Appels Ă  textes en cours

Vous trouverez ici les appels à textes pour des numéros de Phronesis à paraßtre en 2026, 2027, 2028..

RĂ©interroger les transitions professionnelles en Ă©ducation, en formation et dans le monde du travail Ă  l’échelle des temporalitĂ©s 

Numéro coordonné par :

ThérÚse Perez-Roux, Laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique éducation et formation (LIRDEF), Montpellier Université, France.

therese.perez-roux@univ-montp3.fr

GeneviĂšve Fournier, Centre de recherche et d’intervention sur l’éducation et la vie au travail (CRIEVAT, UniversitĂ© Laval, Canada.

Genevieve.Fournier@fse.ulaval.ca

Muriel Deltand, Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD), Conservatoire national des Arts et Métiers, Paris, France.

muriel.deltand@skynet.be

Jeanne Rey, DĂ©partement de formation Ă  l’enseignement, UniversitĂ© de Fribourg, Suisse.

jeanne.rey@unifr.ch

Argumentaire scientifique :

S’il n’est plus Ă  dĂ©montrer que les transformations politiques, Ă©conomiques et sociales amĂšnent des bouleversements au sein des organisations (milieux de travail, instituts de formation, universitĂ©s), on sait que ces derniĂšres ont Ă  rĂ©pondre aux nombreuses injonctions portĂ©es par les rĂ©formes, la mise en Ɠuvre de nouveaux dispositifs, etc. (Perez-Roux et Maleyrot, 2025). Ces mouvements affectent particuliĂšrement les processus de professionnalisation et les tensions entre problĂ©matiques d’universitarisation et d’insertion professionnelle (Maubant, Wittorski, Maleyrot et Perez-Roux, 2025).

Dans ces conditions, une transition ne se fait jamais « hors sol » (Gonnet, Lima, Carloni, Le Gros, Matus et Tuchszirer, 2024). Elle se situe toujours dans un processus social global l’inscrivant « dans un cadre sociohistorique et organisationnel, qui lui donne sens et permet son intelligibilitĂ© » (Kaddouri, 2017, p.122) et en interaction Ă©troite avec des temporalitĂ©s plus larges, Ă  la fois historique, politique, sociale, organisationnelle et culturelle (Elder, 2009 ; Fournier et Gauthier, 2022 ; Perrin-Joly et Kuhtanina, 2018; Roquet, 2010; Settersen et Gannon, 2009).

Ces derniĂšres dĂ©cennies, on remarque une tendance Ă  l’individualisation des parcours de formation. Ces derniers, plus adaptĂ©s aux contraintes et aux besoins des employeurs, peuvent requestionner le cƓur de mĂ©tier. Par ailleurs, ils sont susceptibles de fragiliser les identitĂ©s professionnelles (Hatano-Chalvidan, 2012), ou du moins de susciter des rĂ©flexions en profondeur chez l’individu : il s’agit pour celui-ci de mieux concilier ses reprĂ©sentations de soi et ses aspirations professionnelles avec le contexte du marchĂ© du travail. S’agissant des parcours professionnels dĂ©sormais plus individualisĂ©s, ils sont aujourd’hui ponctuĂ©s de transitions frĂ©quentes et d’évĂ©nements biographiques imprĂ©vus qui introduisent des changements, des interruptions ou des discontinuitĂ©s dans le cours habituel du temps (Elder et al., 2003; Fournier et Gauthier, 2022; Rosa, 2011; Van der Heijden et De Vos, 2015). Loin d’ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un phĂ©nomĂšne Ă©phĂ©mĂšre ou marginal, ces changements sont susceptibles de bouleverser l’individu dans sa façon d’ĂȘtre et de participer au monde. Ils comportent de nombreux enjeux identitaires (Kaddouri, 2017) et sont trĂšs souvent l’occasion de rĂ©flexions approfondies sur le rapport au travail. Toutefois, qu’il s’agisse du parcours professionnel ou de formation, l’individu est renvoyĂ© Ă  ses choix et Ă  ses responsabilitĂ©s de « rĂ©ussir » et de dĂ©velopper ses capacitĂ©s. Il est invitĂ© Ă  faire ou refaire ses preuves, Ă  s’adapter au changement, Ă  rĂ©pondre aux questions identitaires accentuĂ©es par les diffĂ©rentes temporalitĂ©s. Cette situation gĂ©nĂšre des tensions Ă  plusieurs niveaux conduisant les individus Ă  se situer dans des formes variĂ©es de transitions professionnelles (Balleux et Perez-Roux, 2013) que nous souhaitons interroger Ă  deux niveaux : a) dans des temporalitĂ©s « courtes Â» durant lesquelles l’individu doit faire face Ă  un changement brutal imposĂ© par le systĂšme ou par un Ă©vĂ©nement biographique marquant imprĂ©vu et dĂ©stabilisant (Leclerc-Olive, 1997) ; b) dans des temporalitĂ©s plus longues oĂč l’individu s’inscrit dans un processus de transformation qui fait sens pour lui ou se situe dans un entre-deux de latence non-encore statuĂ©. L’intĂ©rĂȘt porte notamment ici sur ce qui se construit progressivement dans les interstices et les espaces entre les transitions. Quels sont les effets du temps long, du temps cumulĂ©, sur la transformation des reprĂ©sentations identitaires de individus, sur les transactions favorisant leur processus d’appropriation et sur la construction de leur rapport au travail ?   

L’objectif du numĂ©ro vise Ă  rĂ©interroger ces transitions au regard des temporalitĂ©s en jeu, Ă  partir de trois axes dĂ©veloppĂ©s ci-dessous.

Axe 1. Des transitions impulsées par des choix politiques et institutionnels aux effets sur les organisations et les acteurs du terrain

Ces derniĂšres annĂ©es, de nombreuses rĂ©formes ont conduit les organisations d’enseignement et de formation Ă  se saisir des prescriptions de leur(s) ministĂšre(s) de tutelle et Ă  les mettre en Ɠuvre localement (Bezes et Palier, 2018 ; FilĂątre, 2022 ; Françoise et Perez-Roux, 2024 ; Iriart, 2006). Ce type de transition, le plus souvent contrainte, s’inscrit dans des temporalitĂ©s plurielles ; elle nĂ©cessite la prise en compte d’un ensemble d’enjeux institutionnels, professionnels et humains pour repenser l’organisation du travail, les rĂŽles et places de chacun (Foudriat, 2013). Cet axe s’intĂ©ressera aux Ă©preuves Ă  surmonter dans ces temps de transition (relativement contraintes), aux stratĂ©gies individuelles et collectives mobilisĂ©es et, plus largement, Ă  la maniĂšre dont les acteurs concernĂ©s se positionnent et s’inscrivent dans un nouveau rapport au travail, plus ou moins en phase avec les orientations institutionnelles.

Axe 2. Dispositifs et acteurs Ă  l’épreuve des transitions et des temporalitĂ©s

Quel que soit le champ professionnel, les temporalitĂ©s constituent un Ă©lĂ©ment fondamental de l’activitĂ© humaine (Datchary et Gaglio, 2014 ; Patarin-Jossec, 2016). C’est aussi un paramĂštre dĂ©cisif autant pour les acteurs des contextes que pour les organisations et les dispositifs en place. Ainsi progressivement, les juxtapositions et injonctions Ă  se rĂ©former somment les structures de s’adapter (Roupnel-Fuentes, Heichette, Glaymann, 2023) faisant Ă©merger de nouveaux acteurs ou redimensionnant les missions et/ou rĂŽles de ceux dĂ©jĂ  en place (conseillers, coordinateurs, formateurs, tuteurs, accompagnateurs, manageurs, chefs de service et autres). Ces ajustements imposĂ©s poussent Ă©galement les participants des dispositifs Ă  rĂ©agir, Ă  initier de nouvelles stratĂ©gies et comportements afin de « rĂ©ussir » la transition ou Ă  y rĂ©sister (Soparnot, 2013) tout en restant en cohĂ©rence avec ce qu’ils sont (Deltand et Mokhtar, 2014). Dans ces conditions, au moins deux points de vue sont Ă  considĂ©rer : celui des dĂ©cideurs Ɠuvrant dans les dispositifs oĂč le temps objectif se comprend comme un systĂšme mĂ©trique rĂ©glĂ© et mesurĂ© prĂ©cisant le dĂ©but et la fin de la pĂ©riode ; celui des participants oĂč la diversitĂ© des autres temporalitĂ©s et rythmes associĂ©s les met Ă  l’épreuve, rendant chaque situation unique et particuliĂšre. Cet axe propose de requestionner les dispositifs Ă  l’aune des temporalitĂ©s (historiques, sociales, chronologiques, etc.) en situant Ă  l’avant-scĂšne les individus inscrits dans ces derniĂšres. Nous faisons l’hypothĂšse que l’injonction Ă  rĂ©pondre Ă  ces transformations institutionnelles conduit les diffĂ©rents acteurs Ă  restreindre, modifier ou encore Ă  vivre et rĂ©soudre les tensions identitaires sous toutes les formes possibles (Deltand, 2020, 2022 ; Kaddouri, 2019).

Axe 3. Parcours, transitions et temporalitĂ©s : un processus d’appropriation, de (re) construction identitaire

Les transitions et les Ă©vĂ©nements de vie marquants, de mĂȘme que les marges de manƓuvre et les choix de l’individu pour y faire face, doivent ĂȘtre apprĂ©hendĂ©s dans leur interaction avec les contextes proximaux et distaux dans lesquels ils prennent place, tel que le marchĂ© du travail, le systĂšme d’éducation et de formation (Elder et al., 2003; Heinz et al., 2009 ; Blustein, 2011). Ils doivent Ă©galement ĂȘtre saisis Ă  l’aune des temporalitĂ©s longues qui structurent les parcours individuels, Ă  la lumiĂšre de processus de transformation divers qui opĂšrent au fil du temps (ex. identitĂ© de mĂ©tier ; engagement/dĂ©sengagement au travail), dans l’articulation complexe entre les temporalitĂ©s passĂ©es, prĂ©sentes et futures (De Vos, Van der Hejiden et Akkermans, 2018). Par ailleurs, ces transitions et Ă©vĂ©nements gagnent aussi Ă  ĂȘtre resituĂ©s dans des temporalitĂ©s plus larges- historiques, sociales, organisationnelles et culturelles- qui vĂ©hiculent des normes et des rĂšgles susceptibles d’influencer les choix individuels, les reprĂ©sentations identitaires et le rapport au travail (Perrin-Joly et Kuhtanina, 2018 ; Roquet, 2010 ; Settersten et Gannon, 2009). Enfin, qu’ils s’inscrivent dans une temporalitĂ© longue ou courte, les transitions professionnelles et les Ă©vĂ©nements marquants surviennent Ă  l’intĂ©rieur d’un parcours oĂč diffĂ©rentes sphĂšres de vie individuelle -travail, famille, engagement social etc.- interagissent et s’influencent mutuellement. Cette interfĂ©rence, souvent fluctuante, a Ă©galement des rĂ©percussions sur les besoins de l’individu, sur son processus de construction identitaire et sur la transformation de son rapport au travail (Orly, Cocandeau, Fournier et Masdonati, 2022). Cet axe s’intĂ©resse aux liens entre les transitions professionnelles et les Ă©vĂ©nements marquants du parcours professionnel et la maniĂšre dont les individus leur donnent sens et se les approprient.

Au regard de ces trois axes, les contributions pourront : a) se situer dans un ou plusieurs niveaux (macro-meso-micro) ; b) envisager les transitions professionnelles (dĂ©sirĂ©es /contraintes) Ă  partir des modes d’appropriation des acteurs confrontĂ©s aux changements, Ă  des pĂ©riodes charniĂšres de leur parcours ; c) concerner un ensemble de « mĂ©tiers de l’humain Â», notamment les secteurs de l’éducation, de la santĂ© et du travail social.

Bibliographie indicative :

Balleux, A., Perez-Roux, T. (2013). Transitions professionnelles. Recherche et formation, 74, 101‑114.

Bezes, P., Palier, B. (2018). Le concept de trajectoire de rĂ©formes : Comment retracer le processus de transformation des institutions. Revue française de science politique, 68(6), 1083‑1112.

Blustein, D. L. (2011). A relational theory of working. Journal of Vocational Behavior, 79(1), 1‑17.

Datchary, C. et Gaglio, G. (2014). HĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© temporelle et activitĂ© de travail : Entre conflits et articulations. Revue d’anthropologie des connaissances, 8(1), 1‑22.

Deltand, M. (2020). Modes de rĂ©solution des tensions identitaires de professionnels en formation : Le cas des reconversions vers le mĂ©tier d’enseignant. Recherches en Ă©ducation, 42, 66‑80. https://journals.openedition.org/ree/1455

Deltand, M. (2022). Construction de soi dans des situations de transitions biographiques. Lecture transversale d’une problĂ©matique de recherche, UniversitĂ© de Montpellier. Habilitation Ă  Diriger des Recherches.

Deltand, M. et Kaddouri, M. (2014). Les individus face Ă  l’épreuve des transitions biographiques. L’Orientation scolaire et professionnelle, 43(4), 413‑434.

De Vos, A., Van der Heijden, B. I. J. M. et Akkermans, J. (2018). Sustainable careers: Towards a conceptual model. Journal of Vocational Behavior. Advance online publication. https://doi.org/10.1016/j.jvb.2018.06.011

Elder, G. H. (2009). Perspectives on the life course. Dans W. R. Heinz, J. Huinink et A. Weymann (dir.), The life course reader: Individuals and societies across time (pp. 91‑110). Campus Verlag.

Elder, G. H., Johnson, M. K. et Crosnoe, R. (2003). The emergence and development of life course theory. Dans J. T. Mortimer et M. J. Shanahan (dir.), Handbook of the life course (p. 3‑19). Springer.

FilĂątre, D. (2022). La conduite du changement dans les politiques publiques Ă©ducatives : Le cas des rĂ©formes de la formation des enseignants. Administration & Éducation, 174(2), 31‑39.

Foudriat, M. (2013). Perception du temps dans les organisations et des temporalitĂ©s dans les processus de changement. Dans M. Foudriat (Dir.) Le changement organisationnel dans les Ă©tablissements sociaux et mĂ©dico-sociaux. Perspectives thĂ©oriques croisĂ©es (p. 289‑326). Presses de l’EHESP.

Fournier, G. et Gauthier, C. (2022). Parcours professionnels marquĂ©s par la mobilitĂ© : Entre prĂ©caritĂ© et durabilitĂ©, des logiques processuelles distinctes Ă  cerner. Dans C. Lagabrielle et S. Croity-Belz (Dir.), Psychologie et carriĂšres (p. 241‑265). De Boeck.

Françoise, C., Perez-Roux, T. (2024). Rapport Ă  la rĂ©forme de la formation initiale des enseignants en INSPE : Des formateurs sous tension(s)? Phronesis, 13(3), 176‑197. https://www.cairn.info/revue-phronesis-2024-3-page-176.htm

Gonnet, A., Lima, L., Carloni, P., Le Gros, L., Matus, M. et Tuchszirer, C. (Eds.). (2024). L’accompagnement des transitions professionnelles : Un monde en soi? Institutions, mĂ©tiers, expĂ©riences. TĂ©sĂ©o. https://doi.org/10.55778/ts911693192

Hatano-Chalvidan, M. (2012). L’individualisation des parcours de formation dans le champ du travail social : Entre tensions et ambivalences. Formation emploi, 119, 83‑100.

Heinz, J., W. R. Huinink et A. Weymann (2009). The life course reader. Individuals and societies across time. Campus Verlag.

Iriart, P. (2006). La gouvernance de la formation professionnelle. Approches en droit communautaire et comparé. 1-76. https://shs.hal.science/halshs-00128270/file/La_gouvernance.pdf

Kaddouri, M. (2017). Une grille pour analyser les enjeux identitaires des situations de transition. Éducation permanente, 212, 121‑136.

Kaddouri, M. (2019). Reconversions professionnelles, dynamiques identitaires et rapport à la formation. Recherches et formation, 90, 103‑115.

Leclerc-Olive, M. (1997). Le dire de l’évĂ©nement. Septentrion.

Maubant, P., Perez-Roux, T., Wittorski, R. et Maleyrot, E. (2025). L’enseignement supĂ©rieur entre professionnalisation et universitarisation : Des intentions affichĂ©es aux injonctions managĂ©riales. Éducation et socialisation, 75. https://doi.org/10.4000/13m0w

Olry-Louis, I., Cocandeau-Bellanger, L., Fournier, G. et Masdonati, J. (2022). Temporality: A fruitful concept for understanding, studying, and supporting people in transition. Career Development Quarterly, 70(4), 256‑270. https://doi.org/10.1002/cdq.12306

Patarin-Jossec, J. (2016). La concordance des temps. Temporalités, 24. http://temporalites.revues.org/3495

Perez-Roux, T., Maleyrot, E. (2025). Évolutions de la formation initiale des enseignants : Entre logique managĂ©riale gestionnaire et vĂ©cu des pilotes-formateurs. Éducation et socialisation, 75. https://doi.org/10.4000/13m18

Perrin-Joly, C., Kushtanina, V. (2018). La composition biographique : Quels effets des choix conceptuels pour saisir les temporalitĂ©s ? Recherches sociologiques et anthropologiques, 49(2), 115‑134. https://doi.org/10.4000/rsa.2963

Roquet, P. (2010). TemporalitĂ©s, activitĂ©s formatives et professionnelles. Recherches qualitatives – Hors sĂ©rie, 8, 76‑92. http://www.recherche-qualitative.qc.ca/Revue.html

Rosa, H. (2010). Accélération : Une critique sociale du temps. La Découverte.

Roupnel-Fuentes, M., Heichette, S., Glaymann, D. (2023). L’injonction Ă  se former : Nouvel avatar de l’adaptation des individus au marchĂ© ? OctarĂšs.

Settersten, R. A. et Gannon, L. (2009). Structure, agency and the space between: On the challenges and contradictions of a blended view of the life course. Dans W. R. Heinz, J. Huinink et A. Weymann (dir.), The life course reader: Individuals and society across time (pp. 456‑472). Campus Verlag.

Soparnot, R. (2013). Les effets des stratĂ©gies de changement organisationnel sur la rĂ©sistance des individus. Recherches en sciences de gestion, 97(4), 23‑43.

Van der Heijden, B. I. J. M., De Vos, A. (2015). Sustainable careers: Introductory chapter. Dans A. De Vos et B. I. J. M. Van der Heijden (Dir.), Handbook of research on sustainable careers (p. 1‑19). Edward Elgar Publishing.

Calendrier prĂ©visionnel :

Les projets d’articles (2/3 pages, soit 8000 signes environ comprenant les Ă©lĂ©ments de cadrage scientifique habituels) seront adressĂ©s Ă  la revue Phronesis (info@revue-phronesis.com), ainsi qu’aux quatre coordonnatrices de ce dossier thĂ©matique (ThĂ©rĂšse Perez Roux therese.perez-roux@univ-montp3.fr ; GeneviĂšve Fournier Genevieve.Fournier@fse.ulaval.ca;  Muriel Deltand muriel.deltand@skynet.be ; Jeanne Rey jeanne.rey@unifr.ch avant le 30 mars 2026. Des textes accordant une part consĂ©quente aux dimensions thĂ©oriques et conceptuelles de la recherche exposĂ©e pourront ĂȘtre acceptĂ©s dans le cadre de la ligne Ă©ditoriale de la revue.

  • Publication de l’appel Ă  textes : 9 janvier 2026
  • Transmission des rĂ©sumĂ©s (2/3 pages) au coordonnateur : 30 mars 2026
  • Retour aux auteurs sur les rĂ©sumĂ©s : 30 avril 2026
  • Transmission des textes par les auteurs au coordonnateur : 30 septembre 2026
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs : 1er octobre 2026
  • Retour des Ă©valuations : 15 dĂ©cembre 2026
  • Transmission des Ă©valuations aux auteurs : 20 dĂ©cembre 2026
  • Transmission des textes rĂ©visĂ©s aux Ă©valuateurs et aux coordonnatrices : 1er fĂ©vrier 2027
  • Relecture des textes par le coordonnateur et par l’équipe de la revue Phronesis : FĂ©vrier 2027
  • Publication : Printemps  2027

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont donc invitĂ©s Ă  soumettre leur rĂ©sumĂ© pour le 30 mars 2026 et le transmettre aux coordonnatrices du numĂ©ro (et simultanĂ©ment Ă  la revue Phronesis en indiquant le titre du numĂ©ro thĂ©matique et au directeur de la revue).

info@revue-phronesis.com

Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : l’une anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache;
  • leur adresse Ă©lectronique professionnelle exclusivement.

Ils doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).

Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de l’American Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

La longueur de l’article sera de 60 000 signes « max » (espaces compris), en excluant le titre, les rĂ©sumĂ©s en français et en anglais, les mots-clĂ©s en français et en anglais et la bibliographie.

Les textes sont présentés à interligne simple.

La police de caractĂšres utilisĂ©e est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).

PRÉSENTATION DES FIGURES, SCHÉMAS ET DES TABLEAUX :

  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
  • Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
  • Les auteurs indiquent dans le texte l’emplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă  insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă  la composition de ces documents.
  • L’équipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă  la comprĂ©hension de l’argumentaire.

HIÉRARCHISATION DES TITRES :

  • Trois niveaux de titre sont permis.
  • NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

  • Utiliser l’italique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres d’ouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
  • Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.

ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (version francophone sans esperluette) :

https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

Pratiques du dialogue philosophique et pĂ©dagogies critiques. Penser l’esprit critique et la rĂ©flexivitĂ© des professionnels de l’éducation

Numéro thématique coordonné par :

Agathe Delanoë

Haute Ecole PĂ©dagogique du canton de Vaud (Suisse), Haute École FĂ©dĂ©rale en Formation Professionnelle (Suisse), CREN, Nantes UniversitĂ©

agathe.delanoe@gmail.com

Marion Bérard

CURAPP-ESS, Université de Picardie Jules Verne

marion.berard@u-picardie.fr

Pénélope Dufourt

Université Paris Nanterre. (CTAD UMR 7074 CNRS) et CollÚge international de la philosophie « Pour une philosophie pluriverselle des droits humains »

penelope.dufourt@gmail.com

Marie Coasne

Université de Tours, EES (ER 7505)

marie.khawrin@univ-tours.fr

Christophe Point

Institut de Philosophie de Grenoble, Université Grenoble-Alpes, France.

christophe.point@univ-grenoble-alpes.fr

Argumentaire scientifique :

Telle qu’elle est conçue dans les travaux fondateurs de Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp, la pratique du dialogue philosophique (PDP) se prĂ©sente d’emblĂ©e comme une pĂ©dagogie ayant une portĂ©e Ă©minemment critique : elle vise le dĂ©veloppement de la pensĂ©e critique et permet de soumettre n’importe quelles valeurs Ă  la critique (Lipman, 1991, p. 267). Cette dimension critique de la pratique philosophique, profondĂ©ment ancrĂ©e dans l’histoire de la philosophie, se trouve Ă©galement revendiquĂ©e par de nombreux acteurs et actrices de la philosophie pour/avec les enfants, qui voient en elle la possibilitĂ© de dĂ©velopper, chez les jeunes gĂ©nĂ©rations, l’intĂ©gritĂ© critique (Slusarczyk et al., 2015), l’esprit critique (Duclos, 2014) ou bien encore la pensĂ©e critique (Daniel et al., 2005).

Or, il existe un autre courant de la pĂ©dagogie qui met en avant la notion de critique : les pĂ©dagogies critiques (PC). NĂ©anmoins, ces derniĂšres et la « pensĂ©e critique Â» se prĂ©sentent historiquement comme deux courants distincts de la philosophie de l’éducation, et chacun se justifie d’une dĂ©finition spĂ©cifique de la notion de critique. L’enjeu est ici de savoir si, au sein du concept mĂȘme de « critique Â», la dimension politique prime ou non sur sa dimension logique (comme c’est le cas chez Marx, Ă  l’inverse de Kant, par exemple). Pour les pĂ©dagogies critiques et leurs origines marxistes (Michael Apple, Stanley Aronowitz, Peter McLaren, etc.) la critique est d’abord politique et orientĂ©e Ă  la fois vers les institutions et les dispositifs reproduisant ou encourageant des dominations, quelle que soit leur nature. En revanche, en pratique du dialogue philosophique, pour ceux et celles faisant la promotion de la « pensĂ©e critique Â», la critique dĂ©signe davantage le processus logique et dialogique d’argumentation et la mĂ©fiance envers toute certitude trop rapidement Ă©tablie ou peu justifiĂ©e. De plus, historiquement, les relations entre les fondateurs de la PDP que furent Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp et les artisans des PC comme Paulo Freire, bell hooks, Antonio Gramsci ou encore Henry Giroux restĂšrent tĂ©nues (Pereira, 2017, 2024). Si l’on trouve au sein de la littĂ©rature hispanophone et lusophone des rĂ©flexions sur les liens entre Lipman et Freire (Accorintini, 2002; Kohan, 2018; Para Contreras et Medin Fuenmayor, 2007), l’état de l’art sur cette question est moins explicite dans le monde francophone.

Cette divergence entre la PC et la PDP ne nous semble pas anecdotique, mais, au contraire, elle nous pourrait rĂ©vĂ©ler une tension fondamentale du tournant « professionnel Â» (Maxwell et al. 2015, 2016) des mĂ©tiers de l’éducation, amorcĂ© dans les annĂ©es 1960 aux Etats-Unis. Cette tension ne s’exprime nulle part mieux que dans l’Ɠuvre de Donald Schön The Reflective Practitioner (1983), qui, Ă  la suite de John Dewey, encourage les enseignants Ă  devenir des professionnels, c’est-Ă -dire Ă  dĂ©velopper un rapport critique et rĂ©flexif sur leurs pratiques et leurs institutions. Comme d’autres professions libĂ©rales (mĂ©decins, ingĂ©nieurs, psychologues, etc.), les enseignants doivent dĂ©sormais apprendre Ă  ĂȘtre critiques de leurs conditions de travail, mais dans le but de devenir de meilleurs travailleurs grĂące Ă  cette rĂ©flexivitĂ©.

Cette divergence entre la PC et la PDP ne nous semble pas anecdotique, mais, au contraire, elle nous pourrait rĂ©vĂ©ler une tension fondamentale du tournant « professionnel Â» (Maxwell et al. 2015, 2016) des mĂ©tiers de l’éducation, amorcĂ© dans les annĂ©es 1960 aux Etats-Unis. Cette tension ne s’exprime nulle part mieux que dans l’Ɠuvre de Donald Schön The Reflective Practitioner (1983), qui, Ă  la suite de John Dewey, encourage les enseignants Ă  devenir des professionnels, c’est-Ă -dire Ă  dĂ©velopper un rapport critique et rĂ©flexif sur leurs pratiques et leurs institutions. Comme d’autres professions libĂ©rales (mĂ©decins, ingĂ©nieurs, psychologues, etc.), les enseignants doivent dĂ©sormais apprendre Ă  ĂȘtre critiques de leurs conditions de travail, mais dans le but de devenir de meilleurs travailleurs grĂące Ă  cette rĂ©flexivitĂ©.

Ainsi, cette tension entre la rĂ©flexivitĂ© au service de l’amĂ©lioration de l’agir professionnel, et l’esprit critique, dont les efforts peuvent remettre en question les conditions mĂȘme de cet agir, devient manifeste, et il semble qu’elle vient s’incarner tout particuliĂšrement dans cette divergence entre la PC et la PDP. C’est pourquoi, en ayant en tĂȘte cette tension entre rĂ©flexivitĂ© et critique au sein des professionnels de l’éducation, nous souhaitons explorer la question suivante : quelles sont les filiations possibles entre les pratiques du dialogue philosophique et les pĂ©dagogies critiques ?

On peut en effet se demander si ces deux courants poursuivent les mĂȘmes objectifs. La remise en cause des identitĂ©s (de classe, de race ou encore de genre), des normes et des dominations par les apprenant·e·s visĂ©e par les PC est-elle, peut-elle ĂȘtre, et mĂȘme, doit-elle ĂȘtre Ă©galement visĂ©e par les PDP ? La dimension critique des PDP rejoint-elle le travail critique appelĂ© par ce courant spĂ©cifique, en particulier sur le terrain de la politique ? En un mot, les acteurs et les actrices des PC et des PDP sont-ils mus par le mĂȘme Ă©lan rĂ©volutionnaire ?

Nous l’avons dit, ce questionnement s’inscrit dans le contexte d’une professionnalisation des mĂ©tiers de l’éducation, processus complexe qui touche de nombreux pays ainsi que tous les degrĂ©s de l’enseignement, depuis la maternelle jusqu’à l’universitĂ© (Maroy, 2006; Perrenoud, 1996). Ce processus a consistĂ© Ă  sortir les mĂ©tiers de l’éducation de leur statut artisanal (oĂč l’on applique des techniques et des rĂšgles prĂ©-Ă©tablies) pour les doter, au moyen de la formation universitaire, de stratĂ©gies appuyĂ©es par des savoirs rationnels, une expertise de l’action en situation et une autonomie Ă©thique reconnue (Altet 2003, p. 29). Par ce processus, l’enseignement, par exemple, devient une activitĂ© intellectuelle engageant la responsabilitĂ© individuelle de celui ou celle qui l’exerce, Ă  la fois activitĂ© savante (non routiniĂšre, mĂ©canique ou rĂ©pĂ©titive) et agir pratique dont la technique s’apprend au terme d’une longue formation. De plus, l’activitĂ© d’une profession implique l’existence d’un groupe se dotant de sa propre organisation pour rĂ©flĂ©chir collectivement Ă  ses propres normes Ă©thiques, dans le souci d’apporter un service Ă  autrui de qualitĂ© au sein de la sociĂ©tĂ© (Lemosse, 1989). MĂ©decins, avocats, architectes, etc. : la liste des mĂ©tiers qui sont ainsi devenus des professions s’allonge au cours du XXe siĂšcle.

En France, ce processus est particuliĂšrement visible en 1989 lors de la crĂ©ation des IUFM offrant une formation professionnelle unique de deux ans Ă  tous les nouveaux professeurs des Ă©coles (Altet, 2010). Ce processus s’est accompagnĂ© d’une inquiĂ©tude[1] de la part des acteurs Ă©ducatifs, celle d’ĂȘtre peu Ă  peu privĂ©s de la capacitĂ© Ă  interroger de maniĂšre critique les institutions oĂč les acteurs Ă©ducatifs eux-mĂȘmes travaillent (Gayraud et al., 2011). Les enseignants seraient ainsi sommĂ©s d’ĂȘtre rĂ©flexifs de leur agir, mais pas au point de devenir critiques des conditions d’exercice de leur mĂ©tier. En France, cette inquiĂ©tude de « caporalisation Â» s’expliquait notamment par la crĂ©ation de ces IUFM conçus pour ĂȘtre indĂ©pendants des universitĂ©s et sous la tutelle du ministre de l’Éducation nationale. Cette inquiĂ©tude s’est nourrie du fossĂ© qui s’est peu Ă  peu creusĂ©, en France tout du moins, entre les acteurs de l’Éducation nationale et ceux de l’éducation populaire, ces derniers considĂ©rant que la professionnalisation des premiers les Ă©loigne d’une libertĂ© pĂ©dagogique et d’un idĂ©al de l’éducation aux visĂ©es Ă©mancipatrices, et des pĂ©dagogies critiques les soutenant (Zanten, 2012)[2].

Cette inquiĂ©tude a ainsi contribuĂ© Ă  former un certain rĂ©cit au sein des milieux Ă©ducatifs, rĂ©cit oĂč l’on oppose de maniĂšre binaire des enseignants dĂ©pourvus de sens critique envers leurs institutions et des Ă©ducateurs de structures populaires, associatives et coopĂ©ratives, prompts Ă  la rĂ©volution, et critiques a priori de toute institution (Lepage, 2007). Dans un tel rĂ©cit, les pratiques, courants ou Ă©coles pĂ©dagogiques populaires (comme la pĂ©dagogie Freinet, le mouvement des Ă©coles Montessori, ou encore la philosophie pour enfants) cherchant Ă  franchir ce fossĂ©, deviennent automatiquement suspects aux yeux des uns et des autres. En entrant dans le milieu scolaire, dĂ©sormais professionnalisĂ©, ne risquent-ils pas de se dĂ©voyer et de renoncer Ă  leur idĂ©al d’une Ă©ducation Ă©mancipatrice et critique ?

Si l’on suit Matthew Lipman, les pratiques du dialogue philosophiques ont pourtant toute leur place Ă  l’école, prĂ©cisĂ©ment du fait de leur portĂ©e critique :

C’est la philosophie qui peut donner aux enfants l’occasion de rĂ©flĂ©chir tout haut aux valeurs qui sont les leurs ainsi qu’Ă  leurs actes, leur permettant ainsi petit Ă  petit de rejeter les valeurs qui ne correspondent pas Ă  leurs normes et de garder les autres. Une sĂ©ance de philosophie offre l’occasion de soumettre les valeurs Ă  la critique. VoilĂ  probablement pourquoi on l’a exclue de l’Ă©cole primaire jusqu’Ă  ce jour et pourquoi il est urgent de l’y introduire enfin. (Lipman, 1991, p. 267)

On comprend ici que le dĂ©veloppement de l’intĂ©gritĂ© critique (Slusarczyk et al., 2015), de l’esprit critique (Duclos, 2014), ou bien encore de la « raisonnabilitĂ© » (Leleux, 2008, p. 11‑24) sont chevillĂ©s au corps de la PDP, et que c’est lĂ  que rĂ©siderait une cause de la difficultĂ© de son insertion dans les curriculums scolaires.

Nous souhaitons dĂšs lors interroger les enjeux posĂ©s aux acteurs et actrices des PDP et des PC par ce processus de professionnalisation, qui cristallise la question de leur distinction. Les objectifs critique et d’émancipation portĂ©s par ces deux courants sont-ils incompatibles avec cette professionnalisation ? La PDP est-elle plus susceptible d’ĂȘtre professionnalisĂ©e que les PC, ou court-elle de la mĂȘme maniĂšre le risque de s’éloigner de sa visĂ©e ? Dans cette professionnalisation, peut-elle s’inspirer des PC sans les trahir ? 

Avec cet appel Ă  propositions pour un dossier de la revue Phronesis, nous souhaitons explorer ces questions dans un esprit d’ouverture et de curiositĂ© envers ces deux courants de pensĂ©es et de pratiques, tous les deux au croisement des domaines de la philosophie et de l’éducation. De maniĂšre non-exhaustive, nous proposons trois axes de recherche pour orienter les rĂ©flexions des propositions.

Axe 1 : Ancrage thĂ©orique et horizons conceptuels

Ce premier axe se situe au niveau des cadres thĂ©oriques et philosophiques d’oĂč ont Ă©mergĂ© les Ă©crits des PDP et de la PC. A partir des textes, concepts et notions de ces deux courants de pensĂ©es et de pratiques, il s’agit d’interroger ici la tension entre la rĂ©flexivitĂ© et l’esprit critique qui rĂ©side au cƓur la professionnalisation de l’éducation. Entre les auteurs et leurs perspectives thĂ©oriques des PC et les PDP, la recherche porte ici sur les points de connexion ou de discordance qui se dessinent dans les pratiques et leurs horizons d’attentes, pour les professionnels de l’éducation, leurs institutions, comme pour le public concernĂ©. En partant du postulat que ces cadres thĂ©oriques et philosophiques orientent et influencent les pratiques professionnelles et pĂ©dagogiques, plusieurs questions deviennent possibles et mĂ©ritent rĂ©flexion.

Par exemple, quels sont les points de rapprochement et de divergence entre le sens que les PC donnent Ă  la notion de critique et celui qu’il reçoit dans les PDP ? La notion de conscientisation prĂ©sente dans les Ă©crits de bell hooks est-elle proche ou lointaine de celle qui apparaĂźt dans les travaux de Sharp ? La perspective Ă©galitaire d’émancipation mutuelle de Paulo Freire rejoint-elle ou s’éloigne-t-elle de l’idĂ©al dĂ©mocratique prĂ©sent dans la « communautĂ© de recherche Â» de Matthew Lipman ? Que peut-on penser du « caring Â» promu par les professionnels de l’éducation en PDP depuis le point de vue des PC ? La contestation de l’hĂ©gĂ©monie des savoirs froids prĂ©sente dans les PC se retrouve-t-elle en PDP ?

Plus largement, les deux courants adoptent-ils la mĂȘme Ă©pistĂ©mologie de l’apprentissage ? Par exemple, si les PDP semblent s’adresser en prioritĂ© aux enfants et adolescents, cela ne semble pas ĂȘtre le cas des pĂ©dagogies critiques. Ceci entraĂźne-t-il des apprĂ©hensions diffĂ©rentes du dĂ©ploiement de la pensĂ©e critique, ou de la conscience critique ? De plus, toujours en Ă©pistĂ©mologie de l’apprentissage, les rĂ©flexions menĂ©es au sein de la PDP sur le droit des enfants Ă  la parole, par exemple Ă  travers la notion d’interlocuteur valable formulĂ©e par LĂ©vine (2014) et largement reprise, rejoignent-elles celles sur l’égalitĂ© adulte-enfant et la domination adulte menĂ©es au sein de et dans la suite des PC ? En outre, la posture d’impartialitĂ© largement adoptĂ©e par les professionnels de l’éducation, dont les animateurs et animatrices des PDP est-elle incompatible avec la posture critique des PC ? Les articles appuyant ces rĂ©flexions sur une Ă©tude des liens historiques entre ces concepts dans le courant des PC et dans celui des PDP, en contexte de professionnalisation de l’éducation, seront Ă©galement les bienvenus.

Axe 2 : Formation et pĂ©dagogie : quelles attentes et quelles transformations ?

Un deuxiĂšme axe de rĂ©flexion portant sur les dispositifs de formation et les ressources pĂ©dagogiques relatifs aux PDP et PC est possible. Dans la dynamique de professionnalisation du milieu de l’éducation (Clanet, 2010), la formation des acteurs Ă©ducatifs s’est diversifiĂ©e, les « catalogues Â» de formation se sont Ă©toffĂ©s et des ressources pĂ©dagogiques sont devenues disponibles pour ces derniers, au moins en Europe ou en AmĂ©rique du Nord. Dans un cas comme dans l’autre, l’universitĂ© et les structures d’éducation populaire ont Ă©tĂ© parties prenantes de cette dynamique, mais avec des logiques et des attentes parfois diffĂ©rentes, si ce n’est lĂ  aussi divergentes. Dans le cas des PDP par exemple, on pourra Ă©tudier les points communs et les diffĂ©rences existantes entre une formation offerte dans le cadre d’un parcours menant Ă  un DU (DiplĂŽme universitaire) comme celui actuellement donnĂ© Ă  l’UniversitĂ© de Nantes, et une autre, comme le Certificat en pratiques philosophiques proposĂ© en partenariat avec l’UniversitĂ© de LiĂšge et l’association PhiloCitĂ© en Belgique. Entre ces deux formations, l’opposition entre une formation universitaire neutre politiquement et une formation d’éducation populaire et militante fonctionne-t-elle ?

Dans ces deux types de formations diffĂ©rentes, quelle place est donnĂ©e aux pratiques de la PC, Ă  un discours critique des institutions ou de l’hĂ©ritage mĂȘme des corpus traditionnels de la philosophie occidentale ? Si des outils issus des PC sont prĂ©sents dans ces formations Ă  la PDP, sont-ils mobilisĂ©s de la mĂȘme maniĂšre que dans le contexte de leur Ă©laboration ou bien ne font-ils l’objet que d’une transposition et d’une rĂ©appropriation ? Existe-t-il des formations similaires en ce qui concerne les PC, ou leur critique vis-Ă -vis des institutions les empĂȘche-t-elle par nature de structurer une offre de formation, contrairement aux PDP ? Ainsi, dans cet axe on se demandera quels types de lieux proposent des formations Ă  la PDP et Ă  la PC, que ce soit en France, au QuĂ©bec, en Belgique ou ailleurs (associations, structures militantes, DU
) et ce que la nature de ces structures rĂ©vĂšle, permet ou entraĂźne leurs apprenants et apprenantes Ă  tisser des liens entre PDP et PC. Comment ces espaces, qu’ils soient militants, associatifs ou universitaires, structurent-ils, Ă©clairent-ils ou invisibilisent-ils certaines ressources pĂ©dagogiques ? Quels sont les attendus thĂ©oriques, pratiques ou Ă©thiques de ces formations et comment orientent-elles les pratiques des personnes formĂ©es ?

En un mot, que ce soit pour les PDP ou la PC, on pourra se demander si ces formations transforment ces courants de pensées et de pratiques en dévoyant leur héritage ou au contraire si elles leur apportent de salutaires évolutions.

Axe 3 : Études de cas et analyse des pratiques Ă©ducatives

Avec ce troisiĂšme axe, nous souhaitons explorer les pratiques elles-mĂȘmes dans lesquelles s’incarnent sur le terrain les PDP et la PC. Avec une grande ouverture interdisciplinaire et mĂ©thodologique, nous voulons donner une place aux travaux Ă©tudiant la maniĂšre dont les acteurs rĂ©alisent leurs activitĂ©s se rĂ©clamant de ces courants de pensĂ©es et de pratiques. Celles-ci peuvent se rĂ©aliser au sein de l’espace scolaire ou plus largement dans des tiers espaces Ă©ducatifs extĂ©rieurs Ă  l’école, quels que soit l’ñge, les conditions sociales ou les attentes du public concernĂ©.

À partir d’observations de terrain, de tĂ©moignages recueillis ou d’autres donnĂ©es issues d’autres mĂ©thodologies, nous attendons ici des contributions qui cherchent Ă  rendre compte des pratiques identifiĂ©es ou reconnues comme relevant des PDP et de la PC en interrogeant prĂ©cisĂ©ment leurs points de convergence ou divergence possibles. Il s’agirait ainsi d’aborder les questionnements thĂ©oriques prĂ©cĂ©demment soulevĂ©s mais depuis, cette fois, l’analyse des pratiques effectives elles-mĂȘmes.Il sera intĂ©ressant de revoir dans quelle mesure ces deux courants de pensĂ©e et de pratiques, au-delĂ  de leurs Ă©crits thĂ©oriques, convergent ou divergent dans les pratiques pĂ©dagogiques, et si oui, sur quels points prĂ©cisĂ©ment. Nous faisons l’hypothĂšse que certaines pratiques hybrident Ă©galement la PDP et la PC et il sera Ă©clairant de voir quelle cohĂ©rence ces pratiques hybrides rĂ©vĂšlent entre elles, ainsi que leurs points de tension Ă©ventuels. Il est permis d’anticiper des diffĂ©rences en ce qui concerne la place donnĂ©e par ces pratiques Ă  la parole des participants et Ă  d’autres formes d’activitĂ© de leur part, y compris corporelle ; Ă  la maniĂšre dont elles les invitent Ă  partager leur expĂ©rience personnelle et Ă  mettre en Ɠuvre des formes de rĂ©cit de soi, ou au contraire Ă  privilĂ©gier un discours impersonnel, etc. Est-ce le cas dans les pratiques effectives ?

Enfin, il sera aussi possible d’étudier comment les acteurs Ă©ducatifs Ă©laborent des stratĂ©gies pour accĂ©der aux espaces Ă©ducatifs encadrĂ©s par les institutions scolaires. Ces acteurs jouent-ils de la professionnalisation de ces mĂ©tiers pour entrer plus facilement, ou au contraire, ces espaces se ferment-ils lorsque leurs pratiques s’inspirent des PDP ou de la PC ? Comment le processus de professionnalisation travaille-t-il ces deux courants de philosophie de l’éducation, dans leurs pratiques, et quelles perspectives leurs acteurs dĂ©veloppent-ils aux regards de ces transformations ?

