Transmission des réponses aux auteurs : 1er mars 2025
Transmission des articles : 1er septembre 2026
Transmission des textes aux évaluateurs : 1er décembre 2026
Retour des premiÚres évaluations : 15 décembre 2026
Transmission de la version définitive des textes : 1er mai 2027
Publication : DeuxiĂšme semestre 2027 / Premier semestre 2028
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
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Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă soumettre leur rĂ©sumĂ© pour le 1er fĂ©vrier 2026 au plus tard. Les auteurs transmettent leur rĂ©sumĂ© directement Ă lâadresse suivante : info@revue-phronesis.com
Les auteurs transmettent aussi leur texte simultanément au coordonnateur du numéro et au directeur de la revue :
Agathe Delanoë : agathe.delanoe@gmail.com
Marion Bérard : marion.berard@u-picardie.fr
Pénélope Dufourt : penelope.dufourt@gmail.com
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Philippe Maubant : Philippe.Maubant@USherbrooke.ca
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Transformations individuelles et inter-individuelles au sein de recherches associant les sujets concernĂ©s Ă leur conduite. Quels processus de professionnalisation et/ou dâĂ©mancipation ?
Numéro coordonné par :
Liliane Pelletier, Université Lyon 2, France.
liliane.pelletier1@univ-lyon2.fr
Xavier Conus, Université de Fribourg, Suisse.
Argumentaire scientifique :
Sous diverses appellations, les recherches associant Ă leur conduite les sujets concernĂ©s ont une double visĂ©e comprĂ©hensive et transformative (Monceau et SouliĂšre, 2017). Elles cherchent dâune part Ă accĂ©der Ă une meilleure saisie dâune rĂ©alitĂ© au moyen dâune pluralitĂ© de regards et dâexpertises. Dâautre part, leur ambition est de produire des effets transformateurs sur les terrains dâenquĂȘte et Ă©mancipateurs pour les actrices et acteurs qui y participent. Ces formats participatifs supposent de crĂ©er la possibilitĂ© dâespaces intermĂ©tiers pour travailler aux carrefours de diffĂ©rentes logiques ; ils questionnent lâaccessibilitĂ© avec la diversitĂ© comme levier aÌ la transformation ; ils peuvent apparaĂźtre comme des outils de comprĂ©hension des situations complexes et de formation des professionnelles et professionnels (Thomazet et MĂ©rini, 2019). Les formes du âfaire ensembleâ et les façons de le conceptualiser sont toutefois diverses. DiffĂ©rents niveaux de participation peuvent ĂȘtre proposĂ©s, allant dâune collaboration limitĂ©e Ă une participation complĂšte Ă chacune des Ă©tapes de la recherche (Haklay, 2015).
Ce numĂ©ro sâinscrit dans la continuation de rĂ©flexions menĂ©es sur les fondements Ă©pistĂ©mologiques et mĂ©thodologiques de telles recherches (Savournin et Pelletier, 2025). Ă partir dâune diversitĂ© dâapproches et de contextes, il vise Ă dresser un Ă©tat des lieux des conditions par lesquelles ces formats de recherche sont susceptibles de dĂ©velopper des processus de professionnalisation et/ou d’Ă©mancipation chez les actrices et acteurs concernĂ©s. Ces effets sont explorĂ©s tant pour les personnes directement impliquĂ©es dans les collectifs de recherche que pour les actrices et acteurs concernĂ©s par lâobjet des recherches menĂ©es.
Il est attendu des contributions quâelles interrogent ces processus de professionnalisation et/ou d’Ă©mancipation au regard dâun des trois axes structurant le numĂ©ro :
- Lâaxe 1 concerne les asymĂ©tries initiales en jeu inhĂ©rentes aux statuts et aux positionnements des personnes impliquĂ©es dans les collectifs pluricatĂ©goriels conduisant ces recherches. ConsidĂ©rĂ©es comme fondatrices, ces asymĂ©tries doivent nĂ©anmoins ĂȘtre dĂ©passĂ©es afin de permettre progressivement lâĂ©mergence dâune symĂ©trie. Pour cela, les positions de savoirs respectives doivent ĂȘtre nĂ©gociĂ©es en continu en vue dâoeuvrer au projet commun (DarrĂ©, 1999) au sein dâune zone de convergence prenant la forme dâun espace dâinterculturation au sens de Clanet (1990) ou qualifiĂ© dâespace intermĂ©tier au sens de Thomazet et MĂ©rini (2014). Si la condition premiĂšre est de considĂ©rer que chacune et chacun a autant dâimportance, cela suffit-il Ă garantir la symĂ©trisation des savoirs et des positions ? Quelles autres conditions sâavĂšrent nĂ©cessaires ? Comment parvient-on Ă instaurer cette zone de convergence et Ă mettre en place une dynamique dans laquelle les diffĂ©rentes positions sont perçues sous lâangle de la complĂ©mentaritĂ© ?
- Lâaxe 2 renvoie Ă la question de l’accessibilitĂ© qui constitue un enjeu clĂ© dans lâidĂ©e de dĂ©mocratisation du processus de recherche et de la production de savoirs (Monceau et SouliĂšre, 2017). Elle nĂ©cessite de penser en continu les moyens de rendre accessible la recherche pour chacune des personnes engagĂ©es (Pelletier et Conus, 2025). Câest par ce processus dâaccessibilisation quâest rendue possible une appropriation des dĂ©marches et des savoirs coproduits. Quelles sont les conditions nĂ©cessaires Ă la mise en accessibilitĂ© de la recherche ? Quelle posture pour le chercheur ou la chercheuse (Morrissette, 2012) Quels processus dâappropriation observe-t-on au sein des collectifs de recherche ? En quoi les processus dâaccessibilisation et dâappropriation participent-ils aux effets de professionnalisation et/ou d’Ă©mancipation ?
- Lâaxe 3 concerne la place de lâĂ©tonnement comme levier potentiel de dĂ©stabilisation et de dĂ©placement des regards. Pour que cet Ă©tonnement advienne au sein dâun collectif de recherche, cela exige une posture dâouverture Ă la surprise et Ă lâimprĂ©visibilitĂ© (Dastur, 2000). Dans une dĂ©marche dâenquĂȘte au sens de Dewey (1938/2006), il sâagit de partir dâune situation qui dâindĂ©terminĂ©e, se transforme en une situation dĂ©terminĂ©e par de lâĂ©tonnement (Thievenaz, 2013) et une prise de recul construisant progressivement une intelligibilitĂ© de la situation nouvelle. Cela met en jeu des processus de rĂ©flexivitĂ© (Schön, 1993), Ă penser aussi bien de maniĂšre individuelle que collective (Bieler et al., 2020). Quelle place est accordĂ©e Ă lâĂ©tonnement dans une recherche qui associe les sujets concernĂ©s Ă sa conduite ? Quels processus rĂ©flexifs observe-t-on alors ? Quels effets identifie-t-on au niveau individuel et/ou inter-individuel ?
Du point de vue des approches, les contributions pourront privilĂ©gier une analyse des enjeux politiques et/ou institutionnels derriĂšre les projets de recherche menĂ©s, en interrogeant les conditions dâĂ©mergence, de reconnaissance et de lĂ©gitimation de ces dĂ©marches associant les sujets concernĂ©s. Elles pourront aussi explorer les fondements Ă©pistĂ©mologiques de ces dĂ©marches de recherche, et analyser comment elles contribuent Ă renouveler les maniĂšres de produire des connaissances utiles pour la recherche comme pour le terrain. En dernier lieu, lâapproche retenue pourra favoriser une entrĂ©e praxĂ©ologique en examinant les aspects mĂ©thodologiques et en les discutant du point de vue de la dynamique du collectif et des personnes participantes.
Enfin, le numĂ©ro veillera Ă accorder une place importante aux contributions donnant la voix Ă des actrices et acteurs habituellement peu entendus â jeunes, parents, personnes en situation de handicap, personnes issues de la migration, etc. â qui, par leur participation Ă des formats de recherche les incluant, se trouvent en position dâagir sur leur environnement aux cĂŽtĂ©s de professionnelles et professionnels. Dans les contributions, une attention sera portĂ©e Ă lâexplicitation des contextes en jeu (institutionnels, territoriaux, culturels) et Ă situer les conditions spĂ©cifiques qui ont rendu possible lâimplication de toutes et tous dans le processus de recherche.
Références bibliographiques :
Bieler, P., Bister, M. D., Hauer, J., Klausner, M., Niewöhner, J., Schmid, C. et von Peter, S. (2020). Distributing Reflexivity through Co-laborative Ethnography. Journal of Contemporary Ethnography, 50(1), 77-98. https://doi.org/10.1177/0891241620968271
Clanet, C (1990). Lâinterculturel. Introduction aux approches interculturelles en Education et en Sciences Humaines. Presses universitaires du Mirail.
DarrĂ©, J.-P. (1999). La production de connaissances pour lâaction. Arguments contre le racisme de lâintelligence. Ăditions de la Maison des sciences de lâhomme et Institut national de la recherche agronomique.
Dastur, F. (2000). Phenomenology of the event: Waiting and surprise. Hypatia, 15(4), 178-189.
Dewey, J. (1938/2006). Logique : la thĂ©orie de lâenquĂȘte. Trad. par G. Deledalle (Logic: The theory of Inquiry). Presses universitaires de France.
Haklay, M. (2015). Citizen science and policy: A European perspective. The Woodrow Wilson Center/Commons Lab.
Monceau, G., SouliĂšre, M. (2017). Mener la recherche avec les sujets concernĂ©s : comment et pour quels rĂ©sultats ? Ăducation et socialisation, 45. http://journals.openedition.org/edso/2525
Morrissette, J. (2012). Quelques ficelles du métier de chercheur collaboratif. Recherches qualitatives, Hors-Série, 13, 5-19.
Pelletier, L., Conus, X. (2025). DĂ©fis et forces des asymĂ©tries au sein d’un collectif de recherche pluricatĂ©goriel. L’accessibilitĂ© en jeu. Dans F. Savournin et L. Pelletier (dir.), La « recherche avec », vers de nouveaux savoirs pour l’Ă©ducation et les sociĂ©tĂ©s (p. 63-81). CĂ©paduĂšs Ăditions.
Savournin, F., Pelletier, L. (dir.) (2025). La « recherche avec », vers de nouveaux savoirs pour l’Ă©ducation et les sociĂ©tĂ©s. CĂ©paduĂšs Ăditions.
Schön, D. A. (1993). Le Praticien rĂ©flexif. Ă la recherche du savoir cachĂ© dans lâagir professionnel. Ăditions Logiques.
Thievenaz J. (2013). Le rĂŽle de lâĂ©tonnement dans la construction de lâexpĂ©rience. Ăducation permanente, 197, 113-123.
Thomazet, S., MĂ©rini, C. (2014). Le travail collectif, outil dâune Ă©cole inclusive ? Questions Vives, 21. https://doi.org/10.4000/questionsvives.1509
Thomazet, S., Merini, C. (2019). Vers une sociĂ©tĂ© inclusive : des liens nĂ©cessaires entre formation, pratique et recherche. La nouvelle revue – Ăducation et sociĂ©tĂ© inclusives, 85, 103-120. https://doi.org/10.3917/nresi.085.0103
Calendrier envisagé :
- Publication de lâappel Ă textes : 3 novembre 2025
- Transmission des résumés (1 page 1/2) aux coordonnateurs.trices : 19 décembre 2025
- Retour aux auteurs.trices sur les résumés : 10 janvier 2026
- Invitation Ă participer Ă une journĂ©e dâĂ©tude autour des textes en construction : fin mars-dĂ©but avril 2026 (date prĂ©cise communiquĂ©e dĂ©but janvier 2026)
- Transmission des textes par les auteurs.trices aux coordonnateurs.trices : 31 mai 2026
- Transmission des textes aux évaluateurs.trices : 15 juin 2026
- Retour des évaluations : 15 octobre 2026
- Transmission des évaluations aux auteurs.trices : 25 octobre 2026
- Transmission des textes révisés aux évaluateurs.trices et aux coordonnateurs.trices : 15 décembre 2026
- Relecture des textes par les coordonnateurs.trices et lâĂ©quipe de la revue Phronesis : 30 janvier 2027
- Publication : Printemps 2027
Consignes aux auteurs :
RÚgles générales :
Les auteurs.trices intéressés sont invité.e.s à soumettre leur résumé pour le 19 décembre 2025 et à le transmettre aux coordonnateurs.trices du numéro :
Liliane Pelletier,
liliane.pelletier1@univ-lyon2.fr
Xavier Conus,
et simultanément à la revue Phronesis (en indiquant dans le message le titre du numéro thématique) :
Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs.trices sont priĂ©.e.s de soumettre leur texte dans deux versions : lâune anonymisĂ©e et la seconde non anonymisĂ©e.
Ils/elles sont invités à indiquer :
- Le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- Leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache ;
- Leur adresse électronique professionnelle exclusivement.
Ils/elles doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymisĂ© ne permet de les identifier (rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie, mais Ă©galement dans certaines rubriques de Word [propriĂ©tĂ©s du document]). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, des schĂ©mas et des figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs.trices sont invitĂ©.e.s Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
Pour tout message avec lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.
Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de lâAmerican Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
La longueur de chaque chapitre sera de 80 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie.
Les textes sont présentés à interligne simple.
La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).
PRĂSENTATION DES FIGURES, SCHĂMAS ET DES TABLEAUX :
- Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă un maximum dâun par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
- Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
- Les auteurs.trices indiquent dans le texte lâemplacement des schĂ©mas, des tableaux et/ou des figures Ă insĂ©rer. Ils/elles les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă la composition de ces documents.
- LâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă la comprĂ©hension de lâargumentaire.
HIĂRARCHISATION DES TITRES :
- Trois niveaux de titre sont permis.
- Numéroter les titres et les sous-titres afin de bien en préciser la hiérarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).
FORMAT DâĂCRITURE :
- Utiliser lâitalique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres dâouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
- Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.
ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
- Ă partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; sâils sont au dĂ©but dâune phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (version francophone sans esperluette) :
https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© impĂ©rativement quâelle ne soit pas articulĂ©e ou liĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.trice.
https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
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Les pratiques de coenseignement développemental : enjeux, conditions, méthodes et effets sur la professionnalisation de la formation des enseignants
Numéro thématique coordonné par :
Cécile Berterreix
Laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique, éducation et formation, Université de Montpellier, France.
cecile.berterreix@u-bordeaux.fr
Carine Reydy
Laboratoire ĂpistĂ©mologie et didactiques des disciplines, UniversitĂ© de Bordeaux, France.
Philippe Tremblay
Centre de recherche et d’interventions sur la rĂ©ussite scolaire (CRIRES), UniversitĂ© Laval, QuĂ©bec, Canada.
Philippe.Tremblay@fse.ulaval.ca
Argumentaire scientifique :
Ces huit derniĂšres annĂ©es, les rĂ©formes successives françaises et belges ont rapprochĂ© la formation enseignante des salles de classe (Villani et Torossian, 2018 ; ministĂšre de lâĂducation nationale, 2020, 2021, 2025 ; Parlement de la FĂ©dĂ©ration WallonieâBruxelles, 2022, 2023). Cela Ă©tant, diffĂ©rents auteurs le rappellent : toute situation de travail nâest pas en soi « apprenante » (Mayen et Gagneur, 2017). En ce sens, plusieurs recherches soutiennent des alternatives pour favoriser la construction professionnelle dâenseignants dĂ©butants ou expĂ©rimentĂ©s en contexte de classe : en (i) amĂ©nageant celui-ci (Mayen, 2018 ; Berterreix, 2024) et (ii) en y incluant davantage de collaboration, via du coenseignement entre enseignants (Michel, 2018 ; Tremblay, 2023) et en mobilisant potentiellement des collectifs de pairs (Baeten et Simons, 2014, 2016 ; Berterreix et ChaliĂšs, 2025). Ces rĂ©formes offrent ainsi lâopportunitĂ© de coenseigner pour soutenir du dĂ©veloppement professionnel, que ce soit en formation initiale lors des stages dâobservation, de pratique accompagnĂ©e, en responsabilitĂ© (ministĂšre de lâĂducation nationale, 2021, 2025), en formation continuĂ©e ou continue, lors des constellations (visites croisĂ©es, par exemple) (ministĂšre de lâĂducation nationale, 2020).