[1] Cette inquiĂ©tude est par ailleurs ancienne, car John Dewey la formule ainsi dĂšs 1915 (Dewey, 1915) en exprimant son dĂ©saccord avec certaines politiques scolaires professionnalisantes du State Board of Education au sein de l’État de l’Indiana. [2] En effet, ces derniĂšres se sont construites Ă  partir d’un projet rĂ©volutionnaire oĂč l’éducation doit Ă  la fois ĂȘtre une activitĂ© libre visant une Ă©mancipation pour tous et toutes, et, dans le mĂȘme temps, Ɠuvrer Ă  la transformation de la sociĂ©tĂ© pour promouvoir une justice en lutte (contre les inĂ©galitĂ©s de sexe, de race et de classe, pour la justice environnementale, etc.) (Darder et al., 2003).

Bibliographie indicative :

Accorinti, S. (2002). Matthew Lipman y Paulo Freire: Conceptos para la libertad. UtopĂ­a y Praxis Latinoamericana, 7(18), 35-56.

Altet, M. (2003). Les compĂ©tences de l’enseignant-professionnel : entre savoirs, schĂšmes d’action et adaptation, le savoir analyser. Former des enseignants professionnels. Quelles stratĂ©gies ? Quelles compĂ©tences ? Dans L. Paquay, M. Altet, E. Charlier et P. Perrenoud (dir.), (2e Ă©dition, p. 27-40). De Boeck.

Altet, M. (2010). Deux décennies de formation des enseignants dans les IUFM : un processus de formation professionnalisante en héritage. Recherches en éducation [Online], 8.

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Daniel, M.-F., Darveau, M., Lafortune, L., et Pallascio, R. (2005). Pour l’apprentissage d’une pensĂ©e critique au primaire. Presses de l’UniversitĂ© du QuĂ©bec.

Darder, A., Baltodano, M. P., et Torres, R. D. (Eds.). (2003). The critical pedagogy reader. Psychology Press.

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Duclos, A.-M. (2014). La Philosophie pour enfants comme approche subversive face Ă  la logique nĂ©olibĂ©rale en Ă©ducation. Éthique en Ă©ducation et en formation: Les Dossiers du GREE, 1(3), 75‑97.

Gayraud, L., Simon-Zarca G., et Soldano C. (2011). Université : les dĂ©fis de la professionnalisation. NEF : Notes Emploi-Formation, 46.

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Lemosse, M. (1989), Le « professionnalisme Â» des enseignants : le point de vue anglais. Recherche et formation, 6, 55-66.

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LĂ©vine, J. (2014). L’enfant philosophe, avenir de l’humanité ? ESF Editeur.

Lipman, M. (1991). A l’école de la pensĂ©e : Enseigner une pensĂ©e holistique (Traduit par N. Decostre, 3e Ă©d.). De Boeck.

Maroy, C. (2006). Les Ă©volutions du travail enseignant en France et en Europe : facteurs de changement, incidences et rĂ©sistances dans l’enseignement secondaire. Revue française de pĂ©dagogie. Recherches en Ă©ducation, 155, 111‑42.

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Schön, D. A. (1983/1994). Le praticien rĂ©flexif: Ă  la recherche du savoir cachĂ© dans l’agir professionnel.Collection Formation des maĂźtres. Éditions Logiques.

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Pereira, I. (2017). Paolo Freire, pĂ©dagogue des opprimĂ©e-s : Une introduction aux pĂ©dagogies critiques. Libertalia

Pereira, I. (2024). Une Histoire de la PĂ©dagogie Critique et des Études Critiques en Éducation. Revista Internacional Educon, 5(1).

Slusarczyk, B., Fiema, G., Auriel, A., et Auriac- Slusarczyk, E. (2015). Étude de l’impact d’une introduction des ateliers de philosophie dans les curriculums au primaire et au collĂšge sur l’intĂ©gritĂ© cognitive. Recherches & Ă©ducations, 14, 123‑145.

Zanten, A. van (2012). L’école de la pĂ©riphĂ©rie. ScolaritĂ© et sĂ©grĂ©gation en banlieue. https://doi.org/10.3917/puf.vanza.2012.01.

Calendrier prévisionnel indicatif :

Publication de l’appel Ă  texte : 8 dĂ©cembre 2025

Transmission du rĂ©sumĂ© (5000 signes maximum) : 1er fĂ©vrier 2026

Transmission des rĂ©ponses aux auteurs : 1er mars 2025

Transmission des articles : 1er septembre 2026

Transmission des textes aux Ă©valuateurs : 1er dĂ©cembre 2026

Retour des premiĂšres Ă©valuations : 15 dĂ©cembre 2026

Transmission de la version dĂ©finitive des textes : 1er mai 2027 

Publication : DeuxiĂšme semestre 2027 / Premier semestre 2028

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă  soumettre leur rĂ©sumĂ© pour le 1er fĂ©vrier 2026 au plus tard. Les auteurs transmettent leur rĂ©sumĂ© directement Ă  l’adresse suivante : info@revue-phronesis.com

Les auteurs transmettent aussi leur texte simultanĂ©ment au coordonnateur du numĂ©ro et au directeur de la revue :

Agathe DelanoĂ« : agathe.delanoe@gmail.com

Marion BĂ©rard : marion.berard@u-picardie.fr

PĂ©nĂ©lope Dufourt : penelope.dufourt@gmail.com

Marie Coasne : marie.khawrin@univ-tours.fr

Christophe Point : christophe.point@univ-grenoble-alpes.fr

Philippe Maubant : Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Les auteurs sont priĂ©s de dĂ©poser leur texte dans deux versions : l’une dĂ©jĂ  anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache ;
  • leur adresse Ă©lectronique professionnelle

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NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

Utiliser l’italique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres d’ouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.

Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.

ÉCRITURE DES NOMBRES :

Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.

À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.

S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.

Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (Version francophone sans esperluette) :https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

Transformations individuelles et inter-individuelles au sein de recherches associant les sujets concernĂ©s Ă  leur conduite. Quels processus de professionnalisation et/ou d’émancipation ?

Numéro coordonné par :

Liliane Pelletier, Université Lyon 2, France.

liliane.pelletier1@univ-lyon2.fr

Xavier Conus, Université de Fribourg, Suisse.

xavier.conus@unifr.ch

Argumentaire scientifique :

Sous diverses appellations, les recherches associant Ă  leur conduite les sujets concernĂ©s ont une double visĂ©e comprĂ©hensive et transformative (Monceau et SouliĂšre, 2017). Elles cherchent d’une part Ă  accĂ©der Ă  une meilleure saisie d’une rĂ©alitĂ© au moyen d’une pluralitĂ© de regards et d’expertises. D’autre part, leur ambition est de produire des effets transformateurs sur les terrains d’enquĂȘte et Ă©mancipateurs pour les actrices et acteurs qui y participent. Ces formats participatifs supposent de crĂ©er la possibilitĂ© d’espaces intermĂ©tiers pour travailler aux carrefours de diffĂ©rentes logiques ; ils questionnent l’accessibilitĂ© avec la diversitĂ© comme levier à la transformation ; ils peuvent apparaĂźtre comme des outils de comprĂ©hension des situations complexes et de formation des professionnelles et professionnels (Thomazet et MĂ©rini, 2019). Les formes du “faire ensemble” et les façons de le conceptualiser sont toutefois diverses. DiffĂ©rents niveaux de participation peuvent ĂȘtre proposĂ©s, allant d’une collaboration limitĂ©e Ă  une participation complĂšte Ă  chacune des Ă©tapes de la recherche (Haklay, 2015).

Ce numĂ©ro s’inscrit dans la continuation de rĂ©flexions menĂ©es sur les fondements Ă©pistĂ©mologiques et mĂ©thodologiques de telles recherches (Savournin et Pelletier, 2025). À partir d’une diversitĂ© d’approches et de contextes, il vise Ă  dresser un Ă©tat des lieux des conditions par lesquelles ces formats de recherche sont susceptibles de dĂ©velopper des processus de professionnalisation et/ou d’Ă©mancipation chez les actrices et acteurs concernĂ©s. Ces effets sont explorĂ©s tant pour les personnes directement impliquĂ©es dans les collectifs de recherche que pour les actrices et acteurs concernĂ©s par l’objet des recherches menĂ©es.

Il est attendu des contributions qu’elles interrogent ces processus de professionnalisation et/ou d’Ă©mancipation au regard d’un des trois axes structurant le numĂ©ro :

  • L’axe 1 concerne les asymĂ©tries initiales en jeu inhĂ©rentes aux statuts et aux positionnements des personnes impliquĂ©es dans les collectifs pluricatĂ©goriels conduisant ces recherches. ConsidĂ©rĂ©es comme fondatrices, ces asymĂ©tries doivent nĂ©anmoins ĂȘtre dĂ©passĂ©es afin de permettre progressivement l’émergence d’une symĂ©trie. Pour cela, les positions de savoirs respectives doivent ĂȘtre nĂ©gociĂ©es en continu en vue d’oeuvrer au projet commun (DarrĂ©, 1999) au sein d’une zone de convergence prenant la forme d’un espace d’interculturation au sens de Clanet (1990) ou qualifiĂ© d’espace intermĂ©tier au sens de Thomazet et MĂ©rini (2014). Si la condition premiĂšre est de considĂ©rer que chacune et chacun a autant d’importance, cela suffit-il Ă  garantir la symĂ©trisation des savoirs et des positions ? Quelles autres conditions s’avĂšrent nĂ©cessaires ? Comment parvient-on Ă  instaurer cette zone de convergence et Ă  mettre en place une dynamique dans laquelle les diffĂ©rentes positions sont perçues sous l’angle de la complĂ©mentaritĂ© ?
  • L’axe 2 renvoie Ă  la question de l’accessibilitĂ© qui constitue un enjeu clĂ© dans l’idĂ©e de dĂ©mocratisation du processus de recherche et de la production de savoirs (Monceau et SouliĂšre, 2017). Elle nĂ©cessite de penser en continu les moyens de rendre accessible la recherche pour chacune des personnes engagĂ©es (Pelletier et Conus, 2025). C’est par ce processus d’accessibilisation qu’est rendue possible une appropriation des dĂ©marches et des savoirs coproduits. Quelles sont les conditions nĂ©cessaires Ă  la mise en accessibilitĂ© de la recherche ? Quelle posture pour le chercheur ou la chercheuse (Morrissette, 2012) Quels processus d’appropriation observe-t-on au sein des collectifs de recherche ? En quoi les processus d’accessibilisation et d’appropriation participent-ils aux effets de professionnalisation et/ou d’Ă©mancipation ?
  • L’axe 3 concerne la place de l’étonnement comme levier potentiel de dĂ©stabilisation et de dĂ©placement des regards. Pour que cet Ă©tonnement advienne au sein d’un collectif de recherche, cela exige une posture d’ouverture Ă  la surprise et Ă  l’imprĂ©visibilitĂ© (Dastur, 2000). Dans une dĂ©marche d’enquĂȘte au sens de Dewey (1938/2006), il s’agit de partir d’une situation qui d’indĂ©terminĂ©e, se transforme en une situation dĂ©terminĂ©e par de l’étonnement (Thievenaz, 2013) et une prise de recul construisant progressivement une intelligibilitĂ© de la situation nouvelle. Cela met en jeu des processus de rĂ©flexivitĂ© (Schön, 1993), Ă  penser aussi bien de maniĂšre individuelle que collective (Bieler et al., 2020). Quelle place est accordĂ©e Ă  l’étonnement dans une recherche qui associe les sujets concernĂ©s Ă  sa conduite ? Quels processus rĂ©flexifs observe-t-on alors ? Quels effets identifie-t-on au niveau individuel et/ou inter-individuel ?

Du point de vue des approches, les contributions pourront privilĂ©gier une analyse des enjeux politiques et/ou institutionnels derriĂšre les projets de recherche menĂ©s, en interrogeant les conditions d’émergence, de reconnaissance et de lĂ©gitimation de ces dĂ©marches associant les sujets concernĂ©s. Elles pourront aussi explorer les fondements Ă©pistĂ©mologiques de ces dĂ©marches de recherche, et analyser comment elles contribuent Ă  renouveler les maniĂšres de produire des connaissances utiles pour la recherche comme pour le terrain. En dernier lieu, l’approche retenue pourra favoriser une entrĂ©e praxĂ©ologique en examinant les aspects mĂ©thodologiques et en les discutant du point de vue de la dynamique du collectif et des personnes participantes. 

Enfin, le numĂ©ro veillera Ă  accorder une place importante aux contributions donnant la voix Ă  des actrices et acteurs habituellement peu entendus — jeunes, parents, personnes en situation de handicap, personnes issues de la migration, etc. — qui, par leur participation Ă  des formats de recherche les incluant, se trouvent en position d’agir sur leur environnement aux cĂŽtĂ©s de professionnelles et professionnels. Dans les contributions, une attention sera portĂ©e Ă  l’explicitation des contextes en jeu (institutionnels, territoriaux, culturels) et Ă  situer les conditions spĂ©cifiques qui ont rendu possible l’implication de toutes et tous dans le processus de recherche.

Références bibliographiques :

Bieler, P., Bister, M. D., Hauer, J., Klausner, M., Niewöhner, J., Schmid, C. et von Peter, S. (2020). Distributing Reflexivity through Co-laborative Ethnography. Journal of Contemporary Ethnography, 50(1), 77-98. https://doi.org/10.1177/0891241620968271

Clanet, C (1990). L’interculturel. Introduction aux approches interculturelles en Education et en Sciences Humaines. Presses universitaires du Mirail.

DarrĂ©, J.-P. (1999). La production de connaissances pour l’action. Arguments contre le racisme de l’intelligence. Éditions de la Maison des sciences de l’homme et Institut national de la recherche agronomique.

Dastur, F. (2000). Phenomenology of the event: Waiting and surprise. Hypatia, 15(4), 178-189.

Dewey, J. (1938/2006). Logique : la thĂ©orie de l’enquĂȘte. Trad. par G. Deledalle (Logic: The theory of Inquiry). Presses universitaires de France.

Haklay, M. (2015). Citizen science and policy: A European perspective. The Woodrow Wilson Center/Commons Lab.

Monceau, G., SouliĂšre, M. (2017). Mener la recherche avec les sujets concernĂ©s : comment et pour quels rĂ©sultats ? Éducation et socialisation, 45. http://journals.openedition.org/edso/2525  

Morrissette, J. (2012). Quelques ficelles du métier de chercheur collaboratif. Recherches qualitatives, Hors-Série, 13, 5-19.

Pelletier, L., Conus, X. (2025). DĂ©fis et forces des asymĂ©tries au sein d’un collectif de recherche pluricatĂ©goriel. L’accessibilitĂ© en jeu. Dans F. Savournin et L. Pelletier (dir.), La « recherche avec », vers de nouveaux savoirs pour l’Ă©ducation et les sociĂ©tĂ©s (p. 63-81). CĂ©paduĂšs Éditions.

Savournin, F., Pelletier, L. (dir.) (2025). La « recherche avec », vers de nouveaux savoirs pour l’Ă©ducation et les sociĂ©tĂ©s. CĂ©paduĂšs Éditions.

Schön, D. A. (1993). Le Praticien rĂ©flexif. À la recherche du savoir cachĂ© dans l’agir professionnel. Éditions Logiques.

Thievenaz J. (2013). Le rĂŽle de l’étonnement dans la construction de l’expĂ©rience. Éducation permanente, 197, 113-123.

Thomazet, S., MĂ©rini, C. (2014). Le travail collectif, outil d’une Ă©cole inclusive ? Questions Vives, 21. https://doi.org/10.4000/questionsvives.1509

Thomazet, S., Merini, C. (2019). Vers une sociĂ©tĂ© inclusive : des liens nĂ©cessaires entre formation, pratique et recherche. La nouvelle revue – Éducation et sociĂ©tĂ© inclusives, 85, 103-120. https://doi.org/10.3917/nresi.085.0103

Calendrier envisagĂ© :

  • Publication de l’appel Ă  textes : 3 novembre 2025
  • Transmission des rĂ©sumĂ©s (1 page 1/2) aux coordonnateurs.trices : 19 dĂ©cembre 2025
  • Retour aux auteurs.trices sur les rĂ©sumĂ©s : 10 janvier 2026
  • Invitation Ă  participer Ă  une journĂ©e d’étude autour des textes en construction : fin mars-dĂ©but avril 2026 (date prĂ©cise communiquĂ©e dĂ©but janvier 2026)
  • Transmission des textes par les auteurs.trices aux coordonnateurs.trices : 31 mai 2026
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs.trices : 15 juin 2026
  • Retour des Ă©valuations : 15 octobre 2026
  • Transmission des Ă©valuations aux auteurs.trices : 25 octobre 2026
  • Transmission des textes rĂ©visĂ©s aux Ă©valuateurs.trices et aux coordonnateurs.trices : 15 dĂ©cembre 2026
  • Relecture des textes par les coordonnateurs.trices et l’équipe de la revue Phronesis : 30 janvier 2027
  • Publication : Printemps 2027

Consignes aux auteurs :

RÚgles générales :

Les auteurs.trices intéressés sont invité.e.s à soumettre leur résumé pour le 19 décembre 2025 et à le transmettre aux coordonnateurs.trices du numéro :

Liliane Pelletier,

liliane.pelletier1@univ-lyon2.fr

Xavier Conus,

xavier.conus@unifr.ch

et simultanément à la revue Phronesis (en indiquant dans le message le titre du numéro thématique) :

info@revue-phronesis.com

Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs.trices sont priĂ©.e.s de soumettre leur texte dans deux versions : l’une anonymisĂ©e et la seconde non anonymisĂ©e.

Ils/elles sont invités à indiquer :

  • Le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • Leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache ;
  • Leur adresse Ă©lectronique professionnelle exclusivement.

Ils/elles doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymisĂ© ne permet de les identifier (rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie, mais Ă©galement dans certaines rubriques de Word [propriĂ©tĂ©s du document]). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, des schĂ©mas et des figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs.trices sont invitĂ©.e.s Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).

Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de l’American Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

La longueur de chaque chapitre sera de 80 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie.

Les textes sont présentés à interligne simple.

La police de caractÚres utilisée est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).

PRÉSENTATION DES FIGURES, SCHÉMAS ET DES TABLEAUX :

  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
  • Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
  • Les auteurs.trices indiquent dans le texte l’emplacement des schĂ©mas, des tableaux et/ou des figures Ă  insĂ©rer. Ils/elles les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă  la composition de ces documents.
  • L’équipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă  la comprĂ©hension de l’argumentaire.

HIÉRARCHISATION DES TITRES :

  • Trois niveaux de titre sont permis.
  • NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

  • Utiliser l’italique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres d’ouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
  • Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.

ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e édition (version francophone sans esperluette) :

https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© impĂ©rativement qu’elle ne soit pas articulĂ©e ou liĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.trice.

https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© impĂ©rativement qu’elle ne soit pas articulĂ©e ou liĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.trice.

Les pratiques de coenseignement développemental : enjeux, conditions, méthodes et effets sur la professionnalisation de la formation des enseignants

Numéro thématique coordonné par :

Cécile Berterreix

Laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique, éducation et formation, Université de Montpellier, France.

cecile.berterreix@u-bordeaux.fr

Carine Reydy

Laboratoire ÉpistĂ©mologie et didactiques des disciplines, UniversitĂ© de Bordeaux, France.

carine.reydy@u-bordeaux.fr

Philippe Tremblay

Centre de recherche et d’interventions sur la rĂ©ussite scolaire (CRIRES), UniversitĂ© Laval, QuĂ©bec, Canada.

Philippe.Tremblay@fse.ulaval.ca

Argumentaire scientifique : 

Ces huit derniĂšres annĂ©es, les rĂ©formes successives françaises et belges ont rapprochĂ© la formation enseignante des salles de classe (Villani et Torossian, 2018 ; ministĂšre de l’Éducation nationale, 2020, 2021, 2025 ; Parlement de la FĂ©dĂ©ration Wallonie‑Bruxelles, 2022, 2023). Cela Ă©tant, diffĂ©rents auteurs le rappellent : toute situation de travail n’est pas en soi « apprenante » (Mayen et Gagneur, 2017). En ce sens, plusieurs recherches soutiennent des alternatives pour favoriser la construction professionnelle d’enseignants dĂ©butants ou expĂ©rimentĂ©s en contexte de classe : en (i) amĂ©nageant celui-ci (Mayen, 2018 ; Berterreix, 2024) et (ii) en y incluant davantage de collaboration, via du coenseignement entre enseignants (Michel, 2018 ; Tremblay, 2023) et en mobilisant potentiellement des collectifs de pairs (Baeten et Simons, 2014, 2016 ; Berterreix et ChaliĂšs, 2025). Ces rĂ©formes offrent ainsi l’opportunitĂ© de coenseigner pour soutenir du dĂ©veloppement professionnel, que ce soit en formation initiale lors des stages d’observation, de pratique accompagnĂ©e, en responsabilitĂ© (ministĂšre de l’Éducation nationale, 2021, 2025), en formation continuĂ©e ou continue, lors des constellations (visites croisĂ©es, par exemple) (ministĂšre de l’Éducation nationale, 2020).

Le coenseignement dĂ©veloppemental, en formation initiale, continuĂ©e ou continue, se dĂ©finit comme une activitĂ© commune d’enseignement, dans un mĂȘme groupe et dans un mĂȘme temps de plusieurs enseignants se partageant les responsabilitĂ©s Ă©ducatives pour atteindre des objectifs spĂ©cifiques (Tremblay, 2023).