Le coenseignement dĂ©veloppemental, en formation initiale, continuĂ©e ou continue, se dĂ©finit comme une activitĂ© commune dâenseignement, dans un mĂȘme groupe et dans un mĂȘme temps de plusieurs enseignants se partageant les responsabilitĂ©s Ă©ducatives pour atteindre des objectifs spĂ©cifiques (Tremblay, 2023).
En formation initiale, cette modalitĂ© peut rĂ©unir un tuteur et un stagiaire (dyade), ou un tuteur et deux stagiaires (triade), voire une tĂ©trade dans le cas dâun tuteur et de trois stagiaires (par exemple, des Ă©tudiants en premiĂšre annĂ©e de Master MĂ©tier de l’enseignement, de l’Ă©ducation et de la formation, au sein du systĂšme Ă©ducatif français). Le coenseignement apparaĂźt ainsi comme une alternative au tutorat traditionnel en rĂ©ponse aux limites soulignĂ©es par la littĂ©rature (Moussay et al., 2017 ; Moussay et MĂ©ard, 2010 ; ChaliĂšs et Durand, 2000). Cette derniĂšre appelle Ă dĂ©velopper des formes davantage collaboratives de tutorat (Moussay, 2012) jusquâau coenseignement (Baeten et Simons, 2016 ; Bullough et al., 2003 ; Simons et al., 2020 ; Michel et Bertone 2017). Au cours dâune sĂ©ance, diffĂ©rentes configurations de coenseignement (Cook et Friend, 2017) sont bien souvent mises en Ćuvre, et non une seule (Tremblay, 2023). Cela Ă©tant, la littĂ©rature anglophone rĂ©vĂšle que le coenseignement en sĂ©quentiel serait davantage source de construction professionnelle quâun coenseignement en parallĂšle (Simons et al., 2020). DiffĂ©rents paramĂštres (objectif de formation, asymĂ©trie entre formĂ© et formateur, rĂ©itĂ©ration de phases de sĂ©ance, modalitĂ©s de rĂ©gulation employĂ©es, trace de lâactivitĂ© du coenseignement rĂ©alisĂ©) lors dâun coenseignement font dâailleurs varier la possibilitĂ© de soutenir des apprentissages professionnels (Berterreix, 2024). De plus, en sĂ©quentiel, les airs de famille (Wittgenstein, 2004) prĂ©sents entre deux phases dâune mĂȘme sĂ©ance semblent constituer une condition favorable soutenant les apprentissages professionnels (Berterreix, 2024).
MobilisĂ© en formation continue au sein de dispositifs de formation (ChaliĂšs et Bertone, 2021 ; Berterreix et ChaliĂšs, 2025), le coenseignement soutient les processus dâenquĂȘte (Lussi Borer et Muller, 2016) pour dĂ©velopper de nouvelles pratiques enseignantes. Il alimente les controverses entre enseignants, les apprentissages et le dĂ©veloppement professionnels individuels au sein dâĂ©quipes dâĂ©tablissement (Berterreix et ChaliĂšs, 2025, ChaliĂšs et Bertone, 2021).
Ces diffĂ©rents Ă©lĂ©ments ouvrent dâabord le champ dâune discussion sur les enjeux politiques actuels Ă lâinternational, en matiĂšre de coenseignement. Quâen est-il de son dĂ©ploiement au sein des diffĂ©rentes politiques Ă©ducatives de formation initiale et continue enseignante, pour quel paradigme dominant en formation ? Quelles limites et nĂ©cessaires Ă©volutions cela suppose-t-il de la part de lâinstitution et de son organisation ? En particulier, quâen est-il de lâĂ©valuation et de la validation de la construction professionnelle des stagiaires au sein de leur cursus de formation ?
Par ailleurs, comment concevoir ces situations de coenseignement pour soutenir lâapprentissage ou le dĂ©veloppement professionnels enseignant ? Comment ces situations sont-elles mobilisĂ©es au sein de dispositifs de formation et dans quelle intention ? Quels sont leurs effets sur le vĂ©cu et la construction professionnelle des (co)enseignants et des Ă©lĂšves ?
Enfin, consacrer un numĂ©ro thĂ©matique au coenseignement dĂ©veloppemental en formation enseignante offre, plus largement, lâoccasion dâengager une rĂ©flexion mĂ©thodologique : quelles approches et quelles mĂ©thodologies pourraient permettre dâen analyser les retombĂ©es et lâefficacitĂ© ?
Au sein de ce numĂ©ro thĂ©matique, les publications sâattacheront ainsi Ă documenter :
- Axe 1 : la place du coenseignement dans les textes institutionnels orientant ou promouvant la formation initiale, continuĂ©e et continue des enseignants en Europe et Ă lâinternational
Que ce soit sur le plan europĂ©en ou international, en formation initiale, continuĂ©e comme en formation continue enseignante, les politiques Ă©ducatives diffĂšrent dâun pays Ă lâautre. Quâen est-il de la mobilisation potentielle et effective du coenseignement au sein des textes institutionnels ? Quelle place est accordĂ©e au coenseignement dans les textes officiels ? Sâagit-il dâune prescription officielle au sein des textes, dâun espace rendu possible en formation sans quâil ne soit effectivement mentionnĂ© (e.g. constellation) ou en est-il absent ? En consĂ©quence, quelles adaptations organisationnelles et institutionnelles sont nĂ©cessaires ?
- Axe 2 : les études et les pratiques portant sur les dispositifs de formation initiale et continue qui mobilisent du coenseignement à visée développementale
Plusieurs dispositifs de formation continue incluant du coenseignement sont dĂ©ployĂ©s dans diffĂ©rents pays depuis cinq annĂ©es. Dans cet axe, les communications porteront sur les ingĂ©nieries dĂ©ployĂ©es en formation initiale ou continue mobilisant du coenseignement. Quelle place est donnĂ©e au coenseignement dans lâingĂ©nierie conçue, avec quelle(s) intention(s), pour quelles retombĂ©es objectivĂ©es (en termes de vĂ©cu, dâapprentissage, de dĂ©veloppement, de soutien ou de controverses) ? Les publications pourront documenter ces effets tant auprĂšs du formĂ©, que du formateur, des Ă©lĂšves, de lâĂ©tablissement ou de lâinstitution.
- Axe 3 : les méthodologies permettant de caractériser les retombées du coenseignement à visées développementale à différents niveaux (élÚves, formés, formateurs)
De nombreux travaux de recherche (team-teaching, co-teaching, peer-teaching) ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s sur le coenseignement dĂ©veloppemental (e.g. Baeten et Simons, 2016 ; Bullough et al. 2003 ; Carpenter et al. 2007). Les Ă©tudes mobilisent plus particuliĂšrement des donnĂ©es extrinsĂšques ou dĂ©claratives des participants. Une perspective est dâailleurs de complĂ©ter ces Ă©tudes avec des approches orientĂ©es activitĂ©s et des donnĂ©es davantage intrinsĂšques (ChaliĂšs et Bertone, 2017 ; Theureau, 2015 ; PastrĂ© et al., 2006). Ainsi, cet axe questionne davantage les aspects mĂ©thodologiques permettant de caractĂ©riser les retombĂ©es de cette modalitĂ©, tant sur le vĂ©cu et les apprentissages des Ă©lĂšves, que sur celui des formĂ©s ou des formateurs. Se posent des questions dâarticulation entre donnĂ©es extrinsĂšques et intrinsĂšques, quantitatives et qualitatives, et de croisement des effets sur les diffĂ©rents acteurs impliquĂ©s. Ces considĂ©rations pourraient, par exemple, permettre de questionner lâefficacitĂ© de cette forme dâaccompagnement, tant en formation initiale, continuĂ©e que continue.
Bibliographie indicative :
Baeten, M., Simons, M. (2014). Student teachersâ team teaching: Models, effects, and conditions for implementation. Teaching and Teacher Education, 41, 92â110. https://doi.org/10.1016/j.tate.2014.03.010
Baeten, M., Simons, M. (2016). Student teachersâ team teaching: How do learners in the classroom experience team-taught lessons by student teachers? Journal of Education for Teaching, 42(1), 93â105. https://doi.org/10.1080/02607476.2015.1135226
Berterreix, C. (2024). Construire un territoire apprenant : Une voie possible pour optimiser la formation initiale et continue des enseignants du premier degrĂ© ? Ătude des retombĂ©es collectives et individuelles dâun dispositif de formation de type « constellation » [ThĂšse de doctorat inĂ©dite en sciences de lâĂ©ducation]. UniversitĂ© de Montpellier, France. https://theses.hal.science/tel-04766256
Berterreix, C., ChaliĂšs, S. (2025). Dâune Ă©quipe pĂ©dagogique Ă une communautĂ© apprenante Ă©cole. Phronesis, 14(4), 49â74.
Bullough, R. V., Young, J., Birrell, J. R., Clark, D. C., Egan, W. M., Erickson, L., Frankovich, M., Brunetti, J. & Welling, M. (2003). Teaching with a peer: A comparison of two models of student teaching. Teaching and Teacher Education, 19(1), 57â73. https://doi.org/10.1016/S0742-051X(02)00094-X
Carpenter, D. M., Crawford, L., Walden, R. (2007). Testing the efficacy of team teaching. Learning Environments Research, 10(1), 53â65. https://doi.org/10.1007/s10984-007-9019-y
ChaliĂšs, S., Bertone, S. (2017). And if L. Wittgenstein Helped Us to Think Differently About Teacher Education? In M. A. Peters et J. Stickney (Eds.), A Companion to Wittgenstein on Education (p. 659â673). Springer Singapore. https://doi.org/10.1007/978-981-10-3136-6_43
ChaliĂšs, S., Bertone, S. (2021). ActivitĂ© et compĂ©tenceâŻ: conceptualisation, illustration et pistes technologiques. Dans V. Lussi Borer et S. ChaliĂšs (Dir.), ActivitĂ© et compĂ©tence en tension dans le champ de la formation professionnelle en alternance (p. 114-131). OctarĂšs Ă©ditions.
ChaliĂšs, S., Durand, M. (2000). LâutilitĂ© discutĂ©e du tutorat en formation initiale des enseignants. Recherche & formation, 35(1), 145â180. https://doi.org/10.3406/refor.2000.1678
Cook, L., Friend, M. (2017). Co-teaching: Guidelines for creating effective practices. Focus on Exceptional Children, 28(3). https://doi.org/10.17161/foec.v28i3.6852
Mayen, P. (2018). Passer du principe dâalternance Ă lâusage de lâexpĂ©rience en situation de travail comme moyen de formation et de professionnalisation. Dans R. Wittorski (Dir.), La professionnalisation en formation : textes fondamentaux (p. 121â138). Presses universitaires de Rouen et du Havre.
Mayen, P., Gagneur, C.-A. (2017). Le potentiel dâapprentissage des situationsâŻ: une perspective pour la conception de formations en situations de travail. Recherches en Ă©ducation, (28). https://doi.org/10.4000/ree.6050
Michel, L. (2018). Ătude de la construction du sujet enseignant lors de la situation tutorale dans le cadre de sa formation initiale : Une Ă©tude de cas Ă partir dâun modĂšle dâenseignement de type coteaching [ThĂšse de doctorat inĂ©dite en sciences de lâĂ©ducation]. UniversitĂ© de la RĂ©union, France. https://theses.hal.science/tel-01979876
Michel, L., Bertone, S. (2017). Effets dâun dispositif de type coteaching sur le dĂ©veloppement professionnel des enseignants novices : Ă©tudes de cas en formation universitaire. Recherches en Ă©ducation, (30). http://hal.univ-reunion.fr/hal-01632448
MinistĂšre de lâĂducation nationale. (2021). Vademecum de la rĂ©forme de la formation initiale des professeurs et des conseillers principaux dâĂ©ducation en INSPĂ. https://services.dgesip.fr/fichiers/2021_vademecum_formation_CPE_professeurs.pdf
MinistĂšre de lâĂducation nationale. (2025). Mieux former pour mieux faire rĂ©ussir nos Ă©lĂšves. https://www.education.gouv.fr/reforme-de-la-formation-initiale-des-professeurs-dossier-de-presentation-450115
MinistĂšre de lâĂducation nationale. (2020). Guide pour le Plan Français Ă destination des pilotes et rĂ©fĂ©rents en acadĂ©mie. https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Formation_continue_enseignants/08/3/Guide_plan_francais-2020_1313083.pdf
Moussay, S. (2012). Le tutorat collectif comme ressource professionnelle au service de lâapprentissage du mĂ©tier dâenseignant. Dans S. Ciavaldini-Cartaut (Dir.), Innover en formation. Accompagner autrement les enseignants entrant dans le mĂ©tier (p. 86â98). LâHarmattan.
Moussay, S., Blanjoie, V., Babut, P. (2017). Les conflits vécus par le tuteur ESPE et le tuteur EPLE dans le dispositif du tutorat mixte. eJRIEPS. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01676631
Moussay, S., MĂ©ard, J. (2010). Ă quoi sert le tutorat dans la formation des enseignants ? Le ou les tutorats ? Dans M. Cizeron et N. Gal-Petitfaux (Dir.), Analyse de pratiques : expĂ©rience et gestes professionnels (p. 111â120). Presses universitaires Blaise Pascal.
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Parlement de la FĂ©dĂ©ration WallonieâBruxelles. (2023). DĂ©cret modifiant le dĂ©cret du 7 fĂ©vrier 2019 relatif Ă la formation initiale des instituteurs et enseignants, instituteur·trice·s gradué·e·s et agrĂ©gĂ©s de lâenseignement secondaire, particuliĂšrement en introduisant la modalitĂ© de âstage de longue durĂ©eâ en derniĂšre annĂ©e de formation [DĂ©cret 2023].
PastrĂ©, P., Mayen, P., Vergnaud, G. (2006). La didactique professionnelle. Revue française de pĂ©dagogie, (154), 145â198. https://doi.org/10.4000/rfp.157
Simons, M., Baeten, M., Vanhees, C. (2020). Team teaching during field experiences in teacher education: Investigating student teachersâ experiences with parallel and sequential teaching. Journal of Teacher Education, 71(1), 24â40. https://doi.org/10.1177/0022487118789064
Theureau, J. (2015). Le cours dâaction : Lâenaction et lâexpĂ©rience. Octares.
Tremblay, P. (2023). Coenseignement. Academia.
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Wittgenstein, L. (2004). Recherches philosophiques. Gallimard.
Calendrier prévisionnel :
Publication de lâappel Ă texte : 14 octobre 2025
Transmission du résumé (5000 signes maximum) : 10 décembre 2025
Transmission des réponses aux auteurs : 20 décembre 2025
Transmission des articles : 2 avril 2026
Transmission des textes aux évaluateurs : 8 avril 2026
Retour des premiÚres évaluations : 15 juillet 2026
Retours aux auteurs : 1er septembre 2026
Transmission de la version définitive des textes : 15 décembre 2026
Publication : premier semestre 2027
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
RÚgles générales :
Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă soumettre leur texte pour le 20 novembre 2025 au plus tard. Les auteurs transmettent leur texte directement Ă lâadresse suivante : info@revue-phronesis.com
Les auteurs transmettent aussi leur texte simultanément au coordonnateur du numéro et au directeur de la revue :
cecile.berterreix@u-bordeaux.fr
Philippe.Tremblay@fse.ulaval.ca
Philippe.Maubant@USherbrooke.ca
Les auteurs sont priĂ©s de dĂ©poser leur texte dans deux versions : lâune dĂ©jĂ anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă indiquer :
- le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache ;
- leur adresse électronique professionnelle
Pour tout message avec lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.
Les auteurs sont priĂ©s de transmettre leur article dans deux versions : lâune dĂ©jĂ anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de lâAmerican Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
La longueur de chaque chapitre sera de 90 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie. Les textes sont présentés à interligne simple.
La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).
PRĂSENTATION DES FIGURES, SCHĂMAS ET DES TABLEAUX :
- Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă un maximum dâun par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
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- Aucune annexe ne peut figurer dans lâarticle.
- Les auteurs indiquent dans le texte lâemplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă la composition de ces documents.
- LâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă la comprĂ©hension de lâargumentaire.
HIĂRARCHISATION DES TITRES :
- Trois niveaux de titre sont permis.
- Numéroter les titres et les sous-titres afin de bien en préciser la hiérarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).
FORMAT DâĂCRITURE :
- Utiliser lâitalique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres dâouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
- Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.
ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
- Ă partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; sâils sont au dĂ©but dâune phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
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Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© quâelle ne soit pas articulĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
Les usages du concept dâ« enquĂȘte » dans les Sciences de lâĂ©ducation et de la formation : dĂ©marche dâĂ©tude de la professionnalisation
Numéro thématique coordonné par :
Joris Thievenaz
Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES-EA 7313), Université Paris Est Créteil, France.
Argumentaire scientifique :
Les propositions, concepts et options thĂ©oriques Ă©laborĂ©s par John Dewey (1859-1952) tout au long de son Ćuvre, connaissent ces derniĂšres annĂ©es un regain dâintĂ©rĂȘt particuliĂšrement important en Sciences humaines et sociales (SHS), y compris en Sciences de lâĂ©ducation et de la formation (SEF). Comme en tĂ©moignent de nombreuses publications, journĂ©es dâĂ©tudes, traductions, recherches doctorales, etc., le « paradigme de lâenquĂȘte » rencontre un vif intĂ©rĂȘt, dans les milieux de la recherche, en particulier dans les disciplines qui Ă©tudient des champs de pratiques sociales. Le concept dâenquĂȘte (1938) et le paradigme de lâexpĂ©rience quâil sous-tend constituent lâaboutissement de la trajectoire intellectuelle de John Dewey (1903, 1910, 1916, 1922, 1933). Fruit de plusieurs dizaines dâannĂ©es de rĂ©flexion, la thĂ©orie de lâenquĂȘte se prĂ©sente comme un condensĂ© des apports philosophiques, psychologiques et pĂ©dagogiques de lâauteur.
Des travaux pionniers ont Ă©tĂ© lâoccasion de prĂ©senter et de discuter des principes et des options thĂ©oriques qui sous-tendent la thĂ©orie de lâenquĂȘte et de montrer son intĂ©rĂȘt pour les pratiques de recherche, dâenseignement de formation (Fabre 1993, 1999, 2009 ; Thievenaz, 2012 ; Mayen, 2013).
Force est de constater, que non seulement lâintĂ©rĂȘt ne sâest pas estompĂ© au fil du temps, mais quâil sâest au contraire accentuĂ© (Thievenaz et al., 2024 ). Il ne sâagit plus dĂšs lors de prĂ©senter cette approche thĂ©orique et dâen explorer les fondements, mais plutĂŽt dâen questionner les usages et les formes de mobilisations dans lâactivitĂ© de recherche. Si les propositions thĂ©oriques contenues dans une telle approche sont aujourdâhui connues et diffusĂ©es dans notre milieu acadĂ©mique (Fabre, 1999, Fabre et Thievenaz, 2019 ; Thievenaz, 2012, 2019, Mayen, 2013 ; Albero, 2019, Thievenaz et Fabre, 2023) la genĂšse de ce concept et la façon dont celui-ci a fait lâobjet dâune maturation progressive demeurent en revanche peu Ă©tudiĂ©es.
Que signifie « prendre appui », « convoquer » ou « mobiliser », « faire rĂ©fĂ©rence », voire mĂȘme parfois « se revendiquer » de cette approche conceptuelle ? Quelles conditions cela implique-t-il ? Quelles en sont les visĂ©es ? Quelles vigilances sont Ă exercer ? Etc. LâarchĂ©ologie du concept dâenquĂȘte ne relĂšve pas uniquement dâun travail dâĂ©rudition rĂ©servĂ© Ă quelques spĂ©cialistes des apports du pragmatisme. Il montre comment pour dĂ©signer le processus quâil recouvre, lâauteur Ă lui-mĂȘme hĂ©siter entre diffĂ©rents termes dans le but de mettre en Ă©vidence le caractĂšre Ă la fois universel et ordinaire de la dĂ©marche de connaissance par et dans lâactivitĂ©.
Ce travail « dâenquĂȘte sur la notion dâenquĂȘte » se rĂ©vĂšle Ă©galement utile pour mieux comprendre la diversitĂ© de ses formes de rĂ©ception et dâusage dans les travaux de recherche en Sciences de lâĂ©ducation et de la formation et notamment ceux qui abordent les questions dâapprentissage, de formation et de professionnalisation.
Dans cette perspective, ce numĂ©ro thĂ©matique interroge, dans les travaux de recherche actuels en Ă©ducation et formation, les modes de recours et dâusage du concept dâenquĂȘte ainsi que de lâapproche thĂ©orique quâil sous-tend. Il sâagit, pour ce faire, dâexpliciter et dâanalyser les conditions selon lesquelles cette thĂ©orie est abordĂ©e, lâobjet dâĂ©tude et le terrain investi sous ce prisme, les types de connaissances Ă©laborĂ©es ainsi, et plus largement la maniĂšre dont cette thĂ©orie vient modifier les cadres dâanalyse. Le but consiste Ă mettre en Ă©vidence, matĂ©riaux empiriques Ă lâappui, de quelle maniĂšre son exploitation en tant que postulat thĂ©orique permet non seulement de produire des connaissances valides, mais apporte aussi une spĂ©cificitĂ© qui peut sâavĂ©rer complĂ©mentaire avec dâautres types dâapproches conceptuelles.
Les articles rĂ©unis dans ce numĂ©ro pourront sâinscrire dans au moins trois axes de rĂ©flexion (non exhaustifs et pouvant ĂȘtre traitĂ©s de façon conjointe dans les contributions) :
âą Axe 1 : Faire usage de lâenquĂȘte pour interroger les dynamiques de professionnalisation des sujets et des organisations de travail et de formation (dimension mĂ©thodologique et empirique)
Il sâagit dans cette optique de montrer comment la notion dâenquĂȘte telle que forgĂ©e par John Dewey dans une approche psycho-philosophique de lâexpĂ©rience peut ĂȘtre convoquĂ©e comme un concept dâintelligibilitĂ© des processus par lesquels les sujets construisent des compĂ©tences et dĂ©veloppent leur expĂ©rience en situation de travail et de formation. La thĂ©orie de lâenquĂȘte est alors envisagĂ©e comme un cadre conceptuel permettant dâĂ©tudier les processus de professionnalisation en acte et leurs consĂ©quences sur la transformation non seulement des sujets, mais aussi des environnements de travail dans lesquels ils Ă©voluent. Les propositions de contributions qui sâinscrivent dans cet axe, montreront ainsi (en prenant appui sur des matĂ©riaux empiriques issus de recherche de terrain) les « usages en actes » du concept dâenquĂȘte le domaine des SEF.
âą Axe 2 : Interroger les usages de lâenquĂȘte dans le domaine de la recherche en Ă©ducation et formation (dimension Ă©pistĂ©mo-thĂ©orique)
Mobiliser une thĂ©orie, un concept ou un paradigme de recherche ne va jamais de soi. Cela implique un travail non seulement dâĂ©laboration (dâun cadre conceptuel compatible avec les visĂ©es, lâobjet, le terrain de la recherche), mais aussi de discussion, de prise de distance, dâamĂ©nagement et parfois mĂȘme de dĂ©construction. Un enjeu consiste dĂšs lors Ă engager une rĂ©flexion autant thĂ©orique, Ă©pistĂ©mologique quâĂ©thique sur les modalitĂ©s et conditions dâappropriation dâune thĂ©orie ou dâune partie de la thĂ©orie pour produire des connaissances scientifiques sur les activitĂ©s humaines. Les propositions de contributions qui sâinscrivent dans cet axe, questionneront les conditions, les principes et les points de vigilance qui conditionnent le « recours Ă lâenquĂȘte » en SEF.
âą Axe 3 : Mobiliser lâenquĂȘte pour agir en Ă©ducation et formation (dimension praxĂ©ologique)
FidĂšle Ă la conception pragmatiste de John Dewey selon laquelle « la thĂ©orie est Ă©minent pratique » (1933), il sâagit dans cette perspective dâĂ©tudier sous quelles conditions la thĂ©orie de lâenquĂȘte est susceptible dâĂȘtre mobilisĂ©e dans une intention dâapprentissage, de formation et de professionnalisation. Dans cette perspective seront traitĂ©s les diffĂ©rents usages pĂ©dagogiques et didactiques qui sont fait de lâenquĂȘte ainsi que leurs retombĂ©es sur la construction des sujets, des activitĂ©s et des environnements. En partant du principe que sous certaines conditions, lâenquĂȘte peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une ressource pour lâaction, les propositions de contributions qui sâinscrivent dans cet axe exploreront les visĂ©es expĂ©rientielles, transformatives, ou Ă©mancipatrices poursuivies Ă travers la mobilisation de ce concept.
Consacrer un numĂ©ro thĂ©matique aux usages scientifiques de la thĂ©orie de lâenquĂȘte est ainsi plus largement lâoccasion dâengager un questionnement de nature Ă©pistĂ©mologique Ă propos des processus de mobilisation de concepts et de cadres dâanalyse dans la discipline. Si les phĂ©nomĂšnes dâemprunts, de réélaboration, dâactualisation de concepts provenant dâautres disciplines, sont non seulement courants, mais aussi constitutifs de la vie scientifique de la vie de la discipline depuis sa crĂ©ation, une telle dynamique, loin dâĂȘtre conçue comme naturelle, nĂ©cessite dâĂȘtre rĂ©guliĂšrement, de maniĂšre Ă conserver toute la puissance heuristique des thĂ©ories et des concepts qui les constituent. EnquĂȘter sur les usages du concept dâenquĂȘte apparait dĂšs lors comme un moyen dâinterroger les habitudes scientifiques qui organisent lâactivitĂ© de recherche dans la discipline.
Discuter les usages scientifiques du concept dâenquĂȘte revient, ce faisant, Ă prolonger un questionnement Ă©pistĂ©mologique concernant non seulement les concepts, mais aussi les prĂ©supposĂ©s et les logiques scientifiques mobilisĂ©s et Ă©laborĂ©s dans le milieu de la recherche en formation des adultes (Barbier, 2001 ; Champy-Remoussenard, 2005 ; Albero, 2013, 2020 ; Thievenaz, 2023a,b). LâintĂ©rĂȘt suscitĂ© par ce concept et les mĂ©thodes Ă©laborĂ©es en vue de sa mobilisation dans la recherche en formation des adultes implique de rĂ©interroger les prĂ©supposĂ©s qui sous-tendent ces travaux ainsi que les facteurs sociaux qui concourent Ă leur dĂ©veloppement. Dans une perspective qui relĂšve de la vigilance Ă©pistĂ©mologique, ce numĂ©ro vise ainsi une remise Ă lâĂ©tude des catĂ©gories, habitudes et principes dâanalyse qui se sont mis en place durant les derniĂšres dĂ©cennies dans notre milieu scientifique.
Bibliographie :
Albero, B. (2013). Lâanalyse de lâactivitĂ© en sciences de lâĂ©ducation : entre aspirations scientifiques et exigences pragmatiques ». Travail et apprentissages, 12, 94-117.
Albero, B. (2019). La thĂ©orie de lâenquĂȘte : relier les pĂŽles Ă©pistĂ©mĂš et praxis de lâactivitĂ©. Recherche et formation, 92, 39-56.
Albero, B. (2020). Une tension structurante entre épistémÚ et praxis : différenciations et processus transversaux. Dans J. Thievenaz, F. Saussez, J.-M. Barbier (Dir.), Comprendre/Transformer (p. 243-275). Peter Lang.
Barbier, J.-M. (2001). La constitution de champs de pratiques en champs de recherches. Dans J.-M Baudoin, J. Friedrich (Dir.), ThĂ©orie de lâaction et Ă©ducation (p. 315-317). De Boeck.
Champy-Remoussenard, P. (2005). Les thĂ©ories de lâactivitĂ© entre travail et formation. Savoirs. 8, 9-50.
Dewey, J. (1903). Studies in Logical Theory. University of Chicago Press.
Dewey, J. (1910, 2004). Comment nous pensons ? Trad. par O. Decroly (How we think). Les EmpĂȘcheurs de penser en rond.
Dewey, J. (1916). Essays in experimental logic. University of Chicago Press
Dewey, J. (1922). Humain Nature and conduct. An Introduction to Social Psychology. Cosimo.
Dewey, J. (1933) How we think (2e édition non traduite, revue et augmentée). D.C Heath
Dewey, J. (1938, 1967). Logique : la thĂ©orie de lâenquĂȘte. Trad. par G. Deledalle (Logic: The theory of Inquiry). Presses universitaires de France.
Fabre, M. (1993). De la rĂ©solution de problĂšme Ă la problĂ©matisation. Les Sciences de lâĂ©ducation â Pour lâĂre nouvelle, 4-5, 71-102.
Fabre, M. (1999). Situations problĂšmes et savoirs scolaire. Presses universitaires de France.
Fabre, M. (2009). Philosophie et pédagogie du problÚme. Vrin.
Fabre, M. (2023). LâidĂ©e dâexpĂ©rience chez Dewey : entre la voie de Locke et la voie de Hegel. Recherches & Ă©ducations, hors-sĂ©rie 2. http://journals.openedition.org/rechercheseducations/14980
Fabre, M., Thievenaz, J. (2019). LâenquĂȘte : un concept heuristique pour les sciences de lâĂ©ducation et de la formation. Entretien avec Michel Fabre. Recherche & Formation, 92, 95-104.
Mayen, P. (2013). John Dewey, lâĂ©ducation et la reconstruction continue de lâexpĂ©rience. Ăducation permanente, 198, 9-22.
Thievenaz, J. (2012). LâactivitĂ© dâ« enquĂȘte » du mĂ©decin du travail. Recherche et Formation, 70, 61-74.
Thievenaz, J. (2019). La thĂ©orie de lâenquĂȘte de John Dewey. RĂ©explorations pour la recherche en Sciences de lâĂ©ducation et de la formation. Recherche & Formation, 92, 19-38.
Thievenaz, J. (2023a, Ă paraĂźtre). Lâapproche par lâanalyse de lâactivitĂ© en sciences de lâĂ©ducation et de la formation : enjeux, principes et perspectives. Dans R. Wittorski, D. DemaziĂšre (Dir.), EncyclopĂ©die de la professionnalisation. ISTE Ăditions.
Thievenaz, J. (2023b). Interroger les prĂ©supposĂ©s et les logiques scientifiques de lâanalyse du travail en Sciences de lâĂ©ducation et de la formation. Ăducation permanente, 234/235, 107-120.