En formation initiale, cette modalitĂ© peut rĂ©unir un tuteur et un stagiaire (dyade), ou un tuteur et deux stagiaires (triade), voire une tĂ©trade dans le cas d’un tuteur et de trois stagiaires (par exemple, des Ă©tudiants en premiĂšre annĂ©e de Master MĂ©tier de l’enseignement, de l’Ă©ducation et de la formation, au sein du systĂšme Ă©ducatif français). Le coenseignement apparaĂźt ainsi comme une alternative au tutorat traditionnel en rĂ©ponse aux limites soulignĂ©es par la littĂ©rature (Moussay et al., 2017 ; Moussay et MĂ©ard, 2010 ; ChaliĂšs et Durand, 2000). Cette derniĂšre appelle Ă  dĂ©velopper des formes davantage collaboratives de tutorat (Moussay, 2012) jusqu’au coenseignement (Baeten et Simons, 2016 ; Bullough et al., 2003 ; Simons et al., 2020 ; Michel et Bertone 2017). Au cours d’une sĂ©ance, diffĂ©rentes configurations de coenseignement  (Cook et Friend, 2017) sont bien souvent mises en Ɠuvre, et non une seule (Tremblay, 2023). Cela Ă©tant, la littĂ©rature anglophone rĂ©vĂšle que le coenseignement en sĂ©quentiel serait davantage source de construction professionnelle qu’un coenseignement en parallĂšle (Simons et al., 2020). DiffĂ©rents paramĂštres (objectif de formation, asymĂ©trie entre formĂ© et formateur, rĂ©itĂ©ration de phases de sĂ©ance, modalitĂ©s de rĂ©gulation employĂ©es, trace de l’activitĂ© du coenseignement rĂ©alisĂ©) lors d’un coenseignement font d’ailleurs varier la possibilitĂ© de soutenir des apprentissages professionnels (Berterreix, 2024). De plus, en sĂ©quentiel, les airs de famille (Wittgenstein, 2004) prĂ©sents entre deux phases d’une mĂȘme sĂ©ance semblent constituer une condition favorable soutenant les apprentissages professionnels (Berterreix, 2024).

MobilisĂ© en formation continue au sein de dispositifs de formation (ChaliĂšs et Bertone, 2021 ; Berterreix et ChaliĂšs, 2025), le coenseignement soutient les processus d’enquĂȘte (Lussi Borer et Muller, 2016) pour dĂ©velopper de nouvelles pratiques enseignantes. Il alimente les controverses entre enseignants, les apprentissages et le dĂ©veloppement professionnels individuels au sein d’équipes d’établissement (Berterreix et ChaliĂšs, 2025, ChaliĂšs et Bertone, 2021).

Ces diffĂ©rents Ă©lĂ©ments ouvrent d’abord le champ d’une discussion sur les enjeux politiques actuels Ă  l’international, en matiĂšre de coenseignement. Qu’en est-il de son dĂ©ploiement au sein des diffĂ©rentes politiques Ă©ducatives de formation initiale et continue enseignante, pour quel paradigme dominant en formation ? Quelles limites et nĂ©cessaires Ă©volutions cela suppose-t-il de la part de l’institution et de son organisation ? En particulier, qu’en est-il de l’évaluation et de la validation de la construction professionnelle des stagiaires au sein de leur cursus de formation ?

Par ailleurs, comment concevoir ces situations de coenseignement pour soutenir l’apprentissage ou le dĂ©veloppement professionnels enseignant ? Comment ces situations sont-elles mobilisĂ©es au sein de dispositifs de formation et dans quelle intention ? Quels sont leurs effets sur le vĂ©cu et la construction professionnelle des (co)enseignants et des Ă©lĂšves ?

Enfin, consacrer un numĂ©ro thĂ©matique au coenseignement dĂ©veloppemental en formation enseignante offre, plus largement, l’occasion d’engager une rĂ©flexion mĂ©thodologique : quelles approches et quelles mĂ©thodologies pourraient permettre d’en analyser les retombĂ©es et l’efficacitĂ© ?

Au sein de ce numĂ©ro thĂ©matique, les publications s’attacheront ainsi Ă  documenter :

  • Axe 1 : la place du coenseignement dans les textes institutionnels orientant ou promouvant la formation initiale, continuĂ©e et continue des enseignants en Europe et Ă  l’international

Que ce soit sur le plan europĂ©en ou international, en formation initiale, continuĂ©e comme en formation continue enseignante, les politiques Ă©ducatives diffĂšrent d’un pays Ă  l’autre. Qu’en est-il de la mobilisation potentielle et effective du coenseignement au sein des textes institutionnels ? Quelle place est accordĂ©e au coenseignement dans les textes officiels ? S’agit-il d’une prescription officielle au sein des textes, d’un espace rendu possible en formation sans qu’il ne soit effectivement mentionnĂ© (e.g. constellation) ou en est-il absent ? En consĂ©quence, quelles adaptations organisationnelles et institutionnelles sont nĂ©cessaires ?

  • Axe 2 : les Ă©tudes et les pratiques portant sur les dispositifs de formation initiale et continue qui mobilisent du coenseignement Ă  visĂ©e dĂ©veloppementale

Plusieurs dispositifs de formation continue incluant du coenseignement sont dĂ©ployĂ©s dans diffĂ©rents pays depuis cinq annĂ©es. Dans cet axe, les communications porteront sur les ingĂ©nieries dĂ©ployĂ©es en formation initiale ou continue mobilisant du coenseignement. Quelle place est donnĂ©e au coenseignement dans l’ingĂ©nierie conçue, avec quelle(s) intention(s), pour quelles retombĂ©es objectivĂ©es (en termes de vĂ©cu, d’apprentissage, de dĂ©veloppement, de soutien ou de controverses) ? Les publications pourront documenter ces effets tant auprĂšs du formĂ©, que du formateur, des Ă©lĂšves, de l’établissement ou de l’institution.

  • Axe 3 : les mĂ©thodologies permettant de caractĂ©riser les retombĂ©es du coenseignement Ă  visĂ©es dĂ©veloppementale Ă  diffĂ©rents niveaux (Ă©lĂšves, formĂ©s, formateurs)

De nombreux travaux de recherche (team-teaching, co-teaching, peer-teaching) ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s sur le coenseignement dĂ©veloppemental (e.g. Baeten et Simons, 2016 ; Bullough et al. 2003 ; Carpenter et al. 2007). Les Ă©tudes mobilisent plus particuliĂšrement des donnĂ©es extrinsĂšques ou dĂ©claratives des participants. Une perspective est d’ailleurs de complĂ©ter ces Ă©tudes avec des approches orientĂ©es activitĂ©s et des donnĂ©es davantage intrinsĂšques (ChaliĂšs et Bertone, 2017 ; Theureau, 2015 ; PastrĂ© et al., 2006). Ainsi, cet axe questionne davantage les aspects mĂ©thodologiques permettant de caractĂ©riser les retombĂ©es de cette modalitĂ©, tant sur le vĂ©cu et les apprentissages des Ă©lĂšves, que sur celui des formĂ©s ou des formateurs. Se posent des questions d’articulation entre donnĂ©es extrinsĂšques et intrinsĂšques, quantitatives et qualitatives, et de croisement des effets sur les diffĂ©rents acteurs impliquĂ©s. Ces considĂ©rations pourraient, par exemple, permettre de questionner l’efficacitĂ© de cette forme d’accompagnement, tant en formation initiale, continuĂ©e que continue.

Bibliographie indicative :

Baeten, M., Simons, M. (2014). Student teachers’ team teaching: Models, effects, and conditions for implementation. Teaching and Teacher Education, 41, 92‑110. https://doi.org/10.1016/j.tate.2014.03.010

Baeten, M., Simons, M. (2016). Student teachers’ team teaching: How do learners in the classroom experience team-taught lessons by student teachers? Journal of Education for Teaching, 42(1), 93‑105. https://doi.org/10.1080/02607476.2015.1135226

Berterreix, C. (2024). Construire un territoire apprenant : Une voie possible pour optimiser la formation initiale et continue des enseignants du premier degrĂ© ? Étude des retombĂ©es collectives et individuelles d’un dispositif de formation de type « constellation » [ThĂšse de doctorat inĂ©dite en sciences de l’éducation]. UniversitĂ© de Montpellier, France. https://theses.hal.science/tel-04766256

Berterreix, C., ChaliĂšs, S. (2025). D’une Ă©quipe pĂ©dagogique Ă  une communautĂ© apprenante Ă©cole. Phronesis, 14(4), 49‑74.

Bullough, R. V., Young, J., Birrell, J. R., Clark, D. C., Egan, W. M., Erickson, L., Frankovich, M., Brunetti, J. & Welling, M. (2003). Teaching with a peer: A comparison of two models of student teaching. Teaching and Teacher Education, 19(1), 57‑73. https://doi.org/10.1016/S0742-051X(02)00094-X

Carpenter, D. M., Crawford, L., Walden, R. (2007). Testing the efficacy of team teaching. Learning Environments Research, 10(1), 53‑65. https://doi.org/10.1007/s10984-007-9019-y

Chaliùs, S., Bertone, S. (2017). And if L. Wittgenstein Helped Us to Think Differently About Teacher Education? In M. A. Peters et J. Stickney (Eds.), A Companion to Wittgenstein on Education (p. 659‑673). Springer Singapore. https://doi.org/10.1007/978-981-10-3136-6_43

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ChaliĂšs, S., Durand, M. (2000). L’utilitĂ© discutĂ©e du tutorat en formation initiale des enseignants. Recherche & formation, 35(1), 145‑180. https://doi.org/10.3406/refor.2000.1678

Cook, L., Friend, M. (2017). Co-teaching: Guidelines for creating effective practices. Focus on Exceptional Children, 28(3). https://doi.org/10.17161/foec.v28i3.6852

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MinistĂšre de l’Éducation nationale. (2021). Vademecum de la rĂ©forme de la formation initiale des professeurs et des conseillers principaux d’éducation en INSPÉ. https://services.dgesip.fr/fichiers/2021_vademecum_formation_CPE_professeurs.pdf

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Moussay, S. (2012). Le tutorat collectif comme ressource professionnelle au service de l’apprentissage du mĂ©tier d’enseignant. Dans S. Ciavaldini-Cartaut (Dir.), Innover en formation. Accompagner autrement les enseignants entrant dans le mĂ©tier (p. 86‑98). L’Harmattan.

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Moussay, S., MĂ©ard, J. (2010). À quoi sert le tutorat dans la formation des enseignants ? Le ou les tutorats ? Dans M. Cizeron et N. Gal-Petitfaux (Dir.), Analyse de pratiques : expĂ©rience et gestes professionnels (p. 111‑120). Presses universitaires Blaise Pascal.

Parlement de la FĂ©dĂ©ration Wallonie‑Bruxelles. (2022). DĂ©cret n° 309 (2021‑2022) modifiant le dĂ©cret du 7 fĂ©vrier 2019 relatif Ă  la formation initiale des instituteurs et enseignants, notamment en instaurant un stage de longue durĂ©e en fin de cursus [DĂ©cret]. EntrĂ© en vigueur Ă  la rentrĂ©e 2022‑2023.

Parlement de la FĂ©dĂ©ration Wallonie‑Bruxelles. (2023). DĂ©cret modifiant le dĂ©cret du 7 fĂ©vrier 2019 relatif Ă  la formation initiale des instituteurs et enseignants, instituteur·trice·s gradué·e·s et agrĂ©gĂ©s de l’enseignement secondaire, particuliĂšrement en introduisant la modalitĂ© de “stage de longue durĂ©e” en derniĂšre annĂ©e de formation [DĂ©cret 2023].

PastrĂ©, P., Mayen, P., Vergnaud, G. (2006). La didactique professionnelle. Revue française de pĂ©dagogie, (154), 145‑198. https://doi.org/10.4000/rfp.157

Simons, M., Baeten, M., Vanhees, C. (2020). Team teaching during field experiences in teacher education: Investigating student teachers’ experiences with parallel and sequential teaching. Journal of Teacher Education, 71(1), 24‑40. https://doi.org/10.1177/0022487118789064

Theureau, J. (2015). Le cours d’action : L’enaction et l’expĂ©rience. Octares.

Tremblay, P. (2023). Coenseignement. Academia.

Villani, C., Torossian, C. (2018). 21 mesures pour l’enseignement des mathĂ©matiques. https://www.education.gouv.fr/21-mesures-pour-l-enseignement-des-mathematiques-3242

Wittgenstein, L. (2004). Recherches philosophiques. Gallimard.

Calendrier prĂ©visionnel :

Publication de l’appel Ă  texte : 14 octobre 2025

Transmission du rĂ©sumĂ© (5000 signes maximum) : 10 dĂ©cembre 2025

Transmission des rĂ©ponses aux auteurs : 20 dĂ©cembre 2025

Transmission des articles : 2 avril 2026

Transmission des textes aux Ă©valuateurs : 8 avril 2026

Retour des premiĂšres Ă©valuations : 15 juillet 2026

Retours aux auteurs : 1er septembre 2026

Transmission de la version dĂ©finitive des textes : 15 dĂ©cembre 2026 

Publication : premier semestre 2027

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă  soumettre leur texte pour le 20 novembre 2025 au plus tard. Les auteurs transmettent leur texte directement Ă  l’adresse suivante : info@revue-phronesis.com

Les auteurs transmettent aussi leur texte simultanĂ©ment au coordonnateur du numĂ©ro et au directeur de la revue :

cecile.berterreix@u-bordeaux.fr

carine.reydy@u-bordeaux.fr

Philippe.Tremblay@fse.ulaval.ca

Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Les auteurs sont priĂ©s de dĂ©poser leur texte dans deux versions : l’une dĂ©jĂ  anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache ;
  • leur adresse Ă©lectronique professionnelle

 Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

Les auteurs sont priĂ©s de transmettre leur article dans deux versions : l’une dĂ©jĂ  anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).

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La longueur de chaque chapitre sera de 90 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie. Les textes sont présentés à interligne simple.

La police de caractĂšres utilisĂ©e est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).

PRÉSENTATION DES FIGURES, SCHÉMAS ET DES TABLEAUX :

  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
  • Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
  • Aucune annexe ne peut figurer dans l’article.
  • Les auteurs indiquent dans le texte l’emplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă  insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă  la composition de ces documents.
  • L’équipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă  la comprĂ©hension de l’argumentaire.

HIÉRARCHISATION DES TITRES :

  • Trois niveaux de titre sont permis.
  • NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

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ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (Version francophone sans esperluette) :https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

Les usages du concept d’« enquĂȘte » dans les Sciences de l’éducation et de la formation : dĂ©marche d’étude de la professionnalisation

Numéro thématique coordonné par :

Joris Thievenaz

Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES-EA 7313), Université Paris Est Créteil, France.

joris.thievenaz@u-pec.fr

Argumentaire scientifique :

Les propositions, concepts et options thĂ©oriques Ă©laborĂ©s par John Dewey (1859-1952) tout au long de son Ɠuvre, connaissent ces derniĂšres annĂ©es un regain d’intĂ©rĂȘt particuliĂšrement important en Sciences humaines et sociales (SHS), y compris en Sciences de l’éducation et de la formation (SEF). Comme en tĂ©moignent de nombreuses publications, journĂ©es d’études, traductions, recherches doctorales, etc., le « paradigme de l’enquĂȘte » rencontre un vif intĂ©rĂȘt, dans les milieux de la recherche, en particulier dans les disciplines qui Ă©tudient des champs de pratiques sociales. Le concept d’enquĂȘte (1938) et le paradigme de l’expĂ©rience qu’il sous-tend constituent l’aboutissement de la trajectoire intellectuelle de John Dewey (1903, 1910, 1916, 1922, 1933). Fruit de plusieurs dizaines d’annĂ©es de rĂ©flexion, la thĂ©orie de l’enquĂȘte se prĂ©sente comme un condensĂ© des apports philosophiques, psychologiques et pĂ©dagogiques de l’auteur.

Des travaux pionniers ont Ă©tĂ© l’occasion de prĂ©senter et de discuter des principes et des options thĂ©oriques qui sous-tendent la thĂ©orie de l’enquĂȘte et de montrer son intĂ©rĂȘt pour les pratiques de recherche, d’enseignement de formation (Fabre 1993, 1999, 2009 ; Thievenaz, 2012 ; Mayen, 2013).

Force est de constater, que non seulement l’intĂ©rĂȘt ne s’est pas estompĂ© au fil du temps, mais qu’il s’est au contraire accentuĂ© (Thievenaz et al., 2024 ). Il ne s’agit plus dĂšs lors de prĂ©senter cette approche thĂ©orique et d’en explorer les fondements, mais plutĂŽt d’en questionner les usages et les formes de mobilisations dans l’activitĂ© de recherche. Si les propositions thĂ©oriques contenues dans une telle approche sont aujourd’hui connues et diffusĂ©es dans notre milieu acadĂ©mique (Fabre, 1999, Fabre et Thievenaz, 2019 ; Thievenaz, 2012, 2019, Mayen, 2013 ; Albero, 2019, Thievenaz et Fabre, 2023) la genĂšse de ce concept et la façon dont celui-ci a fait l’objet d’une maturation progressive demeurent en revanche peu Ă©tudiĂ©es.

Que signifie « prendre appui », « convoquer » ou « mobiliser », « faire rĂ©fĂ©rence », voire mĂȘme parfois « se revendiquer » de cette approche conceptuelle ? Quelles conditions cela implique-t-il ? Quelles en sont les visĂ©es ? Quelles vigilances sont Ă  exercer ? Etc. L’archĂ©ologie du concept d’enquĂȘte ne relĂšve pas uniquement d’un travail d’érudition rĂ©servĂ© Ă  quelques spĂ©cialistes des apports du pragmatisme. Il montre comment pour dĂ©signer le processus qu’il recouvre, l’auteur Ă  lui-mĂȘme hĂ©siter entre diffĂ©rents termes dans le but de mettre en Ă©vidence le caractĂšre Ă  la fois universel et ordinaire de la dĂ©marche de connaissance par et dans l’activitĂ©.

Ce travail « d’enquĂȘte sur la notion d’enquĂȘte » se rĂ©vĂšle Ă©galement utile pour mieux comprendre la diversitĂ© de ses formes de rĂ©ception et d’usage dans les travaux de recherche en Sciences de l’éducation et de la formation et notamment ceux qui abordent les questions d’apprentissage, de formation et de professionnalisation.

Dans cette perspective, ce numĂ©ro thĂ©matique interroge, dans les travaux de recherche actuels en Ă©ducation et formation, les modes de recours et d’usage du concept d’enquĂȘte ainsi que de l’approche thĂ©orique qu’il sous-tend. Il s’agit, pour ce faire, d’expliciter et d’analyser les conditions selon lesquelles cette thĂ©orie est abordĂ©e, l’objet d’étude et le terrain investi sous ce prisme, les types de connaissances Ă©laborĂ©es ainsi, et plus largement la maniĂšre dont cette thĂ©orie vient modifier les cadres d’analyse. Le but consiste Ă  mettre en Ă©vidence, matĂ©riaux empiriques Ă  l’appui, de quelle maniĂšre son exploitation en tant que postulat thĂ©orique permet non seulement de produire des connaissances valides, mais apporte aussi une spĂ©cificitĂ© qui peut s’avĂ©rer complĂ©mentaire avec d’autres types d’approches conceptuelles.

Les articles rĂ©unis dans ce numĂ©ro pourront s’inscrire dans au moins trois axes de rĂ©flexion (non exhaustifs et pouvant ĂȘtre traitĂ©s de façon conjointe dans les contributions) :

‱ Axe 1 : Faire usage de l’enquĂȘte pour interroger les dynamiques de professionnalisation des sujets et des organisations de travail et de formation (dimension mĂ©thodologique et empirique)

Il s’agit dans cette optique de montrer comment la notion d’enquĂȘte telle que forgĂ©e par John Dewey dans une approche psycho-philosophique de l’expĂ©rience peut ĂȘtre convoquĂ©e comme un concept d’intelligibilitĂ© des processus par lesquels les sujets construisent des compĂ©tences et dĂ©veloppent leur expĂ©rience en situation de travail et de formation. La thĂ©orie de l’enquĂȘte est alors envisagĂ©e comme un cadre conceptuel permettant d’étudier les processus de professionnalisation en acte et leurs consĂ©quences sur la transformation non seulement des sujets, mais aussi des environnements de travail dans lesquels ils Ă©voluent. Les propositions de contributions qui s’inscrivent dans cet axe, montreront ainsi (en prenant appui sur des matĂ©riaux empiriques issus de recherche de terrain) les « usages en actes » du concept d’enquĂȘte le domaine des SEF.

‱ Axe 2 : Interroger les usages de l’enquĂȘte dans le domaine de la recherche en Ă©ducation et formation (dimension Ă©pistĂ©mo-thĂ©orique)

Mobiliser une thĂ©orie, un concept ou un paradigme de recherche ne va jamais de soi. Cela implique un travail non seulement d’élaboration (d’un cadre conceptuel compatible avec les visĂ©es, l’objet, le terrain de la recherche), mais aussi de discussion, de prise de distance, d’amĂ©nagement et parfois mĂȘme de dĂ©construction. Un enjeu consiste dĂšs lors Ă  engager une rĂ©flexion autant thĂ©orique, Ă©pistĂ©mologique qu’éthique sur les modalitĂ©s et conditions d’appropriation d’une thĂ©orie ou d’une partie de la thĂ©orie pour produire des connaissances scientifiques sur les activitĂ©s humaines. Les propositions de contributions qui s’inscrivent dans cet axe, questionneront les conditions, les principes et les points de vigilance qui conditionnent le « recours Ă  l’enquĂȘte » en SEF.

‱ Axe 3 : Mobiliser l’enquĂȘte pour agir en Ă©ducation et formation (dimension praxĂ©ologique)

FidĂšle Ă  la conception pragmatiste de John Dewey selon laquelle « la thĂ©orie est Ă©minent pratique » (1933), il s’agit dans cette perspective d’étudier sous quelles conditions la thĂ©orie de l’enquĂȘte est susceptible d’ĂȘtre mobilisĂ©e dans une intention d’apprentissage, de formation et de professionnalisation. Dans cette perspective seront traitĂ©s les diffĂ©rents usages pĂ©dagogiques et didactiques qui sont fait de l’enquĂȘte ainsi que leurs retombĂ©es sur la construction des sujets, des activitĂ©s et des environnements. En partant du principe que sous certaines conditions, l’enquĂȘte peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une ressource pour l’action, les propositions de contributions qui s’inscrivent dans cet axe exploreront les visĂ©es expĂ©rientielles, transformatives, ou Ă©mancipatrices poursuivies Ă  travers la mobilisation de ce concept.