Thievenaz, J., Fabre, M. (2023). La ThĂ©orie de lâenquĂȘte de John Dewey : fondements, rĂ©ception et usages dans la recherche francophone en Ă©ducation et formation. (Note de synthĂšse). Revue française de pĂ©dagogie, 219, 129-178.
Thievenaz, J., Las-Vergnas, O., Kedidah Chair, N. (2024). Rediscovering Deweyâs Concept of âInquiryâ in Francophone Literature: A Lexicographical Analysis of Scientific Production Pertaining to Education and Training Issue. Education and Culture: Vol. 40 : Iss. 1, Article 5.
https://docs.lib.purdue.edu/eandc/vol40/iss1/art5
Calendrier prévisionnel :
- Publication de lâappel Ă textes : 25 juin 2025
- Transmission des textes par les auteurs aux coordonnateurs du numéro : 20 novembre 2025
- Transmission des textes aux évaluateurs : 25 novembre 2025
- Retour des évaluations : 6 janvier 2025
- Transmission des évaluations aux auteurs : 10 janvier 2026
- Transmission des textes révisés au coordonnateur au plus tard le 20 février 2026
- Relecture des textes par le coordonnateur du numĂ©ro et lâĂ©quipe de la revue Phronesis, et dĂ©cision de publication : 1er mars 2026
- Publication : Printemps 2026
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ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
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Panser et repenser le travail dans un dialogue avec la formation
Numéro thématique coordonné par :
Sabrina Labbé
UnitĂ© mixte de recherche Ăducation-Formation-Travail-Savoirs (EFTS), UniversitĂ© de Toulouse Le Mirail, France.
Olivier Kheroufi-Andriot
UnitĂ© mixte de recherche Ăducation-Formation-Travail-Savoirs (EFTS), Ăcole nationale supĂ©rieure de formation de lâenseignement agricole (ENSFEA), Castanet-Tolosan, France.
olivier.kheroufi-andriot@ensfea.fr
JérÎme Amathieu
UnitĂ© mixte de recherche Ăducation-Formation-Travail-Savoirs (EFTS), UniversitĂ© de Toulouse Le Mirail, France.
Argumentaire scientifique :
Comment apprĂ©hender et penser le travail Ă lâheure de lâanthropocĂšneâŻ? Comment se projeter dans le futur du travail (Carbonell, 2022) ? Au temps des transformations du marchĂ© du travail, des transitions Ă©cologiques, numĂ©riques, politiques, dĂ©mographiques, des crises gĂ©opolitiques planĂ©taires, des rĂ©volutions technologiques et des bouleversements produits par lâusage de lâintelligence artificielle dans les organisations, le travail nâa jamais Ă©tĂ© aussi mouvant, anxiogĂšne, voire dĂ©routant (Bourdu et al., 2019âŻ; LabbĂ© et Champy-Remoussenard, 2013âŻ; Ehrenberg, 1998 ; Castel, 1999, Kheroufi-Andriot, 2021).âŻ
Dans un contexte de mondialisation Ă©conomique impactant prioritairement les populations vulnĂ©rables, les transformations nĂ©olibĂ©rales mettent en concurrence les humains et les savoirs. Cherchant Ă favoriser le dĂ©veloppement des compĂ©tences au service de lâĂ©conomie, lâOrganisation internationale du travail (OIT) a appelĂ©, dĂšs 1999, la communautĂ© internationale Ă crĂ©er dans chaque organisation (entreprises, associations, fonction publique) les conditions nĂ©cessaires Ă un exercice dĂ©cent du travail. Le construit de «âŻtravail dĂ©centâŻÂ» fait alors son apparition comme une rĂ©ponse potentielle Ă la lutte contre les inĂ©galitĂ©s croissantes, et ce, dans une perspective internationale.
Un travail dĂ©cent contribue au bien-ĂȘtre des individus et Ă la satisfaction de leurs besoins fondamentaux (Duffy et al., 2016). Pour quâil y est travail dĂ©cent, les organisations de travail doivent rĂ©pondre Ă cinq exigences (Duffy et al., 2017) : des horaires compatibles avec le repos et les loisirs du travailleur, une rĂ©munĂ©ration adaptĂ©e, lâaccĂšs Ă des services de santĂ© adĂ©quats, des conditions de travail sĂ©curitaires (au niveau physique et relationnel) et des valeurs compatibles avec celles du travailleur (au niveau familial et personnel).âŻ
Le projet de ce numĂ©ro thĂ©matique vise Ă dĂ©passer lâopposition binaire, classique et parfois caricaturale en matiĂšre de travail entre les pays dits du âSudâ et les pays dits du âNordâ (Brandt, 1980). Les pays dits du âSudâ seraient confrontĂ©s aujourdâhui Ă une obligation sociĂ©tale, celle visant Ă installer dans chacun des pays les conditions dâun travail dĂ©cent pour tous les travailleurs et travailleuses. Cet objectif se heurte Ă la rĂ©alitĂ© du travail dans les pays du âSudâ : une main-dâĆuvre soumise aux conditions imposĂ©es par les entreprises occidentales (faibles coĂ»ts de production, travaux souvent dangereux pour le travailleur et pour lâenvironnementâŠ). Les pays dits du âNordâ rencontreraient aujourdâhui diffĂ©rentes problĂ©matiques liĂ©es aux conditions de travail imposĂ©s aux travailleurs qui ont plusieurs consĂ©quences : risques psychosociaux, souffrances au travail, perte de sens au travail (MĂ©da et Vendramin, 2013 ; Khireddine-Medouni et al., 2016).
Prenant en compte ces deux rĂ©alitĂ©s, proposer un numĂ©ro thĂ©matique consacrĂ© Ă la question du « travail dĂ©cent » nous semble important dans la mesure oĂč le devenir des sociĂ©tĂ©s du âSudâ comme celles du âNordâ se trouve conditionnĂ© par lâinscription du travail dans une perspective humaniste rendue possible par la qualitĂ© du travail et de ses contextes dâexercice. DĂšs lors, comment se rĂ©approprier les conditions dâun travail qui soit dĂ©cent, Ă©thique et juste, et au-delĂ , comment interroger la double question de la nature et de lâessence mĂȘme du travail en pensant le travail comme Ă©mancipateur de lâhumain.
Les dĂ©sormais naissantes «âŻSciences de la formationâŻÂ» (numĂ©ro de la revue Phronesis Ă paraĂźtreâŻprochainement coordonnĂ© par HervĂ© Breton et JĂ©rĂŽme Eneau) convoquent le mĂ©ta-concept de professionnalisations (Hille et LabbĂ©, 2019) en tant que mouvement et processus complexe reliant lâHomme, la formation et le travail. Ce triptyque Ă©tudiĂ© depuis longtemps, mobilisant une grande variĂ©tĂ© de concepts, a conduit Ă admettre lâintrouvable relation entre formation et travail (Tanguy, 1986). En Ă©cho aux recherches montrant le caractĂšre salvateur du travail (Dejours et Delory-Momberger, 2010 ; Jacquot et al., 2019 ; Leblanc, 2006), les sciences de lâĂ©ducation et de la formation pensĂ©es comme une discipline discipline Ă part entiĂšre des sciences humaines et sociales ont soulignĂ© la dimension Ă©mancipatrice et Ă©thique de la formation (Broussal, 2019, Kheroufi-Andriot et al., 2024, LabbĂ©, 2021) et ont posĂ© la nĂ©cessitĂ© dâinterroger dâautres rapports au travail.
Prenant appui sur le renouvellement cyclique quasi permanent des modĂšles du travail (lire les travaux en sociologie des organisations, en sciences de gestion, en Ă©conomie industrielle, en histoire du travail et de lâindustrie, en ergonomie et en psychologie du travail) et compte tenu de la rĂ©cente crise sanitaire ayant conduit Ă remettre en question les allants-de-soi sur le travail, nous posons lâhypothĂšse selon laquelle nous arrivons potentiellement et possiblement Ă la fin dâun cycle : comment aujourdâhui proposer dâautres rapports au travail ? Comment transformer ce rapport au travail et in fine comment transformer le travail ? Comment utiliser la formation comme levier de transformation du rapport au travail et du travail (Verquin Savarieau et LabbĂ©, soumis ; Kheroufi-Andriot, 2023) ?
DĂšs lors, quelles perspectives inventer pour redonner au travail, et donc Ă la formation, le droit de repenser les nouveaux rapports au travailâŻ? Lâintention de cet appel Ă contributions est de donner Ă voir de quelle maniĂšre le travail, dans son articulation avec la formation, peut constituer le cĆur dâune rĂ©flexion Ă©thique et prospective (Jutras et LabbĂ©, 2022 ; LabbĂ©, 2021b) sur le travail et sur lâhumain. Car câest bien lâhumain qui crĂ©e le travail et qui installe un rapport critique et politique au travail (Breidenbach Cassagnes, Kheroufi-Andriot et LabbĂ©, 2024). Ce numĂ©ro vise lâambition de (rĂ©)interroger le continuum formation- travail (Zeichner, 2008) en plaçant la dimension Ă©thique des relations au travail comme centre de gravitĂ© dynamique de la rĂ©flexion sur le travail. Pour ce faire, nous proposons trois axes de contributions pouvant alimenter une rĂ©flexion auto-fĂ©conde en prenant appui sur le mĂ©ta-concept de professionnalisation.
Axe 1âŻ: Justice Ă©pistĂ©mique, autrement dit, le rapport Ă autrui dans le rapport au travail
Sans sous-estimer les recherches sur lâactivitĂ© du travail, sur le rapport au travail, sur les liens entre travail et formation, sans oublier les publications soulignant les oppositions entre pays du Nord et pays du Sud dans lâexercice du travail et dans les rapports de la population au travail, les oppositions entre employeurs et travailleurs dans leurs conceptions du travail, les oppositions entre les rĂ©alitĂ©s du travail chez les seniors versus les jeunes travailleurs, sans mettre de cĂŽtĂ© les questions des rapports dominants-dominĂ©s entre employeurs et salariĂ©s, ce projet de numĂ©ro thĂ©matique cherche Ă saisir autrement les diffĂ©rentes modalitĂ©s dâapprĂ©hension du travail et les diffĂ©rents modes de comprĂ©hension du travail (Allard et Bravo, 2020). Lâaxe 1 de ce numĂ©ro vise donc Ă interroger la finalitĂ© Ă©mancipatrice de la professionnalisation pensĂ©e dans un triple mouvement (homme-travail-formation) Ă partir du construit de « travail dĂ©cent ». Comment notamment repenser les modalitĂ©s dâorganisation du travail du point de vue de lâhumain, du point de vue des organisations de travail et du point de vue de la formation ? Ă quelles conditions un autre rapport Ă autrui contribue-t-il Ă transformer la conception du travail et le rapport au travail ? Pourquoi parler de justice Ă©pistĂ©mique dans le rapport au travail ?
Axe 2âŻ: Fonction Ă©mancipatrice des professions adressĂ©es Ă autrui, autrement dit le travail dĂ©cent comme Ă©picentre des formations aux mĂ©tiers de lâhumain
Il semble difficile de penser le travail sans penser la formation. Quelle formation souhaitons-nous et pour quel travail ? Comment installer dans tout parcours de formation lâidĂ©e mĂȘme de travail dĂ©cent ? Interroger le construit de travail dĂ©cent conduit aussi Ă questionner le caractĂšre dĂ©cent d’une formation et/ou les caractĂ©ristiques dâune Ă©ducation dĂ©cente (Duarte et al. 2019). Au regard des idĂ©aux portĂ©s par le projet Ă©ducatif, lâobligation de rĂ©sultats lâemporte parfois sur lâatteinte des conditions permettant de crĂ©er une formation au service des formĂ©s. Lâanalyse des parcours de formation, quelles que soient leurs dĂ©clinaisons organisationnelles et pĂ©dagogiques, conduisent parfois les dĂ©cideurs Ă interroger le caractĂšre dĂ©cent du dispositif proposĂ©. Des formations « maltraitantes », câest-Ă -dire des formations ne plaçant pas le formĂ© au cĆur du parcours de professionnalisation ne peuvent-elles pas impacter lâactivitĂ© de travail et plus profondĂ©ment le rapport du formĂ© au travail ? Ă l’inverse, des formations inspirantes ne peuvent-elles pas avoir des effets Ă©mancipateurs du sujet en contexte de travail ? La question du travail dĂ©cent est donc Ă poser dans une dialectique auto-fĂ©conde des rapports entre formation et travail (Amathieu et ChaliĂšs, 2020).
Axe 3âŻ: Ăthique du travail et au travail, autrement dit comment (re)penser la professionnalisation des formations et des mĂ©tiers adressĂ©s Ă autrui Ă partir de considĂ©rations Ă©thiques Ă propos du travail ? âŻ
DiffĂ©rentes publications se sont saisies ces derniĂšres annĂ©es des questions dâĂ©thique professionnelle (Jutras et LabbĂ©, 2013 ; 2022 ; Kheroufi-Andriot et al., 2024). En effet, les considĂ©rations Ă©thiques sont des espaces nous autorisant Ă redĂ©finir les rĂšgles et les procĂ©dures au travail (modalitĂ©s dâorganisation, de rĂ©alisation et dâĂ©valuation). Elles crĂ©ent aussi des espaces de dĂ©-libĂ©ration axiologiques capables dâimpacter les normes en vigueur, voire dâen crĂ©er de nouvelles. Des tiers-lieux, autres que la formation acadĂ©mique, quâelle soit initiale ou continue, se dĂ©veloppent aujourdâhui et aident Ă (re)penser le travail en situant les questions de travail dĂ©cent au cĆur des Ă©changes entre acteurs : dĂ©marches dâamĂ©lioration continue, groupes dâanalyses de pratiques, causeries, recherches-collaboratives, forum de discussion, etc.). Si lâon convoque les travaux de Sen (2012), peut-on penser Ă des âfacteurs de conversionâ, ouvrant sur des possibilitĂ©s de mobiliser des rĂ©flexions Ă©thiques par soi et pour soi au bĂ©nĂ©fice du collectif pour inventer dâautres parcours de professionnalisation (LabbĂ©, 2021 ; Marengo, 2022) que ces rĂ©flexions soient formelles, informelles, non conscientisĂ©es (Amathieu et al., sous presse), etc ? Comment « se professionnaliser au travail dĂ©cent » en mobilisant des rĂ©flexions Ă©thiques dans un nouveau rapport Ă lâautre et au collectif ?âŻ
En conclusion, ce numĂ©ro thĂ©matique invite Ă ouvrir la problĂ©matique du « travail dĂ©cent » dans une double perspective : nationale et internationale. Les diffĂ©rents textes devront inviter le lecteur Ă une rĂ©flexion sur les conditions nĂ©cessaires et requises pour panser et repenser un travail ET une formation « dĂ©centes » en soulignant notamment le lien humaniste et existentiel unissant travail et formation. En se rĂ©fĂ©rant au construit de « justice Ă©pistĂ©mique », cet appel Ă textes place lâaltĂ©ritĂ© comme une clĂ© dâanalyse et de comprĂ©hension des rapports entre travail et formation. Câest pourquoi la nĂ©cessaire prise en compte en formation et au travail de la dimension Ă©thique semble pertinente pour aider les acteurs Ă penser et panser la formation comme le travail Ă lâaune du qualificatif « dĂ©cent ». En posant le sujet au travail et/ou en formation dans une considĂ©ration Ă©thique, la lecture la professionnalisation proposĂ©e dans ce numĂ©ro se propose dâapprĂ©hender autrement les relations entre formation et travail.
Références bibliographiques⯠:
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Amathieu, J., ChaliĂšs, S. (2020). « Changement » et « innovation » : Essai dâintĂ©gration thĂ©orique au cĆur dâun programme de recherche menĂ© en anthropologie culturaliste. Ăducation et socialisation [En ligne], 55 | 2020, mis en ligne le 02 mars 2020, consultĂ© le 05 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/edso/9274.âŻ
Brandt, W. (1980). Nord Sud : un programme de survie ; rapport de la Commission indĂ©pendante sur les problĂšmes de dĂ©veloppement international. ĂGallimard.âŻ
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Zeichner, K. (2006). Reflections of a university-based teacher educator on the future of college and university based teacher education. Journal of Teacher Education, 57(3), 326- 340.âŻ
Calendrier prévisionnel :
- Publication de lâappel Ă textes : 2 mars 2025
- Transmission des résumés (1 page 1/2) aux coordonnateurs.trices : 20 juin 2025
- Retour aux auteurs.trices sur les résumés : 1er juillet 2025
- Transmission des textes par les auteurs.trices aux coordonnateurs.trices : 15 décembre 2025
- Transmission des textes aux évaluateurs.trices : 20 décembre 2025
- Retour des évaluations : 1er mars 2026
- Transmission des évaluations aux auteurs.trices : 10 mars 2026
- Transmission des textes révisés aux évaluateurs.trices et aux coordonnateurs.trices : 30 avril 2026
- Relecture des textes par les coordonnateurs.trices et lâĂ©quipe de la revue Phronesis : 31 mai 2026
- Publication : Début 2027
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
RÚgles générales :
Les auteurs.trices intéressés.es sont invités à soumettre leur résumé pour le 20 juin 2025 et le transmettre aux coordonnateurs.trices du numéro (et simultanément à la revue Phronesis en indiquant le titre du numéro thématique et au directeur de la revue).
olivier.kheroufi-andriot@ensfea.fr
Philippe.Maubant@USherbrooke.ca
Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs.trices sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : lâune anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils.elles sont invitĂ©s.es Ă indiquer :
- le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache;
- leur adresse électronique professionnelle exclusivement.
Ils.elles doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs.trices sont invitĂ©s.es Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
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Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
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FORMAT DâĂCRITURE :
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ĂCRITURE DES NOMBRES :
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- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (version francophone sans esperluette) :
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Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© quâelle ne soit pas articulĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
Les professions de la défense dans les sociétés occidentales contemporaines : enjeux (théoriques et pratiques) de professionnalisation
Numéro thématique coordonné par :
Camille ROELENS, Laboratoire de recherche Ăducation, Cultures, Politiques (EA 4571 ECP), UniversitĂ© Claude-Bernard, Lyon 1, France.
Argumentaire scientifique du numéro :
DĂšs le dĂ©but du XIXe siĂšcle, dans lâouvrage intitulĂ© De la dĂ©mocratie en AmĂ©rique, Alexis de Tocqueville â dont on connait lâacuitĂ© dans lâanalyse de la modernitĂ© dĂ©mocratique et la prescience quant Ă lâĂ©volution ultĂ©rieure des sociĂ©tĂ©s occidentales â Ă©crivait : « Lorsque le principe de l’Ă©galitĂ© [âŠ] se dĂ©veloppe [âŠ] les hommes [âŠ] se ressemblent [âŠ] en ce point qu’ils redoutent Ă©galement la guerre et conçoivent pour la paix un mĂȘme amour [qui] leur fait tomber l’Ă©pĂ©e des mains » (Tocqueville, 1835/1981, p. 345). Tocqueville problĂ©matisait ainsi en creux la maniĂšre dont le dĂ©ploiement moderne de lâindividualisme dĂ©mocratique pouvait influencer la façon dont les citoyens peuvent ou non se projeter dans lâhorizon de lâexercice militaire. Dâun autre cĂŽtĂ©, Tocqueville, sâil insistait beaucoup sur lâanalyse des dangers intĂ©rieurs susceptibles de peser sur les dĂ©mocraties modernes, ne nĂ©gligeait pas la question des dangers extĂ©rieurs, en posant notamment la question des outils de puissance propres aux dĂ©mocraties. Autrement dit, il proposait de dessiner une politique de dĂ©fense. Dans la perspective de Tocqueville, il est ainsi permis de penser que les Ă©volutions majeures inhĂ©rentes Ă la dynamique dĂ©mocratique occidentale telles que Tocqueville les analysait et qui ont inspirĂ© en cela de nombreux travaux ultĂ©rieurs en sciences humaines et sociales, peuvent aujourdâhui ĂȘtre rĂ©interrogĂ©es, dans des contextes contemporains oĂč la menace extĂ©rieure sur lesdites questions dĂ©mocratiques apparaĂźt comme plus importante, voire plus prioritaire et plus immĂ©diate quâil y a quelques dĂ©cennies, et Ă lâaune des enjeux de diffĂ©rents contextes gĂ©opolitiques favorisant le rĂ©armement et la remilitarisation de sociĂ©tĂ©s occidentales qui espĂ©raient depuis 1945 la fin des conflits militaires.
Lâobjectif de ce dossier thĂ©matique de la revue Phronesis est ainsi de contribuer Ă une rĂ©flexion sur les professions de la dĂ©fense en proposant dâĂ©tudier, de maniĂšre interdisciplinaire, multidimensionnelle et multirĂ©fĂ©rentielle, les enjeux de la professionnalisation dans ces professions (militaires mais pas seulement) du point de vue de lâĂ©ducation et de la formation. Quelles sont les conceptions de la dĂ©fense dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques Ă la lumiĂšre des dangers qui les guettent, quâil sâagisse de dangers extĂ©rieurs ou de dangers intĂ©rieurs, en particulier si nous pensons aux menaces terroristes ou aux menaces climatiques ?
Comment sommes-nous passĂ©s dâun modĂšle de formation militaire basĂ© sur la conscription de jeunes hommes, autrement dit dâune professionnalisation obligĂ©e Ă des modĂšles, aujourdâhui, de professionnalisation de petites cohortes mixtes de volontaires ? Quelles sont les caractĂ©ristiques de ces professions de la dĂ©fense composĂ©es principalement de militaires, mais aussi de policiers, de pompiers, ou de professionnels de la sĂ©curitĂ© civile ? En effet, ces professions de la dĂ©fense ne sont plus Ă restreindre aux seules professions militaires. Les policiers, chargĂ©s de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, les pompiers chargĂ©s de lutter contre les consĂ©quences de la menace climatique, les professionnels de la sĂ©curitĂ© civile sont amenĂ©s Ă intervenir auprĂšs de populations ayant Ă©tĂ© soumis Ă des phĂ©nomĂšnes souvent imprĂ©visibles, phĂ©nomĂšnes qui impactent leur intĂ©gritĂ© physique et psychologique.
Le recours Ă lâintervention de ces diffĂ©rents professionnels nĂ©cessite de sâattarder quelques instants sur leurs formations et sur leurs pratiques Ă la lumiĂšre des transformations de leurs missions, des Ă©volutions de la nature et des caractĂ©ristiques des menaces visant lâatteinte aux biens et de la variĂ©tĂ© des origines des menaces pesant sur la population. Plus largement, ce projet de numĂ©ro thĂ©matique permettra de revisiter sous un jour nouveau une question rĂ©currente des recherches en Ă©ducation et formation, Ă savoir celle de la conception de ce quâest lâhumain que lâon cherche Ă former, les destins possibles quâon lui imagine, et les ressources dont il faudra le doter pour ce faire. Nous nous proposons dâorganiser cette rĂ©flexion en trois axes, soulevant diverses problĂ©matiques.
Axe 1 : Professionnalisation et formes variées de la socialisation professionnelle
- Les transformations des missions confiĂ©es aux professionnels de la dĂ©fense impactent-elles les politiques Ă©ducatives, en particulier lâenseignement de lâĂ©ducation Ă la citoyennetĂ© et lâenseignement de lâhistoire ?
- Comment favoriser dans lâenseignement scolaire une rĂ©flexion sur lâhumain Ă partir des « Ă©ducations à » (Ă©ducation Ă la citoyennetĂ©, Ă©ducation Ă la paix, Ă©ducation Ă lâenvironnement) ?
- Le passage du modÚle de la conscription au modÚle du volontariat modifie-t-il la formation des professionnels de la défense, en particulier dans le contexte de la formation des militaires ?
- Comment les transformations des parcours de formation chez les professionnels de la dĂ©fense peuvent-elles intĂ©grer des dimensions Ă©thiques et dĂ©ontologiques et permettre dâacquĂ©rir de « bonnes pratiques » au service de la population ?
- LâĂ©volution des contextes sociaux dans lesquels interviennent les professionnels de la dĂ©fense modifie-t-elle leurs conceptions de la pratique professionnelle ?
Axe 2 : Professionnalisation, pratiques professionnelles et professionnalité
- Comment lâhistoire des professions de la dĂ©fense (histoire des armĂ©es, histoire des polices, histoire des pompiers et histoire de la protection civile), dâune part et les cultures professionnelles dâautre part, participent des transformations des identitĂ©s professionnelles dans ces professions ?
- De quelles maniĂšres les pratiques professionnelles dans ces professions se nourrissent des pratiques du care et des pratiques de la bienveillance?
- Les sciences de lâĂ©ducation et de la formation peuvent-elles constituer avec dâautres sciences spĂ©cifiques de ces professions un champ disciplinaire de rĂ©fĂ©rence soutenant les transformations des pratiques professionnelles ?
- Ă quelles conditions peut-on considĂ©rer que ces professions de la dĂ©fense sont reprĂ©sentatives de professions sâadressant Ă autrui ?
- Quels sont les liens entre les modÚles de formation supérieure constitutifs des parcours de professionnalisation dans ces professions de la défense et les conceptions des professionnels de la défense ?
Axe 3 : Professionnalisation et parcours de formation
- Comment penser des ingénieries renouvelées de la professionnalisation dans ces professions de la défense qui intÚgrent un triple rapport à la profession (vocation, mission, engagement) ?
- Quels sont les modÚles formatifs mobilisés dans les formations professionnelles (préparatoires et/ou continues) à ces professions de la défense ?
- Quels sont les invariants formatifs et pédagogiques des formations aux professions de la défense ?
- Dans quelles mesures la variété des parcours de professionnalisation dans ces professions de la défense reflÚte les distinctions et différences entre les différentes professions de la défense ?
Ce projet de numĂ©ro vise Ă Ă©tudier, analyser et comprendre les spĂ©cificitĂ©s des professions de la dĂ©fense, en particulier la profession de militaire (mais pas seulement) Ă lâaune des enjeux de professionnalisation, touchant tout autant les Ă©volutions affectant ces professions que les transformations des parcours de formation qui y prĂ©parent. Au-delĂ des imaginaires sur ces professions nourris des Ćuvres reprĂ©sentatives de lâhistoire culturelle des sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques, ce projet de numĂ©ro a pour ambition dâidentifier les questions vives de la professionnalisation concernant ces professions.
Nous invitons les chercheurs et chercheurs ayant pour objet de recherche ces professions de la défense à répondre favorablement à cet appel à textes.
Bibliographie indicative :
Aron, R. (1962/2004). Paix et guerre entre les nations. Calmann-Lévy.
Baecheler, J., Holeindre, J.-V. (2014). (Dir.). Guerre et politique. Hermann.
Baranets, Ă. (2017). Comment perdre une guerre. Une thĂ©orie du contournement dĂ©mocratique. CNRS Ăditions.
Born, P. (2024). Une approche genrĂ©e de sĂ©lection au cours des premiĂšres annĂ©es dâengagement chez les sapeurs-pompiers volontaires. Note de synthĂšse. Savoirs, 65(2), 43-58.
Bourgois, P. (2023). Le néoconservatisme américain. La démocratie pour étendard. Presses Universitaires de France.
Chéron, B. (2018). Le soldat méconnu. Les Français et leurs armées : état des lieux. Armand Colin.
Desmons, E. (2001). Mourir pour la patrie ? Presses universitaires de France.
Drévillon, H., Wieviorka, O. (2018/2021). (Dir.). Histoire militaire de la France. I. Des Mérovingiens au Second Empire. MinistÚre des Armées / Perrin.
Drévillon, H., Wieviorka, O. (2018/2022). (Dir.). Histoire militaire de la France. II. De 1870 à nos jours. MinistÚre des Armées / Perrin.
Fournier, Ă. et Houte, A.-D. (2023). (Dir.). Ă bas l’armĂ©e ! L’antimilitarisme en France du XIXe siĂšcle Ă nos jours. Ăditions de la Sorbonne.
Gautier, A. (2020). PrĂ©vention des risques : de l’urgence de l’action Ă l’analyse des situations. Ăducation permanente, 224, 97-104.
Goya, M. (2014/2019). Sous le feu. La mort comme hypothĂšse de travail. Taillandier.
Goya, M. (2019). S’adapter pour vaincre. Comment les armĂ©es Ă©voluent. Perrin.
Goya, M. (2022). Le temps des guépards. La guerre mondiale de la France. De 1961 à nos jours. Tallandier.
Hanson, V. D. (1989/1990). Le modĂšle occidental de la guerre. Les Belles Lettres.
Holeindre, J.-V., Murat, G. (2012). (Dir.). La démocratie et la guerre au XXIe siÚcle. De la paix démocratique aux guerres irréguliÚre. Hermann.
Irondelle, B. (2011). La réforme des armées en France. Sociologie de la décision. Presses de Sciences Po.
Jakubowski, S. (2021). Les transformations institutionnelles de l’action publique : armĂ©es, enseignement supĂ©rieur et enseignement scolaire. Contribution Ă la sociologie des organisations. L’Harmattan.
Lipovetsky, G. (1992). Le crĂ©puscule du devoir. L’Ă©thique indolore des nouveaux temps dĂ©mocratiques. Gallimard.`
Mailfait, P.-A. (2002). la formation professionnelle des policiers. Revue française d’administration publique, 104(4), 625-638.
Mansfield, H. C. (2006/2018). VirilitĂ©. Ăditions du Cerf.
Mayeur, F. (2004). Histoire de l’ensegnement et de l’Ă©ducation III. 1789-1930. Tempus Perrin.
Merchet, J.-D. (2024). Sommes-nous prĂȘts pour la guerre ? L’illusion de la puissance française. Robert Laffont.
Motte, M., Soutou, G.-H., De Lespinois, J., Zajec, O. (2018/2023). La Mesure de la force. TraitĂ© de stratĂ©gie de l’Ăcole de guerre. Taillandier.
Parker, G. (1988-1993). La rĂ©volution militaire. La guerre et l’essor de l’Occident, 1500-1800. Gallimard.
Prost, A. (1981/2004). Histoire de l’enseignement et de l’Ă©ducation. Tome IV. Depuis 1930. Perrin.
Renaut, A., Lauvau, G. (2020). La Conflictualisation du monde au XXIe siĂšcle. Une approche philosophique des violences collectives. Odile Jacob.
Roelens, C. (2023). Pierre Schoendoerffer, sentinelle et pĂ©dagogue. Approche philosophique, enjeux Ă©ducatifs et formatifs. Penser l’Ă©ducation, 53, 125-137.
Saint-Fuscien, E. (2022). L’Ăcole sous le feu. Janvier et novembre 2015. PassĂ©s ComposĂ©s.
Schnapper, D. (2017). De la démocratie en France. République, nation, laïcité. Odile Jacob.
Tocqueville, A. d. (1835/1981). De la Démocratie en Amérique (tome 1). Garnier-Flammarion.
Tocqueville, A. d. (1840/1981). De la Démocratie en Amérique (tome 2). Garnier-Flammarion.
Walzer, M. (1977/2006). Guerres justes et injustes. Gallimard.