Consacrer un numĂ©ro thĂ©matique aux usages scientifiques de la thĂ©orie de l’enquĂȘte est ainsi plus largement l’occasion d’engager un questionnement de nature Ă©pistĂ©mologique Ă  propos des processus de mobilisation de concepts et de cadres d’analyse dans la discipline. Si les phĂ©nomĂšnes d’emprunts, de réélaboration, d’actualisation de concepts provenant d’autres disciplines, sont non seulement courants, mais aussi constitutifs de la vie scientifique de la vie de la discipline depuis sa crĂ©ation, une telle dynamique, loin d’ĂȘtre conçue comme naturelle, nĂ©cessite d’ĂȘtre rĂ©guliĂšrement, de maniĂšre Ă  conserver toute la puissance heuristique des thĂ©ories et des concepts qui les constituent. EnquĂȘter sur les usages du concept d’enquĂȘte apparait dĂšs lors comme un moyen d’interroger les habitudes scientifiques qui organisent l’activitĂ© de recherche dans la discipline.

Discuter les usages scientifiques du concept d’enquĂȘte revient, ce faisant, Ă  prolonger un questionnement Ă©pistĂ©mologique concernant non seulement les concepts, mais aussi les prĂ©supposĂ©s et les logiques scientifiques mobilisĂ©s et Ă©laborĂ©s dans le milieu de la recherche en formation des adultes (Barbier, 2001 ; Champy-Remoussenard, 2005 ; Albero, 2013, 2020 ; Thievenaz, 2023a,b). L’intĂ©rĂȘt suscitĂ© par ce concept et les mĂ©thodes Ă©laborĂ©es en vue de sa mobilisation dans la recherche en formation des adultes implique de rĂ©interroger les prĂ©supposĂ©s qui sous-tendent ces travaux ainsi que les facteurs sociaux qui concourent Ă  leur dĂ©veloppement. Dans une perspective qui relĂšve de la vigilance Ă©pistĂ©mologique, ce numĂ©ro vise ainsi une remise Ă  l’étude des catĂ©gories, habitudes et principes d’analyse qui se sont mis en place durant les derniĂšres dĂ©cennies dans notre milieu scientifique.

Bibliographie :

Albero, B. (2013). L’analyse de l’activitĂ© en sciences de l’éducation : entre aspirations scientifiques et exigences pragmatiques ». Travail et apprentissages, 12, 94-117.
Albero, B. (2019). La thĂ©orie de l’enquĂȘte : relier les pĂŽles Ă©pistĂ©mĂš et praxis de l’activitĂ©. Recherche et formation, 92, 39-56.
Albero, B. (2020). Une tension structurante entre épistémÚ et praxis : différenciations et processus transversaux. Dans J. Thievenaz, F. Saussez, J.-M. Barbier (Dir.), Comprendre/Transformer (p. 243-275). Peter Lang.
Barbier, J.-M. (2001). La constitution de champs de pratiques en champs de recherches. Dans J.-M Baudoin, J. Friedrich (Dir.), ThĂ©orie de l’action et Ă©ducation (p. 315-317). De Boeck.
Champy-Remoussenard, P. (2005). Les thĂ©ories de l’activitĂ© entre travail et formation. Savoirs. 8, 9-50.
Dewey, J. (1903). Studies in Logical Theory. University of Chicago Press.
Dewey, J. (1910, 2004). Comment nous pensons ? Trad. par O. Decroly (How we think). Les EmpĂȘcheurs de penser en rond.
Dewey, J. (1916). Essays in experimental logic. University of Chicago Press
Dewey, J. (1922). Humain Nature and conduct. An Introduction to Social Psychology. Cosimo.
Dewey, J. (1933) How we think (2e édition non traduite, revue et augmentée). D.C Heath
Dewey, J. (1938, 1967). Logique : la thĂ©orie de l’enquĂȘte. Trad. par G. Deledalle (Logic: The theory of Inquiry). Presses universitaires de France.
Fabre, M. (1993). De la rĂ©solution de problĂšme Ă  la problĂ©matisation. Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, 4-5, 71-102.
Fabre, M. (1999). Situations problĂšmes et savoirs scolaire. Presses universitaires de France.
Fabre, M. (2009). Philosophie et pédagogie du problÚme. Vrin.
Fabre, M. (2023). L’idĂ©e d’expĂ©rience chez Dewey : entre la voie de Locke et la voie de Hegel. Recherches & Ă©ducations, hors-sĂ©rie 2. http://journals.openedition.org/rechercheseducations/14980
Fabre, M., Thievenaz, J. (2019). L’enquĂȘte : un concept heuristique pour les sciences de l’éducation et de la formation. Entretien avec Michel Fabre. Recherche & Formation, 92, 95-104.
Mayen, P. (2013). John Dewey, l’éducation et la reconstruction continue de l’expĂ©rience. Éducation permanente, 198, 9-22.
Thievenaz, J. (2012). L’activitĂ© d’« enquĂȘte » du mĂ©decin du travail. Recherche et Formation, 70, 61-74.
Thievenaz, J. (2019). La thĂ©orie de l’enquĂȘte de John Dewey. RĂ©explorations pour la recherche en Sciences de l’éducation et de la formation. Recherche & Formation, 92, 19-38.
Thievenaz, J. (2023a, Ă  paraĂźtre). L’approche par l’analyse de l’activitĂ© en sciences de l’éducation et de la formation : enjeux, principes et perspectives. Dans R. Wittorski, D. DemaziĂšre (Dir.), EncyclopĂ©die de la professionnalisation. ISTE Éditions.
Thievenaz, J. (2023b). Interroger les prĂ©supposĂ©s et les logiques scientifiques de l’analyse du travail en Sciences de l’éducation et de la formation. Éducation permanente, 234/235, 107-120.
Thievenaz, J., Fabre, M. (2023). La ThĂ©orie de l’enquĂȘte de John Dewey : fondements, rĂ©ception et usages dans la recherche francophone en Ă©ducation et formation. (Note de synthĂšse). Revue française de pĂ©dagogie, 219, 129-178.
Thievenaz, J., Las-Vergnas, O., Kedidah Chair, N. (2024). Rediscovering Dewey’s Concept of “Inquiry” in Francophone Literature: A Lexicographical Analysis of Scientific Production Pertaining to Education and Training Issue. Education and Culture: Vol. 40 : Iss. 1, Article 5.
https://docs.lib.purdue.edu/eandc/vol40/iss1/art5

Calendrier prĂ©visionnel :

  • Publication de l’appel Ă  textes : 25 juin 2025
  • Transmission des textes par les auteurs aux coordonnateurs du numĂ©ro : 20 novembre 2025
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs : 25 novembre 2025
  • Retour des Ă©valuations : 6 janvier 2025
  • Transmission des Ă©valuations aux auteurs : 10 janvier 2026
  • Transmission des textes rĂ©visĂ©s au coordonnateur au plus tard le 20 fĂ©vrier 2026
  • Relecture des textes par le coordonnateur du numĂ©ro et l’équipe de la revue Phronesis, et dĂ©cision de publication : 1er mars 2026
  • Publication : Printemps 2026

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă  soumettre leur texte pour le 20 novembre 2025 au plus tard. Les auteurs transmettent leur texte directement Ă  l’adresse suivante : info@revue-phronesis.com

Les auteurs transmettent aussi leur texte simultanĂ©ment au coordonnateur du numĂ©ro et au directeur de la revue :

joris.thievenaz@u-pec.fr

Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Les auteurs sont priĂ©s de dĂ©poser leur texte dans deux versions : l’une dĂ©jĂ  anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache ;
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  • Trois niveaux de titre sont permis.
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  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

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Panser et repenser le travail dans un dialogue avec la formation

Numéro thématique coordonné par :

Sabrina Labbé

UnitĂ© mixte de recherche Éducation-Formation-Travail-Savoirs (EFTS), UniversitĂ© de Toulouse Le Mirail, France.

sabrina.labbe@univ-tlse2.fr

Olivier Kheroufi-Andriot

UnitĂ© mixte de recherche Éducation-Formation-Travail-Savoirs (EFTS), École nationale supĂ©rieure de formation de l’enseignement agricole (ENSFEA), Castanet-Tolosan, France.

olivier.kheroufi-andriot@ensfea.fr

JérÎme Amathieu

UnitĂ© mixte de recherche Éducation-Formation-Travail-Savoirs (EFTS), UniversitĂ© de Toulouse Le Mirail, France.

jerome.amathieu@univ-tlse2.fr

Argumentaire scientifique :

Comment apprĂ©hender et penser le travail Ă  l’heure de l’anthropocĂšne ? Comment se projeter dans le futur du travail (Carbonell, 2022) ? Au temps des transformations du marchĂ© du travail, des transitions Ă©cologiques, numĂ©riques, politiques, dĂ©mographiques, des crises gĂ©opolitiques planĂ©taires, des rĂ©volutions technologiques et des bouleversements produits par l’usage de l’intelligence artificielle dans les organisations, le travail n’a jamais Ă©tĂ© aussi mouvant, anxiogĂšne, voire dĂ©routant (Bourdu et al., 2019 ; LabbĂ© et Champy-Remoussenard, 2013 ; Ehrenberg, 1998 ; Castel, 1999, Kheroufi-Andriot, 2021).  

Dans un contexte de mondialisation Ă©conomique impactant prioritairement les populations vulnĂ©rables, les transformations nĂ©olibĂ©rales mettent en concurrence les humains et les savoirs. Cherchant Ă  favoriser le dĂ©veloppement des compĂ©tences au service de l’économie, l’Organisation internationale du travail (OIT) a appelĂ©, dĂšs 1999, la communautĂ© internationale Ă  crĂ©er dans chaque organisation (entreprises, associations, fonction publique) les conditions nĂ©cessaires Ă  un exercice dĂ©cent du travail. Le construit de « travail dĂ©cent » fait alors son apparition comme une rĂ©ponse potentielle Ă  la lutte contre les inĂ©galitĂ©s croissantes, et ce, dans une perspective internationale.

Un travail dĂ©cent contribue au bien-ĂȘtre des individus et Ă  la satisfaction de leurs besoins fondamentaux (Duffy et al., 2016). Pour qu’il y est travail dĂ©cent, les organisations de travail doivent rĂ©pondre Ă  cinq exigences (Duffy et al., 2017) : des horaires compatibles avec le repos et les loisirs du travailleur, une rĂ©munĂ©ration adaptĂ©e, l’accĂšs Ă  des services de santĂ© adĂ©quats, des conditions de travail sĂ©curitaires (au niveau physique et relationnel) et des valeurs compatibles avec celles du travailleur (au niveau familial et personnel).  

Le projet de ce numĂ©ro thĂ©matique vise Ă  dĂ©passer l’opposition binaire, classique et parfois caricaturale en matiĂšre de travail entre les pays dits du “Sud” et les pays dits du “Nord” (Brandt, 1980). Les pays dits du “Sud” seraient confrontĂ©s aujourd’hui Ă  une obligation sociĂ©tale, celle visant Ă  installer dans chacun des pays les conditions d’un travail dĂ©cent pour tous les travailleurs et travailleuses. Cet objectif se heurte Ă  la rĂ©alitĂ© du travail dans les pays du “Sud” : une main-d’Ɠuvre soumise aux conditions imposĂ©es par les entreprises occidentales (faibles coĂ»ts de production, travaux souvent dangereux pour le travailleur et pour l’environnement
). Les pays dits du “Nord” rencontreraient aujourd’hui diffĂ©rentes problĂ©matiques liĂ©es aux conditions de travail imposĂ©s aux travailleurs qui ont plusieurs consĂ©quences : risques psychosociaux, souffrances au travail, perte de sens au travail (MĂ©da et Vendramin, 2013 ; Khireddine-Medouni et al., 2016).

Prenant en compte ces deux rĂ©alitĂ©s, proposer un numĂ©ro thĂ©matique consacrĂ© Ă  la question du « travail dĂ©cent » nous semble important dans la mesure oĂč le devenir des sociĂ©tĂ©s du “Sud” comme celles du “Nord” se trouve conditionnĂ© par l’inscription du travail dans une perspective humaniste rendue possible par la qualitĂ© du travail et de ses contextes d’exercice. DĂšs lors, comment se rĂ©approprier les conditions d’un travail qui soit dĂ©cent, Ă©thique et juste, et au-delĂ , comment interroger la double question de la nature et de l’essence mĂȘme du travail en pensant le travail comme Ă©mancipateur de l’humain.

Les dĂ©sormais naissantes « Sciences de la formation » (numĂ©ro de la revue Phronesis Ă  paraĂźtre prochainement coordonnĂ© par HervĂ© Breton et JĂ©rĂŽme Eneau) convoquent le mĂ©ta-concept de professionnalisations (Hille et LabbĂ©, 2019) en tant que mouvement et processus complexe reliant l’Homme, la formation et le travail. Ce triptyque Ă©tudiĂ© depuis longtemps, mobilisant une grande variĂ©tĂ© de concepts, a conduit Ă  admettre l’introuvable relation entre formation et travail (Tanguy, 1986). En Ă©cho aux recherches montrant le caractĂšre salvateur du travail (Dejours et Delory-Momberger, 2010 ; Jacquot et al., 2019 ; Leblanc, 2006), les sciences de l’éducation et de la formation pensĂ©es comme une discipline discipline Ă  part entiĂšre des sciences humaines et sociales ont soulignĂ© la dimension Ă©mancipatrice et Ă©thique de la formation (Broussal, 2019, Kheroufi-Andriot et al., 2024, LabbĂ©, 2021) et ont posĂ© la nĂ©cessitĂ© d’interroger d’autres rapports au travail.

Prenant appui sur le renouvellement cyclique quasi permanent des modĂšles du travail (lire les travaux en sociologie des organisations, en sciences de gestion, en Ă©conomie industrielle, en histoire du travail et de l’industrie, en ergonomie et en psychologie du travail) et compte tenu de la rĂ©cente crise sanitaire ayant conduit Ă  remettre en question les allants-de-soi sur le travail, nous posons l’hypothĂšse selon laquelle nous arrivons potentiellement et possiblement Ă  la fin d’un cycle :  comment aujourd’hui proposer d’autres rapports au travail ? Comment transformer ce rapport au travail et in fine comment transformer le travail ? Comment utiliser la formation comme levier de transformation du rapport au travail et du travail (Verquin Savarieau et LabbĂ©, soumis ; Kheroufi-Andriot, 2023) ?

DĂšs lors, quelles perspectives inventer pour redonner au travail, et donc Ă  la formation, le droit de repenser les nouveaux rapports au travail ? L’intention de cet appel Ă  contributions est de donner Ă  voir de quelle maniĂšre le travail, dans son articulation avec la formation, peut constituer le cƓur d’une rĂ©flexion Ă©thique et prospective (Jutras et LabbĂ©, 2022 ; LabbĂ©, 2021b) sur le travail et sur l’humain. Car c’est bien l’humain qui crĂ©e le travail et qui installe un rapport critique et politique au travail (Breidenbach Cassagnes, Kheroufi-Andriot et LabbĂ©, 2024). Ce numĂ©ro vise l’ambition de (rĂ©)interroger le continuum formation- travail (Zeichner, 2008) en plaçant la dimension Ă©thique des relations au travail comme centre de gravitĂ© dynamique de la rĂ©flexion sur le travail. Pour ce faire, nous proposons trois axes de contributions pouvant alimenter une rĂ©flexion auto-fĂ©conde en prenant appui sur le mĂ©ta-concept de professionnalisation. 

Axe 1 : Justice Ă©pistĂ©mique, autrement dit, le rapport Ă  autrui dans le rapport au travail

Sans sous-estimer les recherches sur l’activitĂ© du travail, sur le rapport au travail, sur les liens entre travail et formation, sans oublier les publications soulignant les oppositions entre pays du Nord et pays du Sud dans l’exercice du travail et dans les rapports de la population au travail, les oppositions entre employeurs et travailleurs dans leurs conceptions du travail, les oppositions entre les rĂ©alitĂ©s du travail chez les seniors versus les jeunes travailleurs, sans mettre de cĂŽtĂ© les questions des rapports dominants-dominĂ©s entre employeurs et salariĂ©s, ce projet de numĂ©ro thĂ©matique cherche Ă  saisir autrement les diffĂ©rentes modalitĂ©s d’apprĂ©hension du travail et les diffĂ©rents modes de comprĂ©hension du travail (Allard et Bravo, 2020). L’axe 1 de ce numĂ©ro vise donc Ă  interroger la finalitĂ© Ă©mancipatrice de la professionnalisation pensĂ©e dans un triple mouvement (homme-travail-formation) Ă  partir du construit de « travail dĂ©cent ». Comment notamment repenser les modalitĂ©s d’organisation du travail du point de vue de l’humain, du point de vue des organisations de travail et du point de vue de la formation ? À quelles conditions un autre rapport Ă  autrui contribue-t-il Ă  transformer la conception du travail et le rapport au travail ? Pourquoi parler de justice Ă©pistĂ©mique dans le rapport au travail ?

Axe 2 : Fonction Ă©mancipatrice des professions adressĂ©es Ă  autrui, autrement dit le travail dĂ©cent comme Ă©picentre des formations aux mĂ©tiers de l’humain

Il semble difficile de penser le travail sans penser la formation. Quelle formation souhaitons-nous et pour quel travail ? Comment installer dans tout parcours de formation l’idĂ©e mĂȘme de travail dĂ©cent ? Interroger le construit de travail dĂ©cent conduit aussi Ă  questionner le caractĂšre dĂ©cent d’une formation et/ou les caractĂ©ristiques d’une Ă©ducation dĂ©cente (Duarte et al. 2019). Au regard des idĂ©aux portĂ©s par le projet Ă©ducatif, l’obligation de rĂ©sultats l’emporte parfois sur l’atteinte des conditions permettant de crĂ©er une formation au service des formĂ©s. L’analyse des parcours de formation, quelles que soient leurs dĂ©clinaisons organisationnelles et pĂ©dagogiques, conduisent parfois les dĂ©cideurs Ă  interroger le caractĂšre dĂ©cent du dispositif proposĂ©. Des formations « maltraitantes Â», c’est-Ă -dire des formations ne plaçant pas le formĂ© au cƓur du parcours de professionnalisation ne peuvent-elles pas impacter l’activitĂ© de travail et plus profondĂ©ment le rapport du formĂ© au travail ? À l’inverse, des formations inspirantes ne peuvent-elles pas avoir des effets Ă©mancipateurs du sujet en contexte de travail ? La question du travail dĂ©cent est donc Ă  poser dans une dialectique auto-fĂ©conde des rapports entre formation et travail (Amathieu et ChaliĂšs, 2020).

Axe 3 : Éthique du travail et au travail, autrement dit comment (re)penser la professionnalisation des formations et des mĂ©tiers adressĂ©s Ă  autrui Ă  partir de considĂ©rations Ă©thiques Ă  propos du travail ?   

DiffĂ©rentes publications se sont saisies ces derniĂšres annĂ©es des questions d’éthique professionnelle (Jutras et LabbĂ©, 2013 ; 2022 ; Kheroufi-Andriot et al., 2024). En effet, les considĂ©rations Ă©thiques sont des espaces nous autorisant Ă  redĂ©finir les rĂšgles et les procĂ©dures au travail (modalitĂ©s d’organisation, de rĂ©alisation et d’évaluation). Elles crĂ©ent aussi des espaces de dĂ©-libĂ©ration axiologiques capables d’impacter les normes en vigueur, voire d’en crĂ©er de nouvelles. Des tiers-lieux, autres que la formation acadĂ©mique, qu’elle soit initiale ou continue, se dĂ©veloppent aujourd’hui et aident Ă  (re)penser le travail en situant les questions de travail dĂ©cent au cƓur des Ă©changes entre acteurs : dĂ©marches d’amĂ©lioration continue, groupes d’analyses de pratiques, causeries, recherches-collaboratives, forum de discussion, etc.). Si l’on convoque les travaux de Sen (2012), peut-on penser Ă  des “facteurs de conversion”, ouvrant sur des possibilitĂ©s de mobiliser des rĂ©flexions Ă©thiques par soi et pour soi au bĂ©nĂ©fice du collectif pour inventer d’autres parcours de professionnalisation (LabbĂ©, 2021 ; Marengo, 2022) que ces rĂ©flexions soient formelles, informelles, non conscientisĂ©es (Amathieu et al., sous presse), etc ? Comment « se professionnaliser au travail dĂ©cent Â» en mobilisant des rĂ©flexions Ă©thiques dans un nouveau rapport Ă  l’autre et au collectif ?  

En conclusion, ce numĂ©ro thĂ©matique invite Ă  ouvrir la problĂ©matique du « travail dĂ©cent Â» dans une double perspective : nationale et internationale. Les diffĂ©rents textes devront inviter le lecteur Ă  une rĂ©flexion sur les conditions nĂ©cessaires et requises pour panser et repenser un travail ET une formation « dĂ©centes Â» en soulignant notamment le lien humaniste et existentiel unissant travail et formation. En se rĂ©fĂ©rant au construit de « justice Ă©pistĂ©mique Â», cet appel Ă  textes place l’altĂ©ritĂ© comme une clĂ© d’analyse et de comprĂ©hension des rapports entre travail et formation. C’est pourquoi la nĂ©cessaire prise en compte en formation et au travail de la dimension Ă©thique semble pertinente pour aider les acteurs Ă  penser et panser la formation comme le travail Ă  l’aune du qualificatif « dĂ©cent Â». En posant le sujet au travail et/ou en formation dans une considĂ©ration Ă©thique, la lecture la professionnalisation proposĂ©e dans ce numĂ©ro se propose d’apprĂ©hender autrement les relations entre formation et travail. 