Calendrier prévisionnel :
- Publication de lâappel Ă textes : 24 fĂ©vrier 2025
- Transmission des résumés (1 page 1/2) au coordonnateur : 10 mai 2025
- Retour aux auteurs sur les résumés : 25 mai 2025
- Transmission des textes par les auteurs au coordonnateur : 31 octobre 2025
- Transmission des textes aux évaluateurs : 10 novembre 2025
- Retour des évaluations : 15 janvier 2026
- Transmission des évaluations aux auteurs : 31 janvier 2026
- Transmission des textes révisés aux évaluateurs et au coordonnateur : 15 avril 2026
- Relecture des textes par le coordonnateur et lâĂ©quipe de la revue Phronesis : mai 2026
- Publication : Automne 2026
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
RÚgles générales :
Les auteurs intéressés sont invités à soumettre leur résumé pour le 10 mai 2025 et le transmettre au coordonnateur du numéro (et simultanément à la revue Phronesis en indiquant le titre du numéro thématique et au directeur de la revue).
Philippe.Maubant@USherbrooke.ca
Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : lâune anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă indiquer :
- Le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- Leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache;
- Leur adresse électronique professionnelle exclusivement.
Ils doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (rubrique « propriĂ©tĂ©s du document », rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
Pour tout message avec lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.
Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de lâAmerican Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français par la revue Phronesis pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa.
La longueur de chaque chapitre sera de 90 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie.
Les textes sont présentés à interligne simple.
La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).
PRĂSENTATION DES FIGURES, SCHĂMAS ET DES TABLEAUX :
- Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă un maximum dâun par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma. Aucune annexe ne peut sâajouter au texte.
- Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
- Les auteurs indiquent dans le texte lâemplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă la composition de ces documents.
- LâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă la comprĂ©hension de lâargumentaire.
HIĂRARCHISATION DES TITRES :
- Trois niveaux de titre sont permis.
- Numéroter les titres et les sous-titres afin de bien en préciser la hiérarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).
FORMAT DâĂCRITURE :
- Utiliser lâitalique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres dâouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
- Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.
ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
- Ă partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; sâils sont au dĂ©but dâune phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (version francophone sans esperluette) :
https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© quâelle ne soit pas articulĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
La relation Ăcole/Famille peut-elle ĂȘtre heureuse ? Effets sur lâagir professionnel des enseignants.es et sur la professionnalisation de cette relation
Numéro thématique coordonné par :
Alain JAILLET, Laboratoire de recherche Bien-ĂȘtre Organisation NumĂ©rique HabitabilitĂ© Ăducation UniversalitĂ© Relations (EA 7517-BONHEUR), UniversitĂ© de Cergy Pontoise, France.
Laurent JEANNIN, Laboratoire Bien-ĂȘtre Organisation NumĂ©rique HabitabilitĂ© Ăducation UniversalitĂ© Relations EA 7517 (BONHEUR), UniversitĂ© de Cergy Pontoise, France.
BĂ©atrice MABILON-BONFILS, Laboratoire Bien-ĂȘtre Organisation NumĂ©rique HabitabilitĂ© Ăducation UniversalitĂ© Relations EA 7517 (BONHEUR), UniversitĂ© de Cergy Pontoise, France.
Argumentaire scientifique du numéro :
« Entre parents et enseignants : un dialogue impossible ? » ont Ă©crit Philippe Perrenoud et ClĂ©opĂątre Montandon en 1994. Aujourdâhui l’Ăcole est devenue centrale dans la vie quotidienne des enfants et donc des familles. La famille transmet des savoirs, des savoir-faire et des valeurs qui sont essentiels Ă la rĂ©ussite scolaire. Selon les textes, parents et enseignants sont supposĂ©s collaborer harmonieusement pour le plus grand bien des enfants (Smrekar et Cohen-Vogel, 2001). Leur dialogue devrait ĂȘtre permanent et ouvert. Pourtant, il est parfois difficile, souvent fragile voire inexistant.
La rĂ©cente crise sanitaire a ravivĂ© les questionnements autour de la forme scolaire des sociĂ©tĂ©s trans-modernes (Mabilon-Bonfils, 2018), et plus particuliĂšrement autour de la relation entre parents et enseignants : a-t-on vĂ©cu Ă cette occasion les prĂ©mices dâune nouvelle relation entre les parents et les enseignants ? Confiner chez eux les acteurs de lâĂ©cole a en effet dĂ©placĂ© vers les familles le centre de gravitĂ© habituel de lâenseignement. Les adaptations suscitĂ©es prĂ©figurent-elles des modifications substantielles dans lâorganisation des apprentissages scolaires (Ria et Rayou, 2020) et surtout dans les relations Ăcole/Famille ? Plus prĂ©cisĂ©ment, le confinement a-t-il changĂ© le regard des parents portĂ© sur les enseignants et rĂ©ciproquement le regard des enseignants portĂ© sur les parents sâest-il modifiĂ© ?
Il ne sâagit pas cependant dâune question inĂ©dite que celle des interactions entre les professionnels de lâĂ©ducation et les parents dâĂ©lĂšves (Horvat et alii, 2002). Les relations famille-Ă©cole ont fait en effet lâobjet dâun intĂ©rĂȘt croissant, notamment dans les pays occidentaux au cours des derniĂšres dĂ©cennies, en raison de la mise en agenda des questions dâinclusion. Les diffĂ©rentes propositions dâune Ă©ducation inclusive visent Ă rĂ©pondre Ă diffĂ©rents constats : Ă©largissement de la diversitĂ© socio-culturelle du public scolaire ; prise en compte des Ă©lĂšves Ă besoins particuliers ; allongement de la scolarisation ; rĂ©activation de lâidĂ©al dâĂ©galitĂ© des chances qui traversent les objectifs affichĂ©s des politiques publiques. En France, dans le rĂ©fĂ©rentiel du 25 juillet 2013 portant sur les compĂ©tences des enseignants, les enseignants sont enjoints de coopĂ©rer avec les enseignants. Au QuĂ©bec, le rĂ©fĂ©rentiel de 2020, dans sa partie 1, [alinĂ©a 1.4.] prĂ©cise que les enseignants doivent prendre en considĂ©ration la diversitĂ© des structures familiales de mĂȘme que les spĂ©cificitĂ©s des peuples autochtones.
Mais, explicitement attendus comme compĂ©tences des enseignants de demain, les processus de professionnalisation de cette relation Ăcole-Famille, sâorganisent cependant Ă la marge dans les cursus de formation initiale. Câest donc au titre des relations humaines, de la construction dâun rapport qui est voulu symĂ©trique par les instructions officielles mais qui ne peut pas vraiment lâĂȘtre dans la rĂ©alitĂ©, quâune forme dâautodidaxie des enseignants structure la professionnalisation de cette relation avec les familles. Les directions dâĂ©tablissement sont quant Ă elles plus administrativement encadrĂ©es dans cette relation entre les familles et lâĂ©tablissement. Comme souvent lorsquâil sâagit de lâĂcole, les enseignants doivent mettre en Ćuvre une cohabitation continue avec lâĂ©lĂšve en ayant pour objectif de rĂ©ussir le projet universel dâĂ©duquer, dans la mesure oĂč il reprĂ©sente une institution (lâĂcole) Ćuvrant au service de la sociĂ©tĂ©, tout en accompagnant et en cherchant Ă valoriser le potentiel de chaque Ă©lĂšve.
De rĂ©cents faits de sociĂ©tĂ©, consĂ©quences rĂ©itĂ©rĂ©es dâactes de harcĂšlement, interrogent la professionnalitĂ© des enseignants, et tout particuliĂšrement lâagir professionnel. Or, câest souvent dans lâinstant et avec dĂ©sarroi que lâenseignant doit rĂ©agir face Ă des problĂ©matiques de comportement social (qui sâexpriment chez les Ă©lĂšves mais aussi chez les parents) alors que sa formation, et le mandat quâil a reçu, le conduisent Ă se centrer prioritairement sur la transmission des savoirs. De plus, lâenseignant peut se trouver directement impliquĂ© dans une situation de harcĂšlement comme lâillustre notamment le film rĂ©cent « Pas de vagues » tirĂ© dâun cas vĂ©cu par le rĂ©alisateur. NĂ©anmoins, il convient de ne pas minorer les cas dâenseignants exprimant des paroles considĂ©rĂ©es par lâĂ©lĂšve comme blessantes, dĂ©valorisantes voire « rabaissantes » (Merle, 2012), ces paroles pouvant constituer chez lui lâĂ©lĂ©ment dĂ©clencheur de grandes souffrances (Mabilon-Bonfils, 2011). Dans le parcours de professionnalisation dâun enseignant, ne conviendrait-il pas dâinclure des situations formatives permettant de renforcer chez lâenseignant novice des compĂ©tences dâauto-contrĂŽle ? Se former Ă la relation Famille-Ăcole, câest la vivre au quotidien dans lâĂcole, parfois aussi hors-lâĂcole, pas seulement comme individu mais aussi et surtout professionnel de lâadresse Ă autrui.
Les processus de professionnalisation des enseignants se trouvent aussi questionnĂ©s dans la mesure oĂč des compĂ©tences spĂ©cifiques permettant la gestion de ces problĂ©matiques semblent apprises et construites tout autant sur le mode dâune autoformation que sur le mode dâune transmission de techniques voire de ficelles de mĂ©tiers via les pairs et plus gĂ©nĂ©ralement via communautĂ© Ă©ducative. Dans lâespace Ă©ducatif, la problĂ©matique de la relation enseignants-parents est soumise Ă une injonction paradoxale. Dâune part, lâinstitution scolaire, par les processus de professionnalisation quâelle dĂ©ploie dans le cadre de la formation Ă lâenseignement attend des enseignants la maĂźtrise de compĂ©tences professionnelles apprises dans les Ă©tablissements post-secondaires (universitĂ©s ou Ă©coles professionnelles). Or si ces compĂ©tences participent dâune professionnalitĂ© Ă construire, elles se construisent aussi dans lâinformel, par compagnonnage, par Ă©preuve rencontrĂ©e et par crises dĂ©passĂ©es voire rĂ©solues. Or face Ă la violence de ces phĂ©nomĂšnes constatĂ©s dans lâĂ©tablissement mais aussi dans son pĂ©rimĂštre restreint, il convient de revisiter les processus de professionnalisation permettant de construire des compĂ©tences de haut niveau dans le domaine de la gestion de problĂ©matiques sociales tout en prenant en compte les solutions inventĂ©es au cas par cas.
Les relations Ăcole/Famille sont loin dâavoir toujours Ă©tĂ© harmonieuses (Migeot-Alvarado, 2000) et ne vont pas de soi (PĂ©rier, 2019). Les chercheurs parlent dâun malentendu entre enseignants et parents (Thin, 1998) voire, Ă lâinstar de Lorcerie (2002), soutiennent que ce « dĂ©saccordement » entre les familles et lâĂ©cole ne serait pas conjoncturel mais structurel.
Parmi lâensemble des compĂ©tences quâun enseignant doit maĂźtriser et dĂ©velopper, les compĂ©tences relationnelles constituent aujourdâhui des compĂ©tences essentielles permettant dâinstaurer des relations harmonieuses avec les parents. Ces compĂ©tences relationnelles sont au cĆur dâune nouvelle professionnalitĂ© qui sâĂ©laborera moins dans le cadre de la formation initiale que dans la mise en acte au quotidien de cette relation avec les parents. Or, cette relation peut se vivre Ă bas bruit comme elle peut se rĂ©vĂ©ler avec force lors de « crises » de relation pouvant aller de lâincomprĂ©hension mutuelle Ă lâopposition radicale. Dans cette perspective, cette tension entre les parents et les enseignants peut aussi rĂ©vĂ©ler une finalitĂ© idĂ©ologique et politique comme peut lâillustrer en France le mouvement « parents vigilants », Ă©manation dâun parti politique.
Dans ces contextes de tensions potentielles avec les familles, les enseignants sont conduits Ă rĂ©interroger les Ă©lĂ©ments constitutifs de leur professionnalitĂ© dâĂ©ducateur. Ils sont tenus de porter les discours de lâinstitution quâils reprĂ©sentent mĂȘme sâils se trouvent ĂȘtre en dĂ©saccord avec les politiques Ă©ducatives dĂ©ployĂ©es. DĂšs lors, ils peuvent se trouver en difficultĂ© face Ă des parents qui ne perçoivent pas toujours chez lâenseignant ce statut de porteur dâinstructions officielles fondĂ©es sur la Loi et sur son respect. Certaines activitĂ©s conduites avec les parents (sorties scolaires, fĂȘtes dâĂ©coleâŠ) constituent des occasions permettant de dĂ©passer les malentendus, les idĂ©es reçues et de possibles dĂ©saccords sur les missions de lâĂcole. Ces activitĂ©s sont susceptibles de contribuer Ă une nouvelle professionnalitĂ© enseignante intĂ©grant une vision commune et partagĂ©e de lâĂducation (et de ses conditions de mises en Ćuvre et de rĂ©ussite) voire permettre lâĂ©mergence de formes de co-Ă©ducation entre enseignants et parents, comme nous pouvons le constater dans les pratiques quotidiennes des Ă©coles alternatives au QuĂ©bec.
Ce numĂ©ro thĂ©matique propose dâĂ©tudier les effets de relations plus heureuses entre enseignants et parents du point de vue des pratiques professionnelles des acteurs concernĂ©s (Axe 1) et du point de vue des pratiques organisationnelles des Ă©tablissements scolaires (Axe 2) :
Du cĂŽtĂ© des pratiques professionnelles des diffĂ©rents intervenants Ă©ducatifs (directions dâĂ©tablissement, conseillers principaux dâĂ©ducation, conseillers dâorientation-psychologues, infirmiĂšres scolaires, surveillants, assistants dâĂ©ducation, travailleurs sociaux) :
- Quelles pratiques professionnelles penser et mettre en Ćuvre pour inscrire dans lâĂcole une relation plus heureuse Enseignants-Parents ?
- Dans quelles mesures et Ă quelles conditions le travail Ă©ducatif se trouve-t-il impactĂ© par le renouveau souhaitĂ© voire nĂ©cessaire des relations Ăcole-Famille ?
- Lâintervention Ă©ducative (et socio-Ă©ducative) se doit-elle dâĂȘtre repensĂ©e dans un contexte de refondation des relations Ăcole-Famille ?
- Lâadresse Ă autrui peut-elle se reconfigurer voire ĂȘtre co-mise en Ćuvre Ă lâaune dâune relation plus heureuse entre parents et enseignants ?
- Une relation plus heureuse entre parents et enseignants impacte-t-elle les processus de professionnalisation des enseignants et in fine, leur professionnalité ?
- Une relation plus heureuse entre parents et enseignants peut-elle permettre de redessiner le principe dâune collaboration instituĂ©e Ăcole-Familles ?
Du cĂŽtĂ© de lâĂ©tablissement :
- Des relations plus heureuses entre lâĂcole et les familles supposent-elles des prĂ©alables concernant les reprĂ©sentations (voire les transformations) des statuts, des missions et des fonctions des diffĂ©rents acteurs de la communautĂ© Ă©ducative ?
- Le dĂ©veloppement de relations plus heureuses entre lâĂcole et les familles conduit-il Ă repenser et Ă reconnaĂźtre les rĂŽles dâautres acteurs Ă©ducatifs (professionnels et non professionnels) ?
- Dâautres modalitĂ©s organisationnelles dans lâĂ©tablissement et autour de lâĂ©tablissement (incluant notamment dâautres pratiques Ă©valuatives) sont-elles requises pour mettre en Ćuvre des relations plus heureuses entre lâĂcole et les familles ?
- Que penser des expériences de co-éducation à la lumiÚre de ces relations plus heureuses souhaitées entre parents et enseignants ?
- Sur quels leviers et quels dispositifs sâappuyer pour des relations Ăcole/Famille plus heureuses ?
Les auteurs sont invitĂ©s Ă inscrire leur proposition dans lâun ou lâautre de ces deux axes.