RĂ©fĂ©rences bibliographiques  :

Allard, F., Bravo, K. (2020). (Re)dĂ©couvrir l’altĂ©ritĂ© pour mieux travailler ensemble : une question d’actualitĂ©. Projectics / ProyĂ©ctica / Projectique, 25, 91-106. https://doi.org/10.3917/proj.025.0091  

Amathieu, J., ChaliĂšs, S. (2020). « Changement » et « innovation » : Essai d’intĂ©gration thĂ©orique au cƓur d’un programme de recherche menĂ© en anthropologie culturaliste. Éducation et socialisation [En ligne], 55 | 2020, mis en ligne le 02 mars 2020, consultĂ© le 05 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/edso/9274.  

Brandt, W. (1980). Nord Sud : un programme de survie ; rapport de la Commission indĂ©pendante sur les problĂšmes de dĂ©veloppement international. ÉGallimard.  

Breidenbach Cassagnes, M., Kheroufi-Andriot, O., LabbĂ©, S. (2024). La recherche en travail social comme espace de rĂ©sistance. Le sociographe, 88.  

Broussal, D. (2019). Émancipation et formation : une alliance en question. Savoirs, 3(51), 1358.  

Carbonell, J.S. (2022). Le futur du travail. Éditions Amsterdam  

Castel, R. (1999). Les mĂ©tamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat. Gallimard.   

Caugant, A. (2020). Nouveaux yeux : l’art de repanser le travail. Bookelis .

Dejours, C., Delory-Momberger, C. (2010). Le travail entre souffrance individuelle, intelligence collective et promesse d’émancipation. Le sujet dans la citĂ©, 1(1), 5972.

Duarte, M. E., PaixĂŁo, M. P., da Silva, J. T. (2019). Life-Design Counselling from an Innovative Career Counselling Perspective. In J. G. Maree (Éd.), Handbook of Innovative Career Counselling (p. 3551). Springer International Publishing. https://doi.org/10.1007/978-3-030-22799-9_3  

Duffy, R.D., Allan, B.A., Blustein, D.L., England, J.W., Douglass, R.P., Ferreira, J., Santos, E. (2017). The development and initial validation of the decent work scale. Journal of Counseling Psychology,64, 206-221.

Ehrenberg, A. (1998). La fatigue d’ĂȘtre soi. DĂ©pression et sociĂ©tĂ©. Odile Jacob.  

Hille, F., LabbĂ©, S. (2019). Professionnalisations : repĂšres et ouvertures. L’Harmattan.  

Jacquot, L., Metzger, J.-L., Bachet, D., Bureau, M.-C., Defalvard, H., Didry, C. (2019). Travail et Ă©mancipation. La nouvelle revue du travail, 14, Article 14. https://doi.org/10.4000/nrt.4936  

Jutras, F., LabbĂ©, S. (2022, 2e Ă©dition). Éthique professionnelle. Dans A. Jorro (Ed), Dictionnaire des concepts de la professionnalisation (p. 105). De Boeck SupĂ©rieur.

Kheroufi-Andriot, O., Khamzina, K., Brasselet, C., Cilia, F., Guirimand, N., Rossi, S., Legrain, C., Desombre, C. (2024). Vers une Ă©thique en formation interprofessionnelle pour transcender les diffĂ©rences de mĂ©tier entre enseignants et professionnels du mĂ©dico-social. La nouvelle revue Ă©ducation et sociĂ©tĂ© inclusives, 100, 95-110.  

Kheroufi-Andriot, O. (2023). Construire une relation de confiance dans le contexte d’une division du travail Ă©ducatif. Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, 55(1-2), 43-62.  

Kheroufi-Andriot, O. (2021). Mieux articuler ses croyances et ses pratiques en matiùre d’inclusion grñce au soutien d’un dispositif ULIS : perspectives et limites. Phronesis, 10(2-3), 239-258.

Khireddine-Medouni, I., LemaĂźtre, A., HomĂšre, J., Plaine, J., Garras, L., Riol, M.-C., Valenty, M. (2016). Augmentation des taux de prĂ©valence de la souffrance psychique en lien avec le travail chez les salariĂ©s actifs en France entre 2007 et 2012, Ă  partir du programme MCP. Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 77(3), 438.

LabbĂ©, S. (2021a). Des engagements professionnels : Contributions Ă  l’étude des professionnalisations [Note de synthĂšse inĂ©dite pour l’Habilitation Ă  Diriger des Recherches (HDR)]. UniversitĂ© Toulouse – Jean JaurĂšs, France.  

LabbĂ©, S. (2021). Professional ethics as “practical wisdom” and a source of professional commitment. Studia Poradoznawcze/ Journal of Counsellogy (10), 379-395

Le Goff, J.-P. (1999). La barbarie douce : la modernisation aveugle des entreprises et de l’école. La DĂ©couverte et Syros.  

Marengo, A. N. (2022). Vers une professionnalisation endogĂšne des acteurs de l’orientation et de l’insertion Ă  l’université : Le cas d’une recherche participative-instituante [ThĂšse de doctorat inĂ©dite en sciences de l’éducation et de la formation]. UniversitĂ© Toulouse – Jean JaurĂšs, Grance.  

MĂ©da, D., Vendramin, P. (2013). RĂ©inventer le travail. Humensis.  

Sartre, J.-P. (1970). L’existentialisme est un humanisme. Les Ă©ditions Nagel.  

Sen, A. (2012, 2e Ă©dition). L’idĂ©e de justice (traduit par P. Chemla avec la collaboration de É. Laurent). Flammarion.  

Tanguy, L. (1986). L’introuvable relation formation-emploi. La documentation française.  

Verquin-Savarieau, B., LabbĂ©, S. (Soumis). La formation, levier(s) de transformation du travail. Presses universitaires de Rouen et du Havre.  

Zeichner, K. (2006). Reflections of a university-based teacher educator on the future of college and university based teacher education. Journal of Teacher Education, 57(3), 326- 340.  

Calendrier prĂ©visionnel :

  • Publication de l’appel Ă  textes : 2 mars 2025
  • Transmission des rĂ©sumĂ©s (1 page 1/2) aux coordonnateurs.trices : 20 juin 2025
  • Retour aux auteurs.trices sur les rĂ©sumĂ©s : 1er juillet 2025
  • Transmission des textes par les auteurs.trices aux coordonnateurs.trices : 15 dĂ©cembre 2025
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs.trices : 20 dĂ©cembre 2025
  • Retour des Ă©valuations : 1er mars 2026
  • Transmission des Ă©valuations aux auteurs.trices : 10 mars 2026
  • Transmission des textes rĂ©visĂ©s aux Ă©valuateurs.trices et aux coordonnateurs.trices : 30 avril 2026
  • Relecture des textes par les coordonnateurs.trices et l’équipe de la revue Phronesis : 31 mai 2026
  • Publication : DĂ©but 2027

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs.trices intéressés.es sont invités à soumettre leur résumé pour le 20 juin 2025 et le transmettre aux coordonnateurs.trices du numéro (et simultanément à la revue Phronesis en indiquant le titre du numéro thématique et au directeur de la revue).

sabrina.labbe@univ-tlse2.fr

olivier.kheroufi-andriot@ensfea.fr

jerome.amathieu@univ-tlse2.fr

info@revue-phronesis.com

Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs.trices sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : l’une anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils.elles sont invitĂ©s.es Ă  indiquer :

  • le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache;
  • leur adresse Ă©lectronique professionnelle exclusivement.

Ils.elles doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs.trices sont invitĂ©s.es Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

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  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
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ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (version francophone sans esperluette) :

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Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

Les professions de la dĂ©fense dans les sociĂ©tĂ©s occidentales contemporaines : enjeux (thĂ©oriques et pratiques) de professionnalisation

Numéro thématique coordonné par :

Camille ROELENS, Laboratoire de recherche Éducation, Cultures, Politiques (EA 4571 ECP), UniversitĂ© Claude-Bernard, Lyon 1, France.

camille.roelens@univ-lyon1.fr

Argumentaire scientifique du numéro :

DĂšs le dĂ©but du XIXe siĂšcle, dans l’ouvrage intitulĂ© De la dĂ©mocratie en AmĂ©rique, Alexis de Tocqueville – dont on connait l’acuitĂ© dans l’analyse de la modernitĂ© dĂ©mocratique et la prescience quant Ă  l’évolution ultĂ©rieure des sociĂ©tĂ©s occidentales – Ă©crivait : « Lorsque le principe de l’Ă©galitĂ© [
] se dĂ©veloppe [
] les hommes [
] se ressemblent [
] en ce point qu’ils redoutent Ă©galement la guerre et conçoivent pour la paix un mĂȘme amour [qui] leur fait tomber l’Ă©pĂ©e des mains » (Tocqueville, 1835/1981, p. 345). Tocqueville problĂ©matisait ainsi en creux la maniĂšre dont le dĂ©ploiement moderne de l’individualisme dĂ©mocratique pouvait influencer la façon dont les citoyens peuvent ou non se projeter dans l’horizon de l’exercice militaire. D’un autre cĂŽtĂ©, Tocqueville, s’il insistait beaucoup sur l’analyse des dangers intĂ©rieurs susceptibles de peser sur les dĂ©mocraties modernes, ne nĂ©gligeait pas la question des dangers extĂ©rieurs, en posant notamment la question des outils de puissance propres aux dĂ©mocraties. Autrement dit, il proposait de dessiner une politique de dĂ©fense. Dans la perspective de Tocqueville, il est ainsi permis de penser que les Ă©volutions majeures inhĂ©rentes Ă  la dynamique dĂ©mocratique occidentale telles que Tocqueville les analysait et qui ont inspirĂ© en cela de nombreux travaux ultĂ©rieurs en sciences humaines et sociales, peuvent aujourd’hui ĂȘtre rĂ©interrogĂ©es, dans des contextes contemporains oĂč la menace extĂ©rieure sur lesdites questions dĂ©mocratiques apparaĂźt comme plus importante, voire plus prioritaire et plus immĂ©diate qu’il y a quelques dĂ©cennies, et Ă  l’aune des enjeux de diffĂ©rents contextes gĂ©opolitiques favorisant le rĂ©armement et la remilitarisation de sociĂ©tĂ©s occidentales qui espĂ©raient depuis 1945 la fin des conflits militaires.

L’objectif de ce dossier thĂ©matique de la revue Phronesis est ainsi de contribuer Ă  une rĂ©flexion sur les professions de la dĂ©fense en proposant d’étudier, de maniĂšre interdisciplinaire, multidimensionnelle et multirĂ©fĂ©rentielle, les enjeux de la professionnalisation dans ces professions (militaires mais pas seulement) du point de vue de l’éducation et de la formation. Quelles sont les conceptions de la dĂ©fense dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques Ă  la lumiĂšre des dangers qui les guettent, qu’il s’agisse de dangers extĂ©rieurs ou de dangers intĂ©rieurs, en particulier si nous pensons aux menaces terroristes ou aux menaces climatiques ?

Comment sommes-nous passĂ©s d’un modĂšle de formation militaire basĂ© sur la conscription de jeunes hommes, autrement dit d’une professionnalisation obligĂ©e Ă  des modĂšles, aujourd’hui, de professionnalisation de petites cohortes mixtes de volontaires ? Quelles sont les caractĂ©ristiques de ces professions de la dĂ©fense composĂ©es principalement de militaires, mais aussi de policiers, de pompiers, ou de professionnels de la sĂ©curitĂ© civile ? En effet, ces professions de la dĂ©fense ne sont plus Ă  restreindre aux seules professions militaires. Les policiers, chargĂ©s de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, les pompiers chargĂ©s de lutter contre les consĂ©quences de la menace climatique, les professionnels de la sĂ©curitĂ© civile sont amenĂ©s Ă  intervenir auprĂšs de populations ayant Ă©tĂ© soumis Ă  des phĂ©nomĂšnes souvent imprĂ©visibles, phĂ©nomĂšnes qui impactent leur intĂ©gritĂ© physique et psychologique.

Le recours Ă  l’intervention de ces diffĂ©rents professionnels nĂ©cessite de s’attarder quelques instants sur leurs formations et sur leurs pratiques Ă  la lumiĂšre des transformations de leurs missions, des Ă©volutions de la nature et des caractĂ©ristiques des menaces visant l’atteinte aux biens et de la variĂ©tĂ© des origines des menaces pesant sur la population. Plus largement, ce projet de numĂ©ro thĂ©matique permettra de revisiter sous un jour nouveau une question rĂ©currente des recherches en Ă©ducation et formation, Ă  savoir celle de la conception de ce qu’est l’humain que l’on cherche Ă  former, les destins possibles qu’on lui imagine, et les ressources dont il faudra le doter pour ce faire. Nous nous proposons d’organiser cette rĂ©flexion en trois axes, soulevant diverses problĂ©matiques.

Axe 1 : Professionnalisation et formes variĂ©es de la socialisation professionnelle

  • Les transformations des missions confiĂ©es aux professionnels de la dĂ©fense impactent-elles les politiques Ă©ducatives, en particulier l’enseignement de l’éducation Ă  la citoyennetĂ© et l’enseignement de l’histoire ?
  • Comment favoriser dans l’enseignement scolaire une rĂ©flexion sur l’humain Ă  partir des « Ă©ducations Ă  Â» (Ă©ducation Ă  la citoyennetĂ©, Ă©ducation Ă  la paix, Ă©ducation Ă  l’environnement) ?
  • Le passage du modĂšle de la conscription au modĂšle du volontariat modifie-t-il la formation des professionnels de la dĂ©fense, en particulier dans le contexte de la formation des militaires ?
  • Comment les transformations des parcours de formation chez les professionnels de la dĂ©fense peuvent-elles intĂ©grer des dimensions Ă©thiques et dĂ©ontologiques et permettre d’acquĂ©rir de « bonnes pratiques Â» au service de la population ?
  • L’évolution des contextes sociaux dans lesquels interviennent les professionnels de la dĂ©fense modifie-t-elle leurs conceptions de la pratique professionnelle ?

Axe 2 : Professionnalisation, pratiques professionnelles et professionnalitĂ©

  • Comment l’histoire des professions de la dĂ©fense (histoire des armĂ©es, histoire des polices, histoire des pompiers et histoire de la protection civile), d’une part et les cultures professionnelles d’autre part, participent des transformations des identitĂ©s professionnelles dans ces professions ?
  • De quelles maniĂšres les pratiques professionnelles dans ces professions se nourrissent des pratiques du care et des pratiques de la bienveillance?
  • Les sciences de l’éducation et de la formation peuvent-elles constituer avec d’autres sciences spĂ©cifiques de ces professions un champ disciplinaire de rĂ©fĂ©rence soutenant les transformations des pratiques professionnelles ?
  • À quelles conditions peut-on considĂ©rer que ces professions de la dĂ©fense sont reprĂ©sentatives de professions s’adressant Ă  autrui ?
  • Quels sont les liens entre les modĂšles de formation supĂ©rieure constitutifs des parcours de professionnalisation dans ces professions de la dĂ©fense et les conceptions des professionnels de la dĂ©fense ?

Axe 3 : Professionnalisation et parcours de formation

  • Comment penser des ingĂ©nieries renouvelĂ©es de la professionnalisation dans ces professions de la dĂ©fense qui intĂšgrent un triple rapport Ă  la profession (vocation, mission, engagement) ?
  • Quels sont les modĂšles formatifs mobilisĂ©s dans les formations professionnelles (prĂ©paratoires et/ou continues) Ă  ces professions de la dĂ©fense ?
  • Quels sont les invariants formatifs et pĂ©dagogiques des formations aux professions de la dĂ©fense ?
  • Dans quelles mesures la variĂ©tĂ© des parcours de professionnalisation dans ces professions de la dĂ©fense reflĂšte les distinctions et diffĂ©rences entre les diffĂ©rentes professions de la dĂ©fense ?

Ce projet de numĂ©ro vise Ă  Ă©tudier, analyser et comprendre les spĂ©cificitĂ©s des professions de la dĂ©fense, en particulier la profession de militaire (mais pas seulement) Ă  l’aune des enjeux de professionnalisation, touchant tout autant les Ă©volutions affectant ces professions que les transformations des parcours de formation qui y prĂ©parent. Au-delĂ  des imaginaires sur ces professions nourris des Ɠuvres reprĂ©sentatives de l’histoire culturelle des sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques, ce projet de numĂ©ro a pour ambition d’identifier les questions vives de la professionnalisation concernant ces professions.

Nous invitons les chercheurs et chercheurs ayant pour objet de recherche ces professions de la défense à répondre favorablement à cet appel à textes.

Bibliographie indicative :

Aron, R. (1962/2004). Paix et guerre entre les nations. Calmann-LĂ©vy.

Baecheler, J., Holeindre, J.-V. (2014). (Dir.). Guerre et politique. Hermann.

Baranets, É. (2017). Comment perdre une guerre. Une thĂ©orie du contournement dĂ©mocratique. CNRS Éditions.

Born, P. (2024). Une approche genrĂ©e de sĂ©lection au cours des premiĂšres annĂ©es d’engagement chez les sapeurs-pompiers volontaires. Note de synthĂšse. Savoirs, 65(2), 43-58.

Bourgois, P. (2023). Le nĂ©oconservatisme amĂ©ricain. La dĂ©mocratie pour Ă©tendard. Presses Universitaires de France.

ChĂ©ron, B. (2018). Le soldat mĂ©connu. Les Français et leurs armĂ©es : Ă©tat des lieux. Armand Colin.

Desmons, E. (2001). Mourir pour la patrie ? Presses universitaires de France.

DrĂ©villon, H., Wieviorka, O. (2018/2021). (Dir.). Histoire militaire de la France. I. Des MĂ©rovingiens au Second Empire. MinistĂšre des ArmĂ©es / Perrin.

DrĂ©villon, H., Wieviorka, O. (2018/2022). (Dir.). Histoire militaire de la France. II. De 1870 Ă  nos jours. MinistĂšre des ArmĂ©es / Perrin.

Fournier, É. et Houte, A.-D. (2023). (Dir.). À bas l’armĂ©e ! L’antimilitarisme en France du XIXsiĂšcle Ă  nos jours. Éditions de la Sorbonne.

Gautier, A. (2020). PrĂ©vention des risques : de l’urgence de l’action Ă  l’analyse des situations. Éducation permanente, 224, 97-104.

Goya, M. (2014/2019). Sous le feu. La mort comme hypothĂšse de travail. Taillandier.

Goya, M. (2019). S’adapter pour vaincre. Comment les armĂ©es Ă©voluent. Perrin.

Goya, M. (2022). Le temps des guĂ©pards. La guerre mondiale de la France. De 1961 Ă  nos jours. Tallandier.

Hanson, V. D. (1989/1990). Le modĂšle occidental de la guerre. Les Belles Lettres.

Holeindre, J.-V., Murat, G. (2012). (Dir.). La dĂ©mocratie et la guerre au XXIe siĂšcle. De la paix dĂ©mocratique aux guerres irrĂ©guliĂšre. Hermann.

Irondelle, B. (2011). La rĂ©forme des armĂ©es en France. Sociologie de la dĂ©cision. Presses de Sciences Po.

Jakubowski, S. (2021). Les transformations institutionnelles de l’action publique : armĂ©es, enseignement supĂ©rieur et enseignement scolaire. Contribution Ă  la sociologie des organisations. L’Harmattan.

Lipovetsky, G. (1992). Le crĂ©puscule du devoir. L’Ă©thique indolore des nouveaux temps dĂ©mocratiques. Gallimard.`

Mailfait, P.-A. (2002). la formation professionnelle des policiers. Revue française d’administration publique, 104(4), 625-638.

Mansfield, H. C. (2006/2018). VirilitĂ©. Éditions du Cerf.

Mayeur, F. (2004). Histoire de l’ensegnement et de l’Ă©ducation III. 1789-1930. Tempus Perrin.

Merchet, J.-D. (2024). Sommes-nous prĂȘts pour la guerre ? L’illusion de la puissance française. Robert Laffont.

Motte, M., Soutou, G.-H., De Lespinois, J., Zajec, O. (2018/2023). La Mesure de la force. TraitĂ© de stratĂ©gie de l’École de guerre. Taillandier.

Parker, G. (1988-1993). La rĂ©volution militaire. La guerre et l’essor de l’Occident, 1500-1800. Gallimard.

Prost, A. (1981/2004). Histoire de l’enseignement et de l’Ă©ducation. Tome IV. Depuis 1930. Perrin.

Renaut, A., Lauvau, G. (2020). La Conflictualisation du monde au XXIe siĂšcle. Une approche philosophique des violences collectives. Odile Jacob.

Roelens, C. (2023). Pierre Schoendoerffer, sentinelle et pĂ©dagogue. Approche philosophique, enjeux Ă©ducatifs et formatifs. Penser l’Ă©ducation, 53, 125-137.

Saint-Fuscien, E. (2022). L’École sous le feu. Janvier et novembre 2015. PassĂ©s ComposĂ©s.

Schnapper, D. (2017). De la dĂ©mocratie en France. RĂ©publique, nation, laĂŻcitĂ©. Odile Jacob.

Tocqueville, A. d. (1835/1981). De la DĂ©mocratie en AmĂ©rique (tome 1). Garnier-Flammarion.

Tocqueville, A. d. (1840/1981). De la DĂ©mocratie en AmĂ©rique (tome 2). Garnier-Flammarion.

Walzer, M. (1977/2006). Guerres justes et injustes. Gallimard.

Calendrier prĂ©visionnel :

  • Publication de l’appel Ă  textes : 24 fĂ©vrier 2025
  • Transmission des rĂ©sumĂ©s (1 page 1/2) au coordonnateur : 10 mai 2025
  • Retour aux auteurs sur les rĂ©sumĂ©s : 25 mai 2025
  • Transmission des textes par les auteurs au coordonnateur : 31 octobre 2025
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs : 10 novembre 2025
  • Retour des Ă©valuations : 15 janvier 2026
  • Transmission des Ă©valuations aux auteurs : 31 janvier 2026
  • Transmission des textes rĂ©visĂ©s aux Ă©valuateurs et au coordonnateur : 15 avril 2026
  • Relecture des textes par le coordonnateur et l’équipe de la revue Phronesis : mai 2026
  • Publication : Automne 2026

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă  soumettre leur rĂ©sumĂ© pour le 10 mai 2025 et le transmettre au coordonnateur du numĂ©ro (et simultanĂ©ment Ă  la revue Phronesis en indiquant le titre du numĂ©ro thĂ©matique et au directeur de la revue).

info@revue-phronesis.com

camille.roelens@univ-lyon1.fr

Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : l’une anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • Le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • Leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache;
  • Leur adresse Ă©lectronique professionnelle exclusivement.