Références bibliographiques indicatives :
Horvat, E.M., Weininger, E. B., Lareau, A. L. (2002). From social ties to social capital: Class differences in the relations between schools and parent networks. American Educational Research Journal, 40(2), 319-351.
Lahire, B (1998). La rĂ©ussite scolaire en milieux populaires ou les conditions sociales dâune schizophrĂ©nie heureuse Ville-Ăcole-IntĂ©gration, n° 114, septembre 1998.
Lorcerie, F Cavallo, D. (2002), Les relations entre familles populaires et Ă©cole. Les cahiers millĂ©naires, 3, Ăducation et mode de vie, 3(24), 5-24.
PĂ©rier, P. (2019). Des parents invisibles. LâĂ©cole face Ă la prĂ©caritĂ© familiale. Presses universitaires de France.
Mabilon-Bonfils B. (2018), LâĂ©cole est finie ! LâĂšre trans-moderne du savoir-relation et la fin de la transmission ? Ăducation et socialisation [En ligne], 47 | 2018. URL : http://journals.openedition.org/edso/2862.
Mabilon-Bonfils B. (2011), Les Ă©lĂšves souffrent-ils Ă l’Ă©cole ? Des souffrances scolaires « ordinaires » qui ne peuvent se dire. Adolescence 2011/3 (T. 29 n°3), 637-664.
Merle P. (2012). L’Ă©lĂšve humiliĂ©. L’Ă©cole, un espace de non-droit ? Presses universitaires de France.
Migeot-Alvarado, J. (2000). La relation Ă©cole-familles : âPeut mieux faireâ. ESF.
Montandon, C., Perrenoud, P. (1994). (Dir.). Entre parents et enseignants : un dialogue impossible ? Peter Lang.
Ria L., Rayou P. (2020) La forme scolaire en confinement : enseignants et parents Ă lâĂ©preuve de lâenseignement Ă distance. Formation et profession, 28(4), NumĂ©ro spĂ©cial.
Smrekar, C., Cohen-Vogel, L. (2001). The voices of parents: Rethinking the intersection of family and school. Peabody Journal of Education, 76(2), 75-100.
Thin, D. (1998). Quartiers Populaires. L’Ăcole et les Familles. Presses universitaires de Lyon.
Calendrier prévisionnel (pour une parution en 2026) :
- Appel à textes et diffusion dans les réseaux : 2 mai 2024
- Transmission dâune proposition dâarticle sous la forme dâun rĂ©sumĂ© (1 page 1/2 Ă 2 pages) par lâauteur aux coordonnateurs du numĂ©ro au plus tard pour le 20 dĂ©cembre 2024
- Transmission par les coordonnateurs Ă lâauteur de la rĂ©ponse Ă la proposition dâarticle : 15 janvier 2025
- Transmission de lâarticle par lâauteur aux coordonnateurs du numĂ©ro au plus tard pour le 15 juin 2025
- Transmission des textes aux Ă©valuateurs par lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue Phronesisau plus tard pour 30 juin 2025
- Retours des évaluations transmises aux coordonnateurs du numéro avec en copie le directeur de la revue au plus tard pour le 15 septembre 2025
- Transmission par le Comité éditorial de la revue Phronesis de la grille de synthÚse des évaluations aux auteurs au plus tard pour le 30 septembre 2025
- Transmission des textes révisés aux coordonnateurs du numéro avec en copie le directeur de la revue au plus tard pour le 30 novembre 2025
- Décision du Comité éditorial de la revue Phronesis (en collaboration avec les coordonnateurs du numéro) : 15 décembre 2025
- Publication envisagée : 2026
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
RÚgles générales :
Les auteurs intéressés sont invités à soumettre leur résumé pour le 20 décembre 2024 et le transmettre aux coordonnateurs du numéro :
Alain Jaillet
Laurent Jeannin
Béatrice Mabilon-Bonfils
beatrice.mabilon-bonfils@wanadoo.fr
et simultanément à la revue Phronesis (en indiquant dans le message le titre du numéro thématique) :
Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : lâune anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă indiquer :
- Le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- Leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache ;
- Leur adresse électronique professionnelle exclusivement.
Ils doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie, mais Ă©galement dans certaines rubriques de Word [propriĂ©tĂ©s du document]). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, des schĂ©mas et des figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
Pour tout message avec lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.
Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de lâAmerican Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
La longueur de chaque chapitre sera de 90 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie.
Les textes sont présentés à interligne simple.
La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).
PRĂSENTATION DES FIGURES, SCHĂMAS ET DES TABLEAUX :
- Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă un maximum dâun par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
- Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
- Les auteurs indiquent dans le texte lâemplacement des schĂ©mas, des tableaux et/ou des figures Ă insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă la composition de ces documents.
- LâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă la comprĂ©hension de lâargumentaire.
HIĂRARCHISATION DES TITRES :
- Trois niveaux de titre sont permis.
- Numéroter les titres et les sous-titres afin de bien en préciser la hiérarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).
FORMAT DâĂCRITURE :
- Utiliser lâitalique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres dâouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
- Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.
ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
- Ă partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; sâils sont au dĂ©but dâune phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (version francophone sans esperluette) :
https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© impĂ©rativement quâelle ne soit pas articulĂ©e ou liĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
MultimodalitĂ© dans la communication pour l’agir professionnel : repĂ©rages et analyses
Numéro thématique coordonné par :
Muriel Grosbois, Laboratoire Formation et apprentissage (FoAP), CNAM, Paris, France.
Naouel Zoghlami, Laboratoire Formation et apprentissage (FoAP), CNAM, Paris, France.
naouel.zoghlamiterrien@lecnam.net
Avec la collaboration de Laurent Veillard, EDUTER, AGROSUP, Dijon, France et Jean-Marie Barbier, Laboratoire Formation et apprentissage (FoAP), CNAM, Paris, France :
laurent.veillard@agrosupdijon.fr
Appel Ă textes : CLOS
Les nouveaux défis de la professionnalisation en formation des enseignants.es
Numéro coordonné par :
Bernard Wentzel, Université Laval, Québec, Canada
Josée-Anne Gouin, Université Laval, Québec, Canada
Joséphine Mukamurera, Université de Sherbrooke, Canada
Ărick Falardeau, UniversitĂ© Laval, QuĂ©bec, Canada
Argumentaire scientifique :
Les formations Ă lâenseignement ne cessent dâĂ©voluer. Quoi de plus normal, dirons-nous, puisque la recherche en Ă©ducation y consacre une part non nĂ©gligeable de ses activitĂ©s et le travail rĂ©el des professions de lâenseignement continue lui-mĂȘme Ă Ă©voluer. Cela justifie pĂ©riodiquement certains changements dans les processus de dĂ©veloppement professionnel et de qualification des individus. Comment les formations Ă lâenseignement sâadaptent-elles Ă certains changements ou contribuent Ă les initier en Ă©ducation ? Comment contribuent-elles aux Ă©volutions des professions elles-mĂȘmes ?
Voici deux questions bien vastes dont la pertinence ne saurait supporter lâabsence de clarifications. Pour cela, inscrivons-nous donc dans le champ de la professionnalisation tout en prenant acte des nombreux bilans sur les limites ou les promesses ratĂ©es de ce mouvement international. Le travail scientifique sur les formations Ă lâenseignement ne sâarrĂȘte bien Ă©videmment pas aux constats et aux bilans critiques Ă nâen plus finir.
Ă lire les travaux de lâOCDE des vingt derniĂšres annĂ©es sur la profession enseignante, il semblerait exister une forme de consensus (certes peu contraignant, mais bien rĂ©el et se reflĂ©tant dans les comparaisons internationales) en ce qui concerne le niveau, les exigences et la durĂ©e des formations. Le mouvement de professionnalisation devait apporter une certaine stabilitĂ©, grĂące Ă lâuniversitarisation impliquant lâacadĂ©misation et la scientifisation des filiĂšres de formation. Environ quatre annĂ©es pour une formation Ă lâenseignement menant Ă une qualification, lâobtention dâun titre universitaire connectĂ© au travail rĂ©el (notamment par lâalternance, la rĂ©fĂ©rentialisation des compĂ©tences ou encore lâaccompagnement se substituant au compagnonnage), une place importante pour la recherche et les savoirs quâelle produit dans la formation des futurs professionnels, des modĂšles de professionnalitĂ© et de dĂ©veloppement professionnel en rupture avec une approche techniciste de lâactivitĂ©.
Ces quelques Ă©lĂ©ments constitutifs dâune formation professionnalisante ont intĂ©grĂ© un rĂ©fĂ©rentiel et une rhĂ©torique de la professionnalisation ayant justement fait lâobjet de ce consensus au cours des trente derniĂšres annĂ©es, au sens dâune rencontre ou dâun point dâĂ©quilibre entre des aspirations multiples (politiques, professionnelles, sociĂ©tales, scientifiques et pĂ©dagogiques). Ces dimensions ont assurĂ©ment constituĂ© un terrain fertile Ă lâinnovation, notamment pour des formateurs-chercheurs en Ă©ducation qui ont dĂ©veloppĂ© des pratiques et surtout des dispositifs visant Ă rĂ©unir la recherche et lâingĂ©nierie en formation, au service du dĂ©veloppement professionnel des individus. Aujourdâhui, de nouveaux changements sâimposent aux formations, et le rĂ©fĂ©rentiel de professionnalisation ne constitue plus un cadre de rĂ©fĂ©rence irrĂ©futable.
La thĂšse gĂ©nĂ©rale qui sous-tend ce projet rĂ©dactionnel est celle dâun dĂ©litement du consensus sur les dimensions incontournables de la professionnalisation pour diverses raisons mĂ©ritant dâĂȘtre rappelĂ©es, afin de documenter et interprĂ©ter les changements qui traversent les formations et les professions de lâenseignement.
Quelques constats en lien avec lâĂ©tat des lieux sur la professionnalisation
Le risque de pĂ©nurie dâenseignants
La premiĂšre raison de ce dĂ©litement concerne le renouvellement sans prĂ©cĂ©dent de la population enseignante et le besoin de main-dâĆuvre qualifiĂ©e Ă lâĂ©chelle mondiale. Ce phĂ©nomĂšne dĂ©passe de loin lâattractivitĂ© de la profession et les capacitĂ©s de certification des institutions universitaires de formation dans de nombreux pays. Dans certains contextes, notamment au QuĂ©bec, il semblerait que lâurgence dâune rĂ©ponse politique passe par une remise en question du modĂšle universitaire de formation des enseignants qui sâest imposĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies. Lâintention de rĂ©duire de maniĂšre significative la durĂ©e des formations demeure encore marginale, mais apparaĂźt dans certains contextes.
Le défi de la persévérance
Lâattrition en formation puis le dĂ©crochage professionnel sont devenus des phĂ©nomĂšnes inquiĂ©tants parce quâil peuvent mettre en pĂ©ril des acquis de la professionnalisation et mĂȘme la qualitĂ© de nos systĂšmes Ă©ducatifs. Il nous semble pertinent de mettre en Ă©vidence le dĂ©fi de la persĂ©vĂ©rance. Osons interroger la cohĂ©rence des formations Ă lâenseignement et leurs capacitĂ©s Ă attirer, retenir et prĂ©parer au mieux les futurs enseignants Ă sâinsĂ©rer professionnellement et Ă faire face Ă la complexitĂ© du travail rĂ©el. LâidĂ©e prometteuse de dĂ©veloppement professionnel tout au long de la vie semble surtout devenue une injonction dâadaptabilitĂ© au changement et Ă lâalourdissement constant des tĂąches. MarquĂ©e idĂ©ologiquement et plus ou moins associĂ©e Ă la reddition de comptes, elle nâest pas forcĂ©ment Ă mĂȘme de rĂ©pondre Ă des enjeux de rĂ©tention des professionnels qualifiĂ©s ou au phĂ©nomĂšne dâĂ©puisement professionnel.
Lâexpertise et le prestige des professions de lâenseignement en dĂ©bat
La rhĂ©torique de professionnalisation avait recueilli lâadhĂ©sion des groupes professionnels parce quâelle contenait la promesse dâune revalorisation de leur position sociale, dâun renforcement de lâautonomie professionnelle reposant notamment sur lâexclusivitĂ© dâune expertise acquise en formation, et dâune amĂ©lioration des conditions de travail. De nombreuses Ă©tudes semblent sâaccorder aujourdâhui, dans diffĂ©rents contextes, pour mettre en Ă©vidence une dĂ©gradation des conditions de travail, de lâautonomie professionnelle et du prestige de la profession. Ces constats sont dâautant plus inquiĂ©tants dans une pĂ©riode renouvellement sans prĂ©cĂ©dent de la profession enseignante.
Nous ciblons donc certains constats dĂ©clinĂ©s sous la forme de problĂ©matiques, dĂ©fis ou enjeux actuels et futurs. Ils servent de point dâappui pour canaliser les thĂ©matiques et questions vives que nous souhaitons aborder dans ce dossier. Les changements quâils provoquent ou impliquent (innovations, adaptations, mutations, dĂ©litement, etc.) concernent deux dimensions de la professionnalisation qui sont Ă©troitement liĂ©es, mais que nous proposons de distinguer pour structurer le prĂ©sent dossier : la formation et la profession.
ThÚmes et questionnements prioritaires dans le dossier thématique
Les formations Ă lâenseignement
Tout dâabord, les dĂ©fis de la pĂ©nurie et de la persĂ©vĂ©rance en enseignement impliquent probablement des rĂ©ponses convaincantes de la part des institutions de formation pour ne « perdre » certains acquis de la professionnalisation en termes de durĂ©e, niveau de diplomation, contenus (notamment lâassise des connaissances scientifiques) dans les programmes de formation.
- ConcrĂštement, comment se dessinent ces rĂ©ponses dans les programmes de formation alors que lâautoritĂ© politique ne cesse de renforcer une certaine pression en agissant plus ou moins directement sur les structures de maniĂšre trĂšs diffĂ©rente selon les contextes (tertiarisation en Suisse, masterisation en France, maĂźtrise qualifiante au QuĂ©bec, Certificate programs selon le modĂšle nord-amĂ©ricain, etc.) ?
Bien entendu, les acteurs des formations Ă lâenseignement ne font pas que subir des injonctions politiques et des problĂ©matiques sociales qui traversent lâĂ©ducation et la formation. Ces acteurs sont aussi porteurs dâinnovation, dâalternatives et de rĂ©ponses aux changements, notamment dans la maniĂšre de penser et de mettre en Ćuvre lâalternance. DiffĂ©rents modĂšles de stages ou formation en emploi ont Ă©mergĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es. Câest dâabord dans lâingĂ©nierie de formation et la conception de dispositifs professionnalisants et novateurs que nous souhaitons mettre en Ă©vidence des rĂ©ponses aux dĂ©fis actuels de la professionnalisation.
Lâaccompagnement joue Ă©galement un rĂŽle fondamental, dans ou en dehors des dispositifs. Les connaissances sur les postures et les pratiques dâaccompagnement continuent Ă sâenrichir et les dispositifs Ă©voluent, en formation pratique, en soutien Ă lâinsertion professionnelle (mentorat, introduction Ă la profession, etc.) et mĂȘme durant les autres phases de la carriĂšre.
- Comment certains dispositifs évoluent pour favoriser et renouveler la rencontre entre la formation et le travail réel, les savoirs et la pratique professionnelle ?
- Comment lâaccompagnement peut-il influer positivement sur des trajectoires de dĂ©veloppement professionnel et favoriser la persĂ©vĂ©rance en enseignement ?