Ils doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (rubrique « propriĂ©tĂ©s du document Â», rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).

Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de l’American Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français par la revue Phronesis pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa.

La longueur de chaque chapitre sera de 90 000 caractĂšres « max Â» (espaces compris), en excluant le titre, les rĂ©sumĂ©s en français et en anglais, les mots-clĂ©s en français et en anglais et la bibliographie.

Les textes sont présentés à interligne simple.

La police de caractĂšres utilisĂ©e est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).

PRÉSENTATION DES FIGURES, SCHÉMAS ET DES TABLEAUX :

  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma. Aucune annexe ne peut s’ajouter au texte.
  • Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
  • Les auteurs indiquent dans le texte l’emplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă  insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă  la composition de ces documents.
  • L’équipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă  la comprĂ©hension de l’argumentaire.

HIÉRARCHISATION DES TITRES :

  • Trois niveaux de titre sont permis.
  • NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

  • Utiliser l’italique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres d’ouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
  • Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.

ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (version francophone sans esperluette) :

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Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

La relation École/Famille peut-elle ĂȘtre heureuse ? Effets sur l’agir professionnel des enseignants.es et sur la professionnalisation de cette relation

NumĂ©ro thĂ©matique coordonnĂ© par :

Alain JAILLET, Laboratoire de recherche Bien-ĂȘtre Organisation NumĂ©rique HabitabilitĂ© Éducation UniversalitĂ© Relations (EA 7517-BONHEUR), UniversitĂ© de Cergy Pontoise, France.

alain.jaillet@cyu.fr

Laurent JEANNIN, Laboratoire Bien-ĂȘtre Organisation NumĂ©rique HabitabilitĂ© Éducation UniversalitĂ© Relations EA 7517 (BONHEUR), UniversitĂ© de Cergy Pontoise, France.

laurent.jeannin@cyu.fr

BĂ©atrice MABILON-BONFILS, Laboratoire Bien-ĂȘtre Organisation NumĂ©rique HabitabilitĂ© Éducation UniversalitĂ© Relations EA 7517 (BONHEUR), UniversitĂ© de Cergy Pontoise, France.

beatrice.mabilon@cyu.fr

Argumentaire scientifique du numĂ©ro :

« Entre parents et enseignants : un dialogue impossible ? Â» ont Ă©crit Philippe Perrenoud et ClĂ©opĂątre Montandon en 1994. Aujourd’hui l’École est devenue centrale dans la vie quotidienne des enfants et donc des familles. La famille transmet des savoirs, des savoir-faire et des valeurs qui sont essentiels Ă  la rĂ©ussite scolaire. Selon les textes, parents et enseignants sont supposĂ©s collaborer harmonieusement pour le plus grand bien des enfants (Smrekar et Cohen-Vogel, 2001). Leur dialogue devrait ĂȘtre permanent et ouvert. Pourtant, il est parfois difficile, souvent fragile voire inexistant.

La rĂ©cente crise sanitaire a ravivĂ© les questionnements autour de la forme scolaire des sociĂ©tĂ©s trans-modernes (Mabilon-Bonfils, 2018), et plus particuliĂšrement autour de la relation entre parents et enseignants : a-t-on vĂ©cu Ă  cette occasion les prĂ©mices d’une nouvelle relation entre les parents et les enseignants ? Confiner chez eux les acteurs de l’école a en effet dĂ©placĂ© vers les familles le centre de gravitĂ© habituel de l’enseignement. Les adaptations suscitĂ©es prĂ©figurent-elles des modifications substantielles dans l’organisation des apprentissages scolaires (Ria et Rayou, 2020) et surtout dans les relations École/Famille ? Plus prĂ©cisĂ©ment, le confinement a-t-il changĂ© le regard des parents portĂ© sur les enseignants et rĂ©ciproquement le regard des enseignants portĂ© sur les parents s’est-il modifiĂ© ?

Il ne s’agit pas cependant d’une question inĂ©dite que celle des interactions entre les professionnels de l’éducation et les parents d’élĂšves (Horvat et alii, 2002). Les relations famille-Ă©cole ont fait en effet l’objet d’un intĂ©rĂȘt croissant, notamment dans les pays occidentaux au cours des derniĂšres dĂ©cennies, en raison de la mise en agenda des questions d’inclusion. Les diffĂ©rentes propositions d’une Ă©ducation inclusive visent Ă  rĂ©pondre Ă  diffĂ©rents constats : Ă©largissement de la diversitĂ© socio-culturelle du public scolaire ; prise en compte des Ă©lĂšves Ă  besoins particuliers ; allongement de la scolarisation ; rĂ©activation de l’idĂ©al d’égalitĂ© des chances qui traversent les objectifs affichĂ©s des politiques publiques. En France, dans le rĂ©fĂ©rentiel du 25 juillet 2013 portant sur les compĂ©tences des enseignants, les enseignants sont enjoints de coopĂ©rer avec les enseignants. Au QuĂ©bec, le rĂ©fĂ©rentiel de 2020, dans sa partie 1, [alinĂ©a 1.4.] prĂ©cise que les enseignants doivent prendre en considĂ©ration la diversitĂ© des structures familiales de mĂȘme que les spĂ©cificitĂ©s des peuples autochtones.

Mais, explicitement attendus comme compĂ©tences des enseignants de demain, les processus de professionnalisation de cette relation École-Famille, s’organisent cependant Ă  la marge dans les cursus de formation initiale. C’est donc au titre des relations humaines, de la construction d’un rapport qui est voulu symĂ©trique par les instructions officielles mais qui ne peut pas vraiment l’ĂȘtre dans la rĂ©alitĂ©, qu’une forme d’autodidaxie des enseignants structure la professionnalisation de cette relation avec les familles. Les directions d’établissement sont quant Ă  elles plus administrativement encadrĂ©es dans cette relation entre les familles et l’établissement. Comme souvent lorsqu’il s’agit de l’École, les enseignants doivent mettre en Ɠuvre une cohabitation continue avec l’élĂšve en ayant pour objectif de rĂ©ussir le projet universel d’éduquer, dans la mesure oĂč il reprĂ©sente une institution (l’École) Ɠuvrant au service de la sociĂ©tĂ©, tout en accompagnant et en cherchant Ă  valoriser le potentiel de chaque Ă©lĂšve.

De rĂ©cents faits de sociĂ©tĂ©, consĂ©quences rĂ©itĂ©rĂ©es d’actes de harcĂšlement, interrogent la professionnalitĂ© des enseignants, et tout particuliĂšrement l’agir professionnel. Or, c’est souvent dans l’instant et avec dĂ©sarroi que l’enseignant doit rĂ©agir face Ă  des problĂ©matiques de comportement social (qui s’expriment chez les Ă©lĂšves mais aussi chez les parents) alors que sa formation, et le mandat qu’il a reçu, le conduisent Ă  se centrer prioritairement sur la transmission des savoirs. De plus, l’enseignant peut se trouver directement impliquĂ© dans une situation de harcĂšlement comme l’illustre notamment le film rĂ©cent « Pas de vagues Â» tirĂ© d’un cas vĂ©cu par le rĂ©alisateur. NĂ©anmoins, il convient de ne pas minorer les cas d’enseignants exprimant des paroles considĂ©rĂ©es par l’élĂšve comme blessantes, dĂ©valorisantes voire « rabaissantes Â» (Merle, 2012), ces paroles pouvant constituer chez lui l’élĂ©ment dĂ©clencheur de grandes souffrances (Mabilon-Bonfils, 2011). Dans le parcours de professionnalisation d’un enseignant, ne conviendrait-il pas d’inclure des situations formatives permettant de renforcer chez l’enseignant novice des compĂ©tences d’auto-contrĂŽle ? Se former Ă  la relation Famille-École, c’est la vivre au quotidien dans l’École, parfois aussi hors-l’École, pas seulement comme individu mais aussi et surtout professionnel de l’adresse Ă  autrui.

Les processus de professionnalisation des enseignants se trouvent aussi questionnĂ©s dans la mesure oĂč des compĂ©tences spĂ©cifiques permettant la gestion de ces problĂ©matiques semblent apprises et construites tout autant sur le mode d’une autoformation que sur le mode d’une transmission de techniques voire de ficelles de mĂ©tiers via les pairs et plus gĂ©nĂ©ralement via communautĂ© Ă©ducative. Dans l’espace Ă©ducatif, la problĂ©matique de la relation enseignants-parents est soumise Ă  une injonction paradoxale. D’une part, l’institution scolaire, par les processus de professionnalisation qu’elle dĂ©ploie dans le cadre de la formation Ă  l’enseignement attend des enseignants la maĂźtrise de compĂ©tences professionnelles apprises dans les Ă©tablissements post-secondaires (universitĂ©s ou Ă©coles professionnelles). Or si ces compĂ©tences participent d’une professionnalitĂ© Ă  construire, elles se construisent aussi dans l’informel, par compagnonnage, par Ă©preuve rencontrĂ©e et par crises dĂ©passĂ©es voire rĂ©solues. Or face Ă  la violence de ces phĂ©nomĂšnes constatĂ©s dans l’établissement mais aussi dans son pĂ©rimĂštre restreint, il convient de revisiter les processus de professionnalisation permettant de construire des compĂ©tences de haut niveau dans le domaine de la gestion de problĂ©matiques sociales tout en prenant en compte les solutions inventĂ©es au cas par cas.

Les relations Ă‰cole/Famille sont loin d’avoir toujours Ă©tĂ© harmonieuses (Migeot-Alvarado, 2000) et ne vont pas de soi (PĂ©rier, 2019). Les chercheurs parlent d’un malentendu entre enseignants et parents (Thin, 1998) voire, Ă  l’instar de Lorcerie (2002), soutiennent que ce « dĂ©saccordement Â» entre les familles et l’école ne serait pas conjoncturel mais structurel.

Parmi l’ensemble des compĂ©tences qu’un enseignant doit maĂźtriser et dĂ©velopper, les compĂ©tences relationnelles constituent aujourd’hui des compĂ©tences essentielles permettant d’instaurer des relations harmonieuses avec les parents. Ces compĂ©tences relationnelles sont au cƓur d’une nouvelle professionnalitĂ© qui s’élaborera moins dans le cadre de la formation initiale que dans la mise en acte au quotidien de cette relation avec les parents. Or, cette relation peut se vivre Ă  bas bruit comme elle peut se rĂ©vĂ©ler avec force lors de « crises Â» de relation pouvant aller de l’incomprĂ©hension mutuelle Ă  l’opposition radicale. Dans cette perspective, cette tension entre les parents et les enseignants peut aussi rĂ©vĂ©ler une finalitĂ© idĂ©ologique et politique comme peut l’illustrer en France le mouvement « parents vigilants Â», Ă©manation d’un parti politique.

Dans ces contextes de tensions potentielles avec les familles, les enseignants sont conduits Ă  rĂ©interroger les Ă©lĂ©ments constitutifs de leur professionnalitĂ© d’éducateur. Ils sont tenus de porter les discours de l’institution qu’ils reprĂ©sentent mĂȘme s’ils se trouvent ĂȘtre en dĂ©saccord avec les politiques Ă©ducatives dĂ©ployĂ©es. DĂšs lors, ils peuvent se trouver en difficultĂ© face Ă  des parents qui ne perçoivent pas toujours chez l’enseignant ce statut de porteur d’instructions officielles fondĂ©es sur la Loi et sur son respect. Certaines activitĂ©s conduites avec les parents (sorties scolaires, fĂȘtes d’école
) constituent des occasions permettant de dĂ©passer les malentendus, les idĂ©es reçues et de possibles dĂ©saccords sur les missions de l’École. Ces activitĂ©s sont susceptibles de contribuer Ă  une nouvelle professionnalitĂ© enseignante intĂ©grant une vision commune et partagĂ©e de l’Éducation (et de ses conditions de mises en Ɠuvre et de rĂ©ussite) voire permettre l’émergence de formes de co-Ă©ducation entre enseignants et parents, comme nous pouvons le constater dans les pratiques quotidiennes des Ă©coles alternatives au QuĂ©bec.

Ce numĂ©ro thĂ©matique propose d’étudier les effets de relations plus heureuses entre enseignants et parents du point de vue des pratiques professionnelles des acteurs concernĂ©s (Axe 1) et du point de vue des pratiques organisationnelles des Ă©tablissements scolaires (Axe 2) :

Du cĂŽtĂ© des pratiques professionnelles des diffĂ©rents intervenants Ă©ducatifs (directions d’établissement, conseillers principaux d’éducation, conseillers d’orientation-psychologues, infirmiĂšres scolaires, surveillants, assistants d’éducation, travailleurs sociaux) :

  • Quelles pratiques professionnelles penser et mettre en Ɠuvre pour inscrire dans l’École une relation plus heureuse Enseignants-Parents ?
  • Dans quelles mesures et Ă  quelles conditions le travail Ă©ducatif se trouve-t-il impactĂ© par le renouveau souhaitĂ© voire nĂ©cessaire des relations École-Famille ?
  • L’intervention Ă©ducative (et socio-Ă©ducative) se doit-elle d’ĂȘtre repensĂ©e dans un contexte de refondation des relations École-Famille ?
  • L’adresse Ă  autrui peut-elle se reconfigurer voire ĂȘtre co-mise en Ɠuvre Ă  l’aune d’une relation plus heureuse entre parents et enseignants ?
  • Une relation plus heureuse entre parents et enseignants impacte-t-elle les processus de professionnalisation des enseignants et in fine, leur professionnalitĂ© ?
  • Une relation plus heureuse entre parents et enseignants peut-elle permettre de redessiner le principe d’une collaboration instituĂ©e École-Familles ?

Du cĂŽtĂ© de l’établissement :

  • Des relations plus heureuses entre l’École et les familles supposent-elles des prĂ©alables concernant les reprĂ©sentations (voire les transformations) des statuts, des missions et des fonctions des diffĂ©rents acteurs de la communautĂ© Ă©ducative ?
  • Le dĂ©veloppement de relations plus heureuses entre l’École et les familles conduit-il Ă  repenser et Ă  reconnaĂźtre les rĂŽles d’autres acteurs Ă©ducatifs (professionnels et non professionnels) ?
  • D’autres modalitĂ©s organisationnelles dans l’établissement et autour de l’établissement (incluant notamment d’autres pratiques Ă©valuatives) sont-elles requises pour mettre en Ɠuvre des relations plus heureuses entre l’École et les familles ?
  • Que penser des expĂ©riences de co-Ă©ducation Ă  la lumiĂšre de ces relations plus heureuses souhaitĂ©es entre parents et enseignants ?
  • Sur quels leviers et quels dispositifs s’appuyer pour des relations École/Famille plus heureuses ?

Les auteurs sont invitĂ©s Ă  inscrire leur proposition dans l’un ou l’autre de ces deux axes.

RĂ©fĂ©rences bibliographiques indicatives :

Horvat, E.M., Weininger, E. B., Lareau, A. L. (2002). From social ties to social capital: Class differences in the relations between schools and parent networks. American Educational Research Journal, 40(2), 319-351.

Lahire, B (1998). La rĂ©ussite scolaire en milieux populaires ou les conditions sociales d’une schizophrĂ©nie heureuse Ville-École-IntĂ©gration, n° 114, septembre 1998.

Lorcerie, F Cavallo, D. (2002), Les relations entre familles populaires et Ă©cole. Les cahiers millĂ©naires, 3, Éducation et mode de vie, 3(24), 5-24.

PĂ©rier, P. (2019). Des parents invisibles. L’école face Ă  la prĂ©caritĂ© familiale. Presses universitaires de France.

Mabilon-Bonfils B. (2018), L’école est finie ! L’ùre trans-moderne du savoir-relation et la fin de la transmission ? Éducation et socialisation [En ligne], 47 | 2018. URL : http://journals.openedition.org/edso/2862.

Mabilon-Bonfils B. (2011), Les Ă©lĂšves souffrent-ils Ă  l’Ă©cole ? Des souffrances scolaires « ordinaires Â» qui ne peuvent se dire. Adolescence 2011/3 (T. 29 n°3), 637-664.

Merle P. (2012). L’Ă©lĂšve humiliĂ©. L’Ă©cole, un espace de non-droit ? Presses universitaires de France.

Migeot-Alvarado, J. (2000). La relation Ă©cole-familles : “Peut mieux faire”. ESF.

Montandon, C., Perrenoud, P. (1994). (Dir.). Entre parents et enseignants : un dialogue impossible ? Peter Lang.

Ria L., Rayou P. (2020) La forme scolaire en confinement : enseignants et parents Ă  l’épreuve de l’enseignement Ă  distance. Formation et profession, 28(4), NumĂ©ro spĂ©cial.

Smrekar, C., Cohen-Vogel, L. (2001). The voices of parents: Rethinking the intersection of family and school. Peabody Journal of Education, 76(2), 75-100.

Thin, D. (1998). Quartiers Populaires. L’École et les Familles. Presses universitaires de Lyon.

 Calendrier prĂ©visionnel (pour une parution en 2026) :
  • Appel Ă  textes et diffusion dans les rĂ©seaux : 2 mai 2024
  • Transmission d’une proposition d’article sous la forme d’un rĂ©sumĂ© (1 page 1/2 Ă  2 pages) par l’auteur aux coordonnateurs du numĂ©ro au plus tard pour le 20 dĂ©cembre 2024
  • Transmission par les coordonnateurs Ă  l’auteur de la rĂ©ponse Ă  la proposition d’article : 15 janvier 2025
  • Transmission de l’article par l’auteur aux coordonnateurs du numĂ©ro au plus tard pour le 15 juin 2025
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs par l’équipe Ă©ditoriale de la revue Phronesisau plus tard pour 30 juin 2025
  • Retours des Ă©valuations transmises aux coordonnateurs du numĂ©ro avec en copie le directeur de la revue au plus tard pour le 15 septembre 2025
  • Transmission par le ComitĂ© Ă©ditorial de la revue Phronesis de la grille de synthĂšse des Ă©valuations aux auteurs au plus tard pour le 30 septembre 2025
  • Transmission des textes rĂ©visĂ©s aux coordonnateurs du numĂ©ro avec en copie le directeur de la revue au plus tard pour le 30 novembre 2025
  • DĂ©cision du ComitĂ© Ă©ditorial de la revue Phronesis (en collaboration avec les coordonnateurs du numĂ©ro) : 15 dĂ©cembre 2025
  • Publication envisagĂ©e : 2026

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont invitĂ©s Ă  soumettre leur rĂ©sumĂ© pour le 20 dĂ©cembre 2024 et le transmettre aux coordonnateurs du numĂ©ro :

Alain Jaillet

alain.jaillet@u-cergy.fr

Laurent Jeannin

laurent.jeannin@cyu.fr

Béatrice Mabilon-Bonfils

beatrice.mabilon-bonfils@wanadoo.fr

et simultanément à la revue Phronesis (en indiquant dans le message le titre du numéro thématique) :

info@revue-phronesis.com

Dans une seconde Ă©tape, et sous rĂ©serve que leur rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© acceptĂ©, les auteurs sont priĂ©s de soumettre leur texte dans deux versions : l’une anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • Le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • Leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache ;
  • Leur adresse Ă©lectronique professionnelle exclusivement.

Ils doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie, mais Ă©galement dans certaines rubriques de Word [propriĂ©tĂ©s du document]). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, des schĂ©mas et des figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).

Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de l’American Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

La longueur de chaque chapitre sera de 90 000 caractÚres « max » (espaces compris), en excluant le titre, les résumés en français et en anglais, les mots-clés en français et en anglais et la bibliographie.

Les textes sont présentés à interligne simple.

La police de caractĂšres utilisĂ©e est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).

PRÉSENTATION DES FIGURES, SCHÉMAS ET DES TABLEAUX :

  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma, doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
  • Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
  • Les auteurs indiquent dans le texte l’emplacement des schĂ©mas, des tableaux et/ou des figures Ă  insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă  la composition de ces documents.
  • L’équipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă  la comprĂ©hension de l’argumentaire.

HIÉRARCHISATION DES TITRES :

  • Trois niveaux de titre sont permis.
  • NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

  • Utiliser l’italique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres d’ouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
  • Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.

ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (version francophone sans esperluette) :

https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© impĂ©rativement qu’elle ne soit pas articulĂ©e ou liĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

MultimodalitĂ© dans la communication pour l’agir professionnel : repĂ©rages et analyses

NumĂ©ro thĂ©matique coordonnĂ© par :

Muriel Grosbois, Laboratoire Formation et apprentissage (FoAP), CNAM, Paris, France.

muriel.grosbois@lecnam.net

Naouel Zoghlami, Laboratoire Formation et apprentissage (FoAP), CNAM, Paris, France.

naouel.zoghlamiterrien@lecnam.net

Avec la collaboration de Laurent Veillard, EDUTER, AGROSUP, Dijon, France et Jean-Marie Barbier, Laboratoire Formation et apprentissage (FoAP), CNAM, Paris, France :

laurent.veillard@agrosupdijon.fr

jean-marie.barbier@lecnam.net

Appel Ă  textes : CLOS

 

Les nouveaux défis de la professionnalisation en formation des enseignants.es

Numéro coordonné par :

Bernard Wentzel, Université Laval, Québec, Canada

Josée-Anne Gouin, Université Laval, Québec, Canada

Joséphine Mukamurera, Université de Sherbrooke, Canada

Érick Falardeau, UniversitĂ© Laval, QuĂ©bec, Canada

Argumentaire scientifique :

Les formations Ă  l’enseignement ne cessent d’évoluer. Quoi de plus normal, dirons-nous, puisque la recherche en Ă©ducation y consacre une part non nĂ©gligeable de ses activitĂ©s et le travail rĂ©el des professions de l’enseignement continue lui-mĂȘme Ă  Ă©voluer. Cela justifie pĂ©riodiquement certains changements dans les processus de dĂ©veloppement professionnel et de qualification des individus. Comment les formations Ă  l’enseignement s’adaptent-elles Ă  certains changements ou contribuent Ă  les initier en Ă©ducation ? Comment contribuent-elles aux Ă©volutions des professions elles-mĂȘmes ?

Voici deux questions bien vastes dont la pertinence ne saurait supporter l’absence de clarifications. Pour cela, inscrivons-nous donc dans le champ de la professionnalisation tout en prenant acte des nombreux bilans sur les limites ou les promesses ratĂ©es de ce mouvement international. Le travail scientifique sur les formations Ă  l’enseignement ne s’arrĂȘte bien Ă©videmment pas aux constats et aux bilans critiques Ă  n’en plus finir.

À lire les travaux de l’OCDE des vingt derniĂšres annĂ©es sur la profession enseignante, il semblerait exister une forme de consensus (certes peu contraignant, mais bien rĂ©el et se reflĂ©tant dans les comparaisons internationales) en ce qui concerne le niveau, les exigences et la durĂ©e des formations. Le mouvement de professionnalisation devait apporter une certaine stabilitĂ©, grĂące Ă  l’universitarisation impliquant l’acadĂ©misation et la scientifisation des filiĂšres de formation. Environ quatre annĂ©es pour une formation Ă  l’enseignement menant Ă  une qualification, l’obtention d’un titre universitaire connectĂ© au travail rĂ©el (notamment par l’alternance, la rĂ©fĂ©rentialisation des compĂ©tences ou encore l’accompagnement se substituant au compagnonnage), une place importante pour la recherche et les savoirs qu’elle produit dans la formation des futurs professionnels, des modĂšles de professionnalitĂ© et de dĂ©veloppement professionnel en rupture avec une approche techniciste de l’activitĂ©.

Ces quelques Ă©lĂ©ments constitutifs d’une formation professionnalisante ont intĂ©grĂ© un rĂ©fĂ©rentiel et une rhĂ©torique de la professionnalisation ayant justement fait l’objet de ce consensus au cours des trente derniĂšres annĂ©es, au sens d’une rencontre ou d’un point d’équilibre entre des aspirations multiples (politiques, professionnelles, sociĂ©tales, scientifiques et pĂ©dagogiques). Ces dimensions ont assurĂ©ment constituĂ© un terrain fertile Ă  l’innovation, notamment pour des formateurs-chercheurs en Ă©ducation qui ont dĂ©veloppĂ© des pratiques et surtout des dispositifs visant Ă  rĂ©unir la recherche et l’ingĂ©nierie en formation, au service du dĂ©veloppement professionnel des individus. Aujourd’hui, de nouveaux changements s’imposent aux formations, et le rĂ©fĂ©rentiel de professionnalisation ne constitue plus un cadre de rĂ©fĂ©rence irrĂ©futable.

La thĂšse gĂ©nĂ©rale qui sous-tend ce projet rĂ©dactionnel est celle d’un dĂ©litement du consensus sur les dimensions incontournables de la professionnalisation pour diverses raisons mĂ©ritant d’ĂȘtre rappelĂ©es, afin de documenter et interprĂ©ter les changements qui traversent les formations et les professions de l’enseignement.

Quelques constats en lien avec l’état des lieux sur la professionnalisation

Le risque de pĂ©nurie d’enseignants

La premiĂšre raison de ce dĂ©litement concerne le renouvellement sans prĂ©cĂ©dent de la population enseignante et le besoin de main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e Ă  l’échelle mondiale. Ce phĂ©nomĂšne dĂ©passe de loin l’attractivitĂ© de la profession et les capacitĂ©s de certification des institutions universitaires de formation dans de nombreux pays. Dans certains contextes, notamment au QuĂ©bec, il semblerait que l’urgence d’une rĂ©ponse politique passe par une remise en question du modĂšle universitaire de formation des enseignants qui s’est imposĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies. L’intention de rĂ©duire de maniĂšre significative la durĂ©e des formations demeure encore marginale, mais apparaĂźt dans certains contextes.

Le défi de la persévérance

L’attrition en formation puis le dĂ©crochage professionnel sont devenus des phĂ©nomĂšnes inquiĂ©tants parce qu’il peuvent mettre en pĂ©ril des acquis de la professionnalisation et mĂȘme la qualitĂ© de nos systĂšmes Ă©ducatifs. Il nous semble pertinent de mettre en Ă©vidence le dĂ©fi de la persĂ©vĂ©rance. Osons interroger la cohĂ©rence des formations Ă  l’enseignement et leurs capacitĂ©s Ă  attirer, retenir et prĂ©parer au mieux les futurs enseignants Ă  s’insĂ©rer professionnellement et Ă  faire face Ă  la complexitĂ© du travail rĂ©el. L’idĂ©e prometteuse de dĂ©veloppement professionnel tout au long de la vie semble surtout devenue une injonction d’adaptabilitĂ© au changement et Ă  l’alourdissement constant des tĂąches. MarquĂ©e idĂ©ologiquement et plus ou moins associĂ©e Ă  la reddition de comptes, elle n’est pas forcĂ©ment Ă  mĂȘme de rĂ©pondre Ă  des enjeux de rĂ©tention des professionnels qualifiĂ©s ou au phĂ©nomĂšne d’épuisement professionnel.

L’expertise et le prestige des professions de l’enseignement en dĂ©bat

La rhĂ©torique de professionnalisation avait recueilli l’adhĂ©sion des groupes professionnels parce qu’elle contenait la promesse d’une revalorisation de leur position sociale, d’un renforcement de l’autonomie professionnelle reposant notamment sur l’exclusivitĂ© d’une expertise acquise en formation, et d’une amĂ©lioration des conditions de travail. De nombreuses Ă©tudes semblent s’accorder aujourd’hui, dans diffĂ©rents contextes, pour mettre en Ă©vidence une dĂ©gradation des conditions de travail, de l’autonomie professionnelle et du prestige de la profession. Ces constats sont d’autant plus inquiĂ©tants dans une pĂ©riode renouvellement sans prĂ©cĂ©dent de la profession enseignante.

Nous ciblons donc certains constats dĂ©clinĂ©s sous la forme de problĂ©matiques, dĂ©fis ou enjeux actuels et futurs. Ils servent de point d’appui pour canaliser les thĂ©matiques et questions vives que nous souhaitons aborder dans ce dossier. Les changements qu’ils provoquent ou impliquent (innovations, adaptations, mutations, dĂ©litement, etc.) concernent deux dimensions de la professionnalisation qui sont Ă©troitement liĂ©es, mais que nous proposons de distinguer pour structurer le prĂ©sent dossier : la formation et la profession.

ThÚmes et questionnements prioritaires dans le dossier thématique

Les formations à l’enseignement

Tout d’abord, les dĂ©fis de la pĂ©nurie et de la persĂ©vĂ©rance en enseignement impliquent probablement des rĂ©ponses convaincantes de la part des institutions de formation pour ne « perdre Â» certains acquis de la professionnalisation en termes de durĂ©e, niveau de diplomation, contenus (notamment l’assise des connaissances scientifiques) dans les programmes de formation.

  • ConcrĂštement, comment se dessinent ces rĂ©ponses dans les programmes de formation alors que l’autoritĂ© politique ne cesse de renforcer une certaine pression en agissant plus ou moins directement sur les structures de maniĂšre trĂšs diffĂ©rente selon les contextes (tertiarisation en Suisse, masterisation en France, maĂźtrise qualifiante au QuĂ©bec, Certificate programs selon le modĂšle nord-amĂ©ricain, etc.) ?

Bien entendu, les acteurs des formations Ă  l’enseignement ne font pas que subir des injonctions politiques et des problĂ©matiques sociales qui traversent l’éducation et la formation. Ces acteurs sont aussi porteurs d’innovation, d’alternatives et de rĂ©ponses aux changements, notamment dans la maniĂšre de penser et de mettre en Ɠuvre l’alternance. DiffĂ©rents modĂšles de stages ou formation en emploi ont Ă©mergĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es. C’est d’abord dans l’ingĂ©nierie de formation et la conception de dispositifs professionnalisants et novateurs que nous souhaitons mettre en Ă©vidence des rĂ©ponses aux dĂ©fis actuels de la professionnalisation.

L’accompagnement joue Ă©galement un rĂŽle fondamental, dans ou en dehors des dispositifs. Les connaissances sur les postures et les pratiques d’accompagnement continuent Ă  s’enrichir et les dispositifs Ă©voluent, en formation pratique, en soutien Ă  l’insertion professionnelle (mentorat, introduction Ă  la profession, etc.) et mĂȘme durant les autres phases de la carriĂšre.

  • Comment certains dispositifs Ă©voluent pour favoriser et renouveler la rencontre entre la formation et le travail rĂ©el, les savoirs et la pratique professionnelle ?
  • Comment l’accompagnement peut-il influer positivement sur des trajectoires de dĂ©veloppement professionnel et favoriser la persĂ©vĂ©rance en enseignement ?

Alors que les dĂ©bats sont toujours plus vifs sur la cohĂ©rence des programmes de formation et la pertinence des contenus, notamment par rapport Ă  la place des donnĂ©es probantes, il se pose nĂ©cessairement la question des savoirs en formation et, plus largement, de ce qui fonde l’expertise professionnelle. Les acteurs de la formation et de la recherche se doivent de garantir la formalisation et le partage de savoirs pour enseigner (didactiques, pĂ©dagogiques, etc.), au plus prĂšs de l’activitĂ© et des gestes professionnels.

  • Comment sont intĂ©grĂ©s aujourd’hui les pratiques et les savoirs issus de la recherche dans les formations Ă  l’enseignement ?
  • Comment les pratiques de recherche contribuent aux collaborations avec les milieux de pratiques ?

Les professions de l’enseignement

Il existe un panel assez consĂ©quent de mesures incitatives dĂ©ployĂ©es dans le champ de l’action publique pour attirer certaines personnes vers les professions de l’enseignement. En dehors des bourses et autres incitations financiĂšres, des mesures visant Ă  Ă©largir le bassin de recrutement ou favorisant la reconversion dans l’enseignement, il se joue une rĂ©flexion plus profonde sur l’attractivitĂ© de la profession. 

  • Face au besoin massif d’enseignants Ă  l’échelle mondiale, qu’en est-il de l’attractivitĂ© de la profession, Ă  la fois pour attirer de nouveaux publics et soutenir la persĂ©vĂ©rance dans l’enseignement ?
  • Quels sont les perspectives et les souhaits de carriĂšre dans l’enseignement Ă  l’heure d’une crise des vocations ?

Comme nous le mentionnions, les recherches sur la professionnalisation ont assurĂ©ment pris un virage critique, depuis une quinzaine d’annĂ©es, notamment pour mettre en Ă©vidence ou dĂ©noncer la dĂ©gradation des conditions de travail des enseignants, une redevabilitĂ© sociale de plus en plus marquĂ©e, une perte de prestige de la profession, une dĂ©professionnalisation, voire une prolĂ©tarisation. Pourtant, des initiatives sont prises par les groupes professionnels eux-mĂȘmes ou par l’autoritĂ© politique pour valoriser la profession.

  • Que nous disent aujourd’hui les Ă©tudes rigoureuses sur l’état de la profession ?
  • Quelles sont les mesures mises en place, dans diffĂ©rents contextes, pour valoriser la profession et amĂ©liorer la condition enseignante ?

Ce dossier thĂ©matique vise Ă  rassembler diffĂ©rents types d’articles en provenance de plusieurs pays pour assurer une perspective internationale.

1/ Des articles de recherche empirique pouvant porter sur la formation et le dĂ©veloppement professionnel (analyse ou Ă©valuation de dispositif de formation et/d’accompagnement, enquĂȘtes auprĂšs des Ă©tudiants inscrits dans les programmes, etc.) ou sur la profession (analyse de l’action politique Ă  l’intention de la profession dans diffĂ©rents contextes, enquĂȘtes auprĂšs des professionnels de l’enseignement, etc.)

2/ Des articles de recherche thĂ©orique pouvant proposer diffĂ©rentes approches sur la professionnalisation : philosophique, sociohistorique ou encore critique. Une note de synthĂšse et un entretien pouvant aborder de maniĂšre approfondie ou Ă  partir d’un point de vue, une ou plusieurs des questions proposĂ©es dans cet appel pourraient Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©s.

Bibliographie indicative :

Bodergat, J.-Y., Wittorski, R., Wentzel, B. (2020). L’évaluation de la professionnalisation dans la formation des enseignants. DĂ©marches et faces cachĂ©es. Recherche et formation, 93, 9-15.

Borges, C., Lenzen, B., Loizon, D. (2021). Entre l’universitĂ© et l’école : la temporalitĂ© dans l’alternance en formation professionnelle en enseignement d’éducation physique. Presses de l’UniversitĂ© Laval.

Cattonar, B., Dupriez, V. (2020). L’évolution de la profession enseignante vue par les acteurs syndicaux : une Ă©tude de cas en FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles. Les Cahiers de recherche du Girsef, 121. https://ojs.uclouvain.be/index.php/cahiersgirsef/article/view/54703

Desbiens J.-F., Mukamurera, J., Perez-Roux, T. (2021). Penser la formation, l’insertion professionnelle et l’exercice d’une profession dans le cadre d’un dĂ©veloppement durable des ressources humaines : enjeux et perspectives dans un monde sous tension. Phronesis 10(4), 1-8.

Desjardins, J., Altet, M., Ă‰tienne, R., Paquay, L., Perrenoud, P. (2012). La formation des enseignants en quĂȘte de cohĂ©rence. De Boeck SupĂ©rieur.

Dutercq, Y., Maroy, C. (2017). Professionnalisme enseignant et politiques de responsabilisation. De Boeck SupĂ©rieur.

Guibert, P., Dejemeppe, X., Desjardins, J., Maulini, O. (2019). Questionner et valoriser le mĂ©tier d’enseignant : Une double contrainte en formation. De Boeck SupĂ©rieur.

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Calendrier prĂ©visionnel :

  • Publication de l’appel Ă  texte : 1er fĂ©vrier 2024
  • Transmission du rĂ©sumĂ© (500 mots) : 2 mai 2024
  • Transmission des rĂ©ponses aux auteurs : 20 mai 2024
  • Transmission des articles : 20 octobre 2024
  • Transmission des textes aux Ă©valuateurs : 31 octobre 2024
  • Retours aux auteurs : 15 janvier 2025
  • Transmission de la version dĂ©finitive des textes : 15 juin 2025
  • Publication : Second semestre 2025 ou Premier semestre 2026

CONSIGNES AUX AUTEURS-ES

RĂšgles gĂ©nĂ©rales :

Les auteurs intĂ©ressĂ©s sont d’abord invitĂ©s Ă  soumettre leur rĂ©sumĂ© (500 mots) pour le 2 mai 2024 (date fixĂ©e par les coordonnateurs.trices du numĂ©ro et/ou par le directeur de la revue). Les auteurs transmettent ensuite leur texte (sous rĂ©serve de l’acceptation de la proposition d’article par les quatre coordonnateurs.trices du numĂ©ro) directement aux adresses suivantes :

Bernard Wentzel

Josée-Anne Gouin

Josephine Mukamurera

Érick Falardeau

et en copie du message Ă  :

info@revue-phronesis.com

Les auteurs transmettent aussi leur rĂ©sumĂ© puis leur texte (sous rĂ©serve de l’acceptation de la proposition d’article par les coordonnateurs.trices du numĂ©ro) simultanĂ©ment au(x) coordonnateur(s).trices du numĂ©ro et au directeur de la revue :

Philippe.Maubant@USherbrooke.ca

Les auteurs sont priĂ©s de dĂ©poser leur texte dans deux versions : l’une dĂ©jĂ  anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils sont invitĂ©s Ă  indiquer :

  • Le titre de l’appel Ă  communication visĂ© ;
  • Leur institution d’appartenance et laboratoire d’attache ;
  • Leur adresse Ă©lectronique professionnelle

Pour tout message avec l’équipe Ă©ditoriale de la revue, merci de prĂ©ciser dans le message le titre du numĂ©ro thĂ©matique.

Les auteurs sont priĂ©s de transmettre leur article dans deux versions : l’une dĂ©jĂ  anonymĂ©e et la seconde non anonymĂ©e. Ils doivent vĂ©rifier qu’aucun Ă©lĂ©ment prĂ©sent dans le texte anonymĂ© ne permet de les identifier (propriĂ©tĂ©s du document, rĂ©fĂ©rences dans le texte et bibliographie). Il en est de mĂȘme pour la transmission des tableaux, schĂ©mas et figures, qui doivent ĂȘtre transmis en fichiers sĂ©parĂ©s. Les auteurs sont invitĂ©s Ă  indiquer pour toute soumission le titre de l’appel Ă  communication visĂ© (titre provisoire du numĂ©ro).

Les textes sont transmis en format Word uniquement (sur PC ou Mac).

Les textes doivent respecter les normes de prĂ©sentation de l’American Psychological Association (APA), derniĂšre version et adaptĂ©es en français pour rĂ©pondre aux normes linguistiques en usage : https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

La longueur de chaque chapitre sera de 80 000 caractĂšres « max Â» (espaces compris), en excluant le titre, les rĂ©sumĂ©s en français et en anglais, les mots-clĂ©s en français et en anglais et la bibliographie.

Les textes sont présentés à interligne simple.

La police de caractĂšres utilisĂ©e est GARAMOND (taille 11) ou AVENIR (taille 11).

PRÉSENTATION DES FIGURES, SCHÉMAS ET DES TABLEAUX :

  • Les tableaux, figures ou schĂ©mas sont limitĂ©s Ă  un maximum d’un par article et par catĂ©gorie, autrement dit un tableau et/ou une figure et/ou un schĂ©ma par article. Un tableau comme une figure ou un schĂ©ma ne doit pas dĂ©passer une demi-page. Un tableau, comme une figure ou un schĂ©ma doit ĂȘtre lisible, lĂ©gendĂ© et rĂ©fĂ©rencĂ©. Il en est de mĂȘme pour les figures et les schĂ©mas. La lĂ©gende doit ĂȘtre indiquĂ©e en dessous du du tableau, de la figure ou du schĂ©ma.
  • Ils doivent ĂȘtre transmis en format JPEG, TIFF, PDF ou PNG.
  • Les auteurs indiquent dans le texte l’emplacement des schĂ©mas, tableaux, figures Ă  insĂ©rer. Ils les joignent en annexe dans des fichiers sĂ©parĂ©s et avec toutes les indications quant Ă  la composition de ces documents.
  • L’équipe Ă©ditoriale de la revue se rĂ©serve le droit de supprimer tout tableau, tout schĂ©ma ou toute figure jugĂ©e illisible et susceptible de nuire Ă  la comprĂ©hension de l’argumentaire.

HIÉRARCHISATION DES TITRES :

  • Trois niveaux de titre sont permis.
  • NumĂ©roter les titres et les sous-titres afin de bien en prĂ©ciser la hiĂ©rarchie (ex. : 1., 1.1., 1.1.1.).

FORMAT D’ÉCRITURE :

  • Utiliser l’italique uniquement pour les mots Ă©trangers, termes latins et grecs et les titres d’ouvrages si ces titres sont rĂ©fĂ©rencĂ©s dans le corps du texte.
  • Utiliser le gras uniquement pour les titres et les sous-titres.

ÉCRITURE DES NOMBRES :

  • Les nombres de 0 Ă  10 (inclus) sont toujours Ă©crits en lettres, que ces nombres soient au dĂ©but ou Ă  l’intĂ©rieur d’une phrase.
  • À partir de 11, les nombres sont Ă©crits en chiffres dans les phrases ; s’ils sont au dĂ©but d’une phrase, ils sont Ă©crits en lettres.
  • S’il y a une Ă©numĂ©ration de plusieurs catĂ©gories Ă©voquant des nombres diffĂ©rents dans une mĂȘme phrase, tous les nombres sont Ă©crits en chiffres.
  • Les nombres infĂ©rieurs Ă  zĂ©ro, les fractions, les rapports et les pourcentages s’écrivent toujours en chiffres.

CITATIONS DANS LE TEXTE ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Elles doivent respecter les normes APA 7e Ă©dition (Version francophone sans esperluette) :https://bib.umontreal.ca/citer/styles-bibliographiques/apa

Pour la bibliographie insĂ©rĂ©e dans le texte, il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

Éducation et formation sous le regard de la sociologie de l’Ă©ducation

NumĂ©ro thĂ©matique coordonnĂ© par :

Stéphane MARTINEAU, Université du Québec à Trois-RiviÚres, Canada.

Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE-UQ), Montréal, Canada.

ans le texte (incluant les rĂ©fĂ©rences dans le texte), il est demandĂ© qu’elle ne soit pas articulĂ©e Ă  la bibliothĂšque numĂ©rique de l’auteur.

Appel Ă  textes : CLOS

Étudier les processus de professionnalisation par l’activitĂ© : des outils d’analyse en tension entre visĂ©e Ă©pistĂ©mique et/ou transformative de la recherche

Numéro yhématique coordonné par :

Joris THIEVENAZ

Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES), Université Paris-Est (UPEC), Créteil, France.

Cinira Magal FORTUNA

Équipe « noyau » Ă©tudes en santĂ© collective (NUPESCO), UniversitĂ© de SĂŁo Paulo, BrĂ©sil.

Appel Ă  textes : CLOS

 

La négociation des savoirs aux sources des apprentissages et des transformations de la formation

Numéro thématique coordonné par :

Elzbieta Sanojca

Centre de recherche sur l’éducation, les apprentissages et la didactique (CREAD), UniversitĂ© de Rennes-2, Rennes, France

elzbieta.sanojca@univ-rennes2.fr

Emmanuel Triby

Laboratoire interdisciplinaire des sciences de l’éducation et de la communication (LISEC-UR 2310), UniversitĂ© de Strasbourg, France

triby@unistra

Appel Ă  textes : CLOS

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