Alors que les dĂ©bats sont toujours plus vifs sur la cohĂ©rence des programmes de formation et la pertinence des contenus, notamment par rapport Ă la place des donnĂ©es probantes, il se pose nĂ©cessairement la question des savoirs en formation et, plus largement, de ce qui fonde lâexpertise professionnelle. Les acteurs de la formation et de la recherche se doivent de garantir la formalisation et le partage de savoirs pour enseigner (didactiques, pĂ©dagogiques, etc.), au plus prĂšs de lâactivitĂ© et des gestes professionnels.
- Comment sont intĂ©grĂ©s aujourdâhui les pratiques et les savoirs issus de la recherche dans les formations Ă lâenseignement ?
- Comment les pratiques de recherche contribuent aux collaborations avec les milieux de pratiques ?
Les professions de lâenseignement
Il existe un panel assez consĂ©quent de mesures incitatives dĂ©ployĂ©es dans le champ de lâaction publique pour attirer certaines personnes vers les professions de lâenseignement. En dehors des bourses et autres incitations financiĂšres, des mesures visant Ă Ă©largir le bassin de recrutement ou favorisant la reconversion dans lâenseignement, il se joue une rĂ©flexion plus profonde sur lâattractivitĂ© de la profession.
- Face au besoin massif dâenseignants Ă lâĂ©chelle mondiale, quâen est-il de lâattractivitĂ© de la profession, Ă la fois pour attirer de nouveaux publics et soutenir la persĂ©vĂ©rance dans lâenseignement ?
- Quels sont les perspectives et les souhaits de carriĂšre dans lâenseignement Ă lâheure dâune crise des vocations ?
Comme nous le mentionnions, les recherches sur la professionnalisation ont assurĂ©ment pris un virage critique, depuis une quinzaine dâannĂ©es, notamment pour mettre en Ă©vidence ou dĂ©noncer la dĂ©gradation des conditions de travail des enseignants, une redevabilitĂ© sociale de plus en plus marquĂ©e, une perte de prestige de la profession, une dĂ©professionnalisation, voire une prolĂ©tarisation. Pourtant, des initiatives sont prises par les groupes professionnels eux-mĂȘmes ou par lâautoritĂ© politique pour valoriser la profession.
- Que nous disent aujourdâhui les Ă©tudes rigoureuses sur lâĂ©tat de la profession ?
- Quelles sont les mesures mises en place, dans différents contextes, pour valoriser la profession et améliorer la condition enseignante ?
Ce dossier thĂ©matique vise Ă rassembler diffĂ©rents types dâarticles en provenance de plusieurs pays pour assurer une perspective internationale.
1/ Des articles de recherche empirique pouvant porter sur la formation et le dĂ©veloppement professionnel (analyse ou Ă©valuation de dispositif de formation et/dâaccompagnement, enquĂȘtes auprĂšs des Ă©tudiants inscrits dans les programmes, etc.) ou sur la profession (analyse de lâaction politique Ă lâintention de la profession dans diffĂ©rents contextes, enquĂȘtes auprĂšs des professionnels de lâenseignement, etc.)
2/ Des articles de recherche thĂ©orique pouvant proposer diffĂ©rentes approches sur la professionnalisation : philosophique, sociohistorique ou encore critique. Une note de synthĂšse et un entretien pouvant aborder de maniĂšre approfondie ou Ă partir dâun point de vue, une ou plusieurs des questions proposĂ©es dans cet appel pourraient Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©s.
Bibliographie indicative :
Bodergat, J.-Y., Wittorski, R., Wentzel, B. (2020). LâĂ©valuation de la professionnalisation dans la formation des enseignants. DĂ©marches et faces cachĂ©es. Recherche et formation, 93, 9-15.
Borges, C., Lenzen, B., Loizon, D. (2021). Entre lâuniversitĂ© et lâĂ©cole : la temporalitĂ© dans lâalternance en formation professionnelle en enseignement dâĂ©ducation physique. Presses de lâUniversitĂ© Laval.
Cattonar, B., Dupriez, V. (2020). LâĂ©volution de la profession enseignante vue par les acteurs syndicaux : une Ă©tude de cas en FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles. Les Cahiers de recherche du Girsef, 121. https://ojs.uclouvain.be/index.php/cahiersgirsef/article/view/54703
Desbiens J.-F., Mukamurera, J., Perez-Roux, T. (2021). Penser la formation, lâinsertion professionnelle et lâexercice dâune profession dans le cadre dâun dĂ©veloppement durable des ressources humaines : enjeux et perspectives dans un monde sous tension. Phronesis 10(4), 1-8.
Desjardins, J., Altet, M., Ătienne, R., Paquay, L., Perrenoud, P. (2012). La formation des enseignants en quĂȘte de cohĂ©rence. De Boeck SupĂ©rieur.
Dutercq, Y., Maroy, C. (2017). Professionnalisme enseignant et politiques de responsabilisation. De Boeck Supérieur.
Guibert, P., Dejemeppe, X., Desjardins, J., Maulini, O. (2019). Questionner et valoriser le mĂ©tier d’enseignant : Une double contrainte en formation. De Boeck SupĂ©rieur.
Falardeau, Ă., Simard, D. (2012). Regards dâenseignants de français sur le caractĂšre culturel de leur profession. Dans M. Giglio et S. BoĂ©chat-Heer. Actes de la recherche de la HEP-BEJUNE n° 9. Entre innovations et rĂ©formes dans la formation des enseignants (p. 15-30). HEP-BEJUNE.
Gagnon, C., Mazalon, Ă., Rousseau, A. (2010). Fondements et pratique de lâalternance en formation Ă lâenseignement professionnel : quelques donnĂ©es de recherches autour de lâĂ©laboration et de la mise en Ćuvre Ă lâUniversitĂ© de Sherbrooke. Nouveaux cahiers de la recherche en Ă©ducation, 13(1), 21 â 41.
Gouin, J. A., Hamel, C. (2022). Quels modĂšles dâaccompagnement pour les stagiaires en enseignement afin de favoriser lâarticulation thĂ©orie-pratique ?. Canadian Journal of Education/Revue canadienne de l’Ă©ducation, 45(1), 35-52.
Gouin, J.-A., Wentzel, B., Gasc, H. (2023). Processus de consultation auprĂšs de formateurs de stagiaires en enseignement : rĂ©flĂ©chir aux activitĂ©s professionnelles essentielles de la profession en vue de lâĂ©valuation des compĂ©tences. Formation et profession, 31(1), 1-19.
Gremion, C., de Paor, C. (2021). Processus et finalités de la professionnalisation : Comment évaluer la professionnalité émergente ? De Boeck Supérieur.
Jorro, A., De Ketele, J. (2011). La professionnalité émergente : quelle reconnaissance ? De Boeck Supérieur.
Jorro, A., Wittorski, R. (2013). De la professionnalisation Ă la reconnaissance professionnelle. Les Sciences de l’Ă©ducation-Pour l’Ăre nouvelle, 46, 11-22.
Jorro, A. (2022). Dictionnaire des concepts de la professionnalisation. De Boeck Supérieur.
Levasseur L., Tardif M. (2010). La Division du travail. Une perspective nord-américaine. Presses universitaires France.
LeVasseur, L., Normand, R., Carvalho, L. (2020). Introduction. Dans L. LeVasseur, R. Normand, L. Min, L. M. Carvalho, et D. A. Oliveira (Dir.), Les politiques Ă©ducatives et la restructuration des professions de lâĂ©ducation. Perspectives mondiales et comparĂ©es (p. 1-17). Presses de lâUniversitĂ© Laval.
Malet, R. (2015). Politiques dâaccountability et devenir de la profession enseignante aux Etats-Unis. Evaluer. Journal international de Recherche en Ăducation et Formation, 1(1), 27-44.
Marcel, J.-F. (2023). Le bonheur du métier. Le cas des enseignants du primaire en France. Phronesis, 12(2-3), 82-96.
Marcel, J.-F., Tardif, M., Piot, T. (2022, Dir.). 30 ans de politiques de professionnalisation des enseignants. Regards internationaux. Presses Universitaires du Midi.
Maroy, C. (2008). Perte dâattractivitĂ© du mĂ©tier et malaise enseignant, Recherche et formation, 57, 23-38.
Maubant, P. (2019). Professionnalisation et ingénierie de formation entre résonances et divergences, Phronesis, 8(3-4).
Maubant, P. (Dir) (2021). Lâarchipel des temps de la formation : Esquisse dâune ingĂ©nierie de lâalternance. Champ social.
Mohib, N., Guillon, S. (Dir.). (2018). La professionnalisation en débat : entre intentions et réalisations. Peter Lang.
Mukamurera, J., Balleux, A. (2013). Malaise dans la profession enseignante et identité professionnelle en mutation : Le cas du Québec. Recherche & formation, 74, 57-70.
Paquay, L., Perrenoud, P., Altet, M., Ătienne, R., Desjardins, J. (2014). Travail rĂ©el des enseignants et formation : Quelle rĂ©fĂ©rence au travail des enseignants dans les objectifs, les dispositifs et les pratiques ? De Boeck SupĂ©rieur.
Perez-Roux, T. (2011). Changer de métier pour devenir enseignant : transitions professionnelles et dynamiques identitaires. Recherches en éducation, 11, 39-54.
Portelance, L., Martineau, S., Mukamurera, J. (2014). DĂ©veloppement et persĂ©vĂ©rance professionnels dans l’enseignement Oui, mais comment ? Presses de lâuniversitĂ© du QuĂ©bec.
Tardif, M., Lessard, C. (2004). La Profession dâenseignant aujourdâhui. Ăvolutions, perspectives et enjeux internationaux. De Boeck.
Tardif, M. (2013). La condition enseignante au QuĂ©bec du XIXe au XXIe siĂšcle. Une histoire cousue de fils rouges : prĂ©caritĂ©, injustice et dĂ©clin de lâĂ©cole publique. Les Presses de lâUniversitĂ© Laval.
Tardif M. (2015) OĂč sâen va la professionnalisation de lâenseignement ? TrĂ©ma [en ligne], 40, 42-59, mis en ligne le 1er dĂ©cembre 2015. http://journals.openedition.org/trema/3066
Wentzel, B., Lussi Borer, V., Malet, R. (2015). Professionnalisation de l’enseignement : Fondements et retraductions. Presses universitaires de Nancy.
Wentzel, B. (2023). Mesurer et anticiper un risque de pĂ©nurie enseignante : le cas de la Suisse. Ăducation et francophonie, 50(2). https://www.erudit.org/fr/revues/ef/2022-v50-n2-ef07743/1098621ar/
Wentzel, B., Sirois, G., Mukamurera, J., Lakhal, S., DembĂ©lĂ©, M., Tardif, M. et al. (2023). Choisir de se former Ă l’enseignement au QuĂ©bec. Profil sociodĂ©mographique, motivations et perspectives de carriĂšre des Ă©tudiant.es. Apprendre et enseigner aujourd’hui, 12(2). https://www.erudit.org/fr/revues/aea/2023-v12-n2-aea08169/1101213ar/
Wittorski, R. (2005, Dir.). Enjeux et dĂ©bats autour de la professionnalisation. Dans R. Wittorski (Dir.), Formation, travail et professionnalisation (p. 9-20). LâHarmattan.
Wittorski, R. (2008). La professionnalisation [Note de synthĂšse]. Savoirs, 17, 11â38.
Calendrier prévisionnel :
- Publication de lâappel Ă texte : 1er fĂ©vrier 2024
- Transmission du résumé (500 mots) : 2 mai 2024
- Transmission des réponses aux auteurs : 20 mai 2024
- Transmission des articles : 20 octobre 2024
- Transmission des textes aux évaluateurs : 31 octobre 2024
- Retours aux auteurs : 15 janvier 2025
- Transmission de la version définitive des textes : 15 juin 2025
- Publication : Second semestre 2025 ou Premier semestre 2026
CONSIGNES AUX AUTEURS-ES
RÚgles générales :
Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont d’abord invitĂ©s Ă soumettre leur rĂ©sumĂ© (500 mots) pour le 2 mai 2024 (date fixĂ©e par les coordonnateurs.trices du numĂ©ro et/ou par le directeur de la revue). Les auteurs transmettent ensuite leur texte (sous rĂ©serve de l’acceptation de la proposition d’article par les quatre coordonnateurs.trices du numĂ©ro) directement aux adresses suivantes :
et en copie du message Ă :
Les auteurs transmettent aussi leur rĂ©sumĂ© puis leur texte (sous rĂ©serve de l’acceptation de la proposition d’article par les coordonnateurs.trices du numĂ©ro) simultanĂ©ment au(x) coordonnateur(s).trices du numĂ©ro et au directeur de la revue :
Philippe.Maubant@USherbrooke.ca
Les auteurs sont priĂ©s de dĂ©poser leur texte dans deux versions : lâune dĂ©jĂ anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă indiquer :
- Le titre de lâappel Ă communication visĂ© ;
- Leur institution dâappartenance et laboratoire dâattache ;
- Leur adresse électronique professionnelle
Pour tout message avec lâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.
Les auteurs sont priĂ©s de transmettre leur article dans deux versions : lâune dĂ©jĂ anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils doivent vĂ©rifier quâaucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă indiquer pour toute soumission le titre de lâappel Ă communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).
Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).
Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de lâAmerican Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
La longueur de chaque chapitre sera de 80 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie.
Les textes sont présentés à interligne simple.
La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).
PRĂSENTATION DES FIGURES, SCHĂMAS ET DES TABLEAUX :
- Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă un maximum dâun par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
- Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
- Les auteurs indiquent dans le texte lâemplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă la composition de ces documents.
- LâĂ©quipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă la comprĂ©hension de lâargumentaire.
HIĂRARCHISATION DES TITRES :
- Trois niveaux de titre sont permis.
- Numéroter les titres et les sous-titres afin de bien en préciser la hiérarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).
FORMAT DâĂCRITURE :
- Utiliser lâitalique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres dâouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
- Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.
ĂCRITURE DES NOMBRES :
- Les nombres de 0 Ă 10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă lâintĂ©rieur dâune phrase.
- Ă partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; sâils sont au dĂ©but dâune phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
- Sâil y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
- Les nombres infĂ©rieurs Ă zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages sâĂ©crivent toujours en chiffres.
CITATIONS DANS LE TEXTE ET RĂFĂRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (Version francophone sans esperluette) :https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa
Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© quâelle ne soit pas articulĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
Ăducation et formation sous le regard de la sociologie de l’Ă©ducation
Numéro thématique coordonné par :
Stéphane MARTINEAU, Université du Québec à Trois-RiviÚres, Canada.
Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE-UQ), Montréal, Canada.
ans le texte (incluant les rĂ©fĂ©rences dans le texte), il est demandĂ© quâelle ne soit pas articulĂ©e Ă la bibliothĂšque numĂ©rique de lâauteur.
Appel Ă textes : CLOS
Ătudier les processus de professionnalisation par lâactivitĂ© : des outils dâanalyse en tension entre visĂ©e Ă©pistĂ©mique et/ou transformative de la recherche
Numéro yhématique coordonné par :
Joris THIEVENAZ
Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES), Université Paris-Est (UPEC), Créteil, France.
Cinira Magal FORTUNA
Ăquipe « noyau » Ă©tudes en santĂ© collective (NUPESCO), UniversitĂ© de SĂŁo Paulo, BrĂ©sil.
Appel Ă textes : CLOS
La négociation des savoirs aux sources des apprentissages et des transformations de la formation
Numéro thématique coordonné par :
Elzbieta Sanojca
Centre de recherche sur lâĂ©ducation, les apprentissages et la didactique (CREAD), UniversitĂ© de Rennes-2, Rennes, France
elzbieta.sanojca@univ-rennes2.fr
Emmanuel Triby
Laboratoire interdisciplinaire des sciences de lâĂ©ducation et de la communication (LISEC-UR 2310), UniversitĂ© de Strasbourg, France